TOM£ X
5o GOLDSMÏTH.
convèrsttiati. n Connue écrivain , dit le docteur* » JolintOQ ^ Goldsnûtk doi£ être mis an prentitr » raog. To«t ce qtili a écrit est tel cpi'uti autre 9 ne pourrait faire mieux. Comme peètt , comme » auteur comique, ou comme historien, Gold- » smi^ fut un des meilienrs auteurs de son atècle ; j> sa r^ulatioQ lui survivra iong-ltmps. »
A Teiception de quelques contes asset courts, Goidanith, considéré comme romancier, n'a fait qu'uu seul ouvrage ; TinimitalHe rïctùre de Wchkêfiêld. Nous avons déjà dit qu'il ne fut publié que deux ans après que le lii^raire Teut acheté^ et lorsque le Voyageur {the Traveller) eut ûxé la réputation de Fauteur. Goldsmîth aurait donc eu le temps de revoir cet ouvrage, mais il n'y songea pas. 11 avait reçu le prix de son trayail, disaït'41, et il n*y avait pour lui aucun arantage à le reniire plus parfait. C'était un faux raisonnement, mais bien naturel de la part d'un auteur qui était obligé de gagner son pain quotidien par son travail. On aurait pu -retrancher dans son histoire , qui est d'ailleurs aussi simple, qu'elle puisse rêtre. , certaines invraisemblances dont quelques-unes même sont sans excuse. Il est dilB-. die, par exemple, de concevoir comment sil* William Thornhill essaie de se cacher sous le nom de Burchell, parmi ses tenanciers, dans sa terre mêffle^ et il est impossible, absolument impossible, d'expliquer comment &on neveu, fils d'un frère cadet ( puisque sir William a hérité des domaines et du titre de baronnet ) , est presque aussi âgé que son oncle. On peut dire encore que le caractère de Burchell, ou de sir William Tornhill, est hors de nature. Un homme aussi bon et aussi juste que lui n'aurait jamais laissé aussi long-temps
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son neveu en possession de richesses dont il faisait un si mauvais usage* Il e&t encore moins souf*fert que les desseins de son neveu sur Olivia réussissent ea quelque sorte, et que Sophie elle-même fût sur le poiat d'être aussi sa victime^ Dans lo premier cas, il n'int^vient nuliemeut, et dans le second , ee o*esi que par hasard qu'il arrive à propos* Il eût été fadle à Goldsmith, en revoyant son ouvrage , de faire disparaîtra ces défauts et quelques autres invraisemblasees.
Mais quel (pies taches que l'on puisse trouver dans la composition du roman , la facilité et la grice dn style, et la vérité des principaux caractères, font du Vicaire de Wahefield une des plus dé* licteuses fictions imaginées par l'esprit humain. Quel caractère que celui du simple pasteur, doué de toute la bonté et de toute l'cxcelleBçe qui doivent distinguer l'envoyé de la Divinité auprès de l'homme , et qui a cependant toute la pédan^ terie et la vanité littéraire qui sert & faire reconnaître en lui la créature jetée dau^ le même moule que ses ouailles, et sujette aux mêmes imperfections i
Noble et simple à U Ibis, dans son triple ea-ractère de pasteur, de père et d'époux, le bcm vicaire nous ofire une peinture de la fragile humanité prise dans sa dignité la plus ïuttttrelle* Il forme un vrai contraste avec son excellente compagne, qui , avec toute sa finesse de mère , son économie ^ son affection conjugale, déjoue ses plus sages projets par sa vanité et sa folle complaisance pour ses filles* Enfin, M. et mistress Prîmrose, entourés de leurs enfans, composent un tableau de famille si parfait que peut-être il n'a jamais été égalé. Il est tiré, à la vérité, de la vie réelle,
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et s'ëloîgne de ces caractères exagérés et de ces ÎDcidens extraordinaires auxquels ont recours les auteurs qui, comme Bayes (i), veulent surtout nous surprendre ; mais la simplicité même de ce livre charmant rend plus durable le plaisir qu'il procure. On lit le F'icairê de WaheJUld à tout ige; on le relit sans cesse ^ et l'on bénit la mémoire de Fauteur qui a cherché à nous réconcilier avec la nature humaine. Soit que nous choisissions les incidens pathétiques et déchirans de l'incendie, les scènes de la prison , les parties plus gaies et plus Itères du roman , nous trouvons toujours les sentimens Us plus vrais et les plus purs exprimés avec une rare élégance. Peut-on citer un caractère plus noble que celui de cet excellent pasteur , s'élevant su-dessus de l'oppression , et travaillant à la conversion des criminels parmi lesquels l'a jeté son lâche créancier ? Dans beaucoup trop d'ouvrages de ce genre les critiques sont obligés d'excuser ou de censurer des passages dangereux pour l'innocence et la jeunesse. Mais le laurier de Goldsmith est sans tache : il a écrit pour faire aimer la vertu, pour rendre le vice odieux , et il a réussi à se placer au premier rang parmi les écrivains anglais.
Nous terminons cette notice en exprimant le regret qu'un auteur de ce mérite n'ait pas plus souvent puisé à la source de son génie, et qu'il ait été enlevé si feune à la littérature dont il était l'ornement.
(I) Le poète boursoufla que BackiogliaBi a mi$ tn scène dans sa comédie de U ^i, dition {Thê Beheanal.) — £o.
NOTICE
BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE