TOME X
çfi BâGE.
ajoataîent Khyp^risie d« prendre smjee pour règle de cotodutlé ks lois de la vériiabie sagesse et de là raisen.
Si, dans les temfps riaôderâes, eeux ^ai^ne re^ connai&seiit de règte que la pkHeiSopiite ne se sout pas livrés aux nièmes d^ëglettens, c'est parce que ces principes de reHgioÀ qpi'ifo afSeetent de mépriser ont rncnlqnë daàs le» esprits «a seatrment moral , mconnu avaàt I» 'propa^tioft du christfaniftnfc. Depuis ({ne H religion dit-éti«niie est devemie celle de FËA^ope, ce sentiment morai est presque inné dans la soeiété européenne , et les novatenrs né peuveàt en méconnaître Finflnenee : ils sont donc pédnifs à pr^tend^e qne la raison peut obtenir leiB Méoles résultats que les doctrines annoncées du kafut de la cbaire cbrétienne, et pratiquées pat lès Mêles.
Enfin , pon^ oppose)^ une âuioriné da même genre à une autre, nous engageons h leetenir à com^ parer le caraetèfe du pktlosophe Sqnare , de Tom Jones , avec celui des pàilosopkcs de Ba^ , et d'exammer sérieusemeut si un système de morale qui laisserait l'homme juge suprême et unwpie de ses actiOàs , est bien ptopre à former un caractère ttobit , éclairé , généreux , et en état d'«KercCT sur les afutres une grande iufLiience par son énergie et des ex^ples continuels de rertu; ou s'il n'est pas plus T^ftisemblable que cet homme abandonné à sa raison , accommodant sa morale à ses peuchaos et k ses convenances, ne sera qu'an égoïste, un sophiste hypocrite , qui y ayant tOojom'S le mot de morale, à la bouche^ trouvera perpétuel lemei{t des prétextes poOr se lirrer à toutes les teàtaiions auxquelles son intérêt et ses passions lui conseille* ront de succomber.
BAGE. 99
Loin de nous la pensée de vouloir insinuer que les fausses notions de Bage l'aient égaré dans sa conduite* G^ que nous connaissons de sa vie privée indique tout le contraire* Son style, ainsi que nous l'avons déjà dit , nous fait penser qu'il appartenait à la secte «orale et biénfa;isaDte des quakers; et si leurs doctrines l'ont conduit à des opinions erronées , il n'a pu y puiser rien de favorable au relâchement des sueurs. Dans $96 romans, les quakers sont toujours représenté& sous des cou* leurs aimables ; le caractère d'Arnold , et celui surtout de miss Carlile , sofnt des peintures ad~ mirai)les de l'alliance du talent et même de i 'esprit aux sentimens et aux manières particiilières de cette secte intéressante , qui se rapproche des institutions primitives de la foi (i).
Si Bage était lui-même sans vices, ses principes n'en sont pas moins propres à favoriser le vi€^ dans la société. Des lûmimes d'un caractère plus hardi qUe le sien en pourraietit abuser pour agir autremicnt que lui , et ce dai^er xmus imposait k devoir de montrer qu'ils ne sont fondas %ue sur des sophismes*
Les ouvrages de Bage, abstraction faite de cette tendance pernkieuse, sont incoutestablement d'un grand mérite. Ils sont amusans et instructifs. Son unique but est de développer le caractère de l'homme , et il faut avouer qu'il en avait tioavé le secret* La partie narrative de ses romans est rarement bien intéressante; c'est la condiûte des personnages ,^ comme êtres pensans et parlans , qui captive notre intérêt; et , contre l'ordinaire , le
(i) 11 ne fera pas liors de propos de remarquer que la lecture de Bage apetit*èâra àemné Yïàôt À "Walieir ScoU d^iatroduire dans son roman de .K^4fl|aHnf/«t le caractère original d'un quaker — Eo.
100 BAGE.
lecteur n'est presque jamais teotë de passer le dialogue pour arriver plus vite au récit des évé- 'nemens* Les conversions subites et inTraisemblables n'embarrassent nullement Bage. Sir Georges Osmond passe tout d'un coup de l'égoïsme et de l'avarice à la générosité et à la libéralité, parce que la vertu lui paraît aimable dans son frère et dans ses amis.
Bage ne connaît pas bien cette espèce de caractère formé par les professions ou la nationa^ lité. Se$ marins n'ont rien de piquant ) ses Irlandais sont une charge de ceux que l'on voit sur la scène; ses Écossais sont une mauvaise cairicature^ et il leur fait parler un langage que Ton n'a pas parlé depuis la tour de Babel. Le talent de Bage consiste surtout à analyser les opérations secrètes d'une intelligence supérieure , comme celle de Paracelsus Holmau ] et ce mérite est grand, si l'on considère combien il est plus difiicile de saisir la variété de caractère ijue produit l'habitude de ce travail métaphysique y que de peindre ceux qui reçoivent leur cachet individuel des mœurs et des usages du p^ys oii ils se développefat.
Il règne dans les romans de Bage un ton de légèreté et de gaieté agréable, et lors même que vous êtes tenté d'en vouloir à l'auteur de chercher à^âire prévaloir la mauvaise raison sur la bonne, la facilité et Vhumour de son style vous réconcilient avec lui. Nous ne croyons pas qu'on doive s'abstenir de lire les ouvrages d'un romancier aussi distingué, parce qu'ils contiennent des erreurs philosophiques. Nous avons tâché dç les faire remarquer; et, comme nous sommes loin de penser que c'est dans des livres de cette na-
BAGE. loi
ture que les jeunes gens inconsidérés puisent leurs opinions sur des sujets graves , nous les recommandons aux oisifs y dans la persuasion qu'ils n'oublieront pas qu'une bonne plaisanterie n'est' pas un argument : un romancier , semblable au maître d^un théâtre de marionnettes , dispose son drame à sa fantaisie , et y soit que le diable s'envole en emportant Policbinelle , ou que Polichinelle élraogle le diable , cela ne prouve rien en faveur de la force comparative de l'un ou l'autre des personnages ^ cette force ne dépend que des caprices de celui qui fait mouvoir les ressorts secrets*
NOTICE
BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
sua