‹ Œuvres complètes, Volumes 9-10Chapitre 8 sur 65 · ROMANS EN PROSE · texte numérisé non relu

ROMANS EN PROSE

Comme la mode en tout est changeante , il vint un temps où les romans en vers ne furent plus estimés, sans doute à cause de la d^radation de ceux qui les chantaient. La tradition , a dit Ritson , ressemble à l'alchimie ^ qui change l'or en plomb j on ne peut douter en effet que, avec le cours des années, les plus célèbres romans en vers finirent par s'altérer considérablement, soit par le défaut de mémoire de ceux qui essayèrent de les retenir, soit par les interpolations. Il n'est pas permis de croire que la plupart des ménestrels purent airoir communication du petit nombre de manuscrits qui existent encore, et même il était assez rare , dans les temps les plus reculés comme dans les temps modernes , que les bardes récitassent des poèmes tout-à-fait nouveaux. La composition des romans en vers fut enfin abandonnée à des ménestrels d'une classe inférieure, et l'art très-facile de rassembler dans un cadre de ce genre quelques aventures sans suite ni liaison entre elles devint bientôt assez répandu pour faire voir qu'il su£Bisait d'un talent médiocre

pour y réussir. Les kabitudes licencieuses de ceux qui , ^ous les noms de ménestrels , hommes joyeux et autres dénominations, parcouraient en si girand noipbre les campagnes et Tiraient de leur métier ^ ne tardèrent pas à jeter beaucoup de défaveur et de mépris sur i'art du .ménestrel; et progressivement ces longs récits, exclusivement affectés jusqu'alors aux fêtes des seigneurs^ furent peu à peu abandonnés aux dîvcrtissemens des vilains. Mais 9 quoique leur forme ait changé suivant le caprice du jour, le goût de ces mêmes fictions restait toujours aussi vif 7 et les romans en, prose qui vinrent ensuite, et qui firent même presque oublier le premier de ces deux genres de composition y finirent par atteindre un très-grand degré de popularité. Ce fut sans doute l'art de l'imprimerie , cette invention qui a eu tant d'influence sur les destinées du monde , qui produisit ce changement. Les romans en vers , quoiqu'ils aient souvent été imprimés, n'avaient pas une forme très-favorable à la publication. Ces longues amplifications qui pouvaient passer encore dans le cours d'un récit déclamé d'une manière supportable ne purent être tolérées à la lecture. Le goût du public devint plus difficile à mesure que le langage se perfectionna , à mesure que les mœurs devinrent plus délicates; on commença à demander de la grâce dans le style et de la variété dans les pensées , au lieu d'un récit nu et sans ornemens. Alors on vit les auteurs de romans en prose chercher tous les moyens de , satisfaire ce goût nouveau et exigeant. Ils puisaient, il est vrai, aux mêmes sources oii leurs devanciers avaient puisé; la chevalerie, Gharlemagne, et Arthur,

reparaissent aussi sdtrVettt (fans les romans en prose qtre dans les ancittJs rtsmattfs etk vers. Mais les ndar«anx ménestfds^ {ftiétendirent avoir profité des nouveaux trésors? de' ^otfaiaisisfimee!»' authentiques où lettre prédéce^^etn^ t^aVaient pu fouiller. Ils s'appuie«it toujours «fr des originaux grecs et latins, qui certafitteWeaf n^e^i^^ent jamais; et on a lieu de penser que lès noms des prétendus auteurs furent inventés , ainsi que les ouvrages originaux. Le fait suivait , de la découverte de la très-élégante , d&lîcii^se , nïêllijlue , et très» plaisante Histùîré du très^nohle roi Perof(fbrest (imprimée à Paris , en iSîiB^, par Galliot du Pré) , peut servir k fairt voir que les auteurs modernes n'ont pas* été les premiers qui aient eu l'idée d'offrir leur ouvrage' au ptiblic comme un manuscrit ancien récemment découvert. Dans le court espace qiri nous est accordé, nOu^" ne' pouvons que donner une trè's-Mgère esqUî^sé d'u réch dans lequel l'auteur de ce livre raconte sa itierVeiilense décou» vette , et qui forme le parfait modèle d'un mensonge bien circonSTâûtié. Dans l'année 1286, le comte Guillaume die' Ha^naut arvait passé k mer, à ce que l'auteur assure , pour assister aux noces d'Edouard ; dans le cours d'une tournée dans la Grande-Bretagne, on lui donna graci%usement l'hospitalité dan^ une abbaye , sur les bords de l'Humber , et appelée, à ce qu'il prétend, Burtimer ^ parce qu'ellfe avait été fondée par un certain Burtirheris, mioinarque dont l'histoire ne fait aucune mention , mais qui remporta sur cet empla*^ cernent mêtne^ une batailfe contre les païens d*Al-» lemagne. C'est ïk qu'une cassette , qui avait été cachée dans un lîeii' sûr , fut découverte dans le massif du mur d'une ancienne tourelle, et l'on

TÎt qu'elle renfermait un manuscrit grec ayec uvfe couronne royale. L'abbé envoya la couroiiné au roi Edouard , et le comte de Haîaattt ob^t à grand'peine le manuscrtll : A k fil traduire du grec eu latin , par un moine dt l'a£baye de Saint- Landelin , et c'est de cette dernfèré kngue que le manuscrit est traduit en français , par rautetnr^ qui le consacre k la gloire de la vierge Miarie, et à l'édification de la chevalerie éi de la noblesse.

C'est par des fictions de ce genr^e, qêe tes auteurs des romans en prose essayaient de garantir à leurs récits un degré d'authenticité que les romans en vers n'avaient pu atteindre; mais parlà , ils ruinèrent leurs prédécesseurs , que pour ainsi dire ils tuèrent pour les voler ensuite impunément. Toutefois ; ces ombres d'histoires véritables qu'on peut deTtner à travers les fictions répétées pendant des siècles peuvent se distinguer encore dans des légendes en vers. Suivant les principes que nous avons posés, pins le poème ^ par la date de sa composition , se rapproche du temps oii l'histoire qu'il raconté atrriva, plu» nous pottvons espérer d'y retrouver qttelqaes traditions encore récentes et qui offrent qoeiqM certitude hislerique. Mais ces poètes qui éevrvaieAt sous les nom» supposés de RiMtibien de Pise , de Robert de Borron , et autr^ , 80 coatctot«ieut , la plupart du temps, d'érploiter l'ouvrage de quelque vieux ménestrel ; ils refaisaiene son récit suivant lotir propre géât ; ils j intredaisaienr de nouveaux perisonnageis et de nouveaux incldens ; et enfitt ib faisaient dtspar^attre {«^'aux dernières traces de la tradition véritable. On voit donc que les romanciers en prose n'étaient <pie

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de& amplificateurs. Une fois qu'ils sVtaient établis dans lin sujet, ils ne l'abandonnaient qu'après y aToir épuisé leur génie inrentif. Les romans en vers, quelquefois très- longs, ne le furent jamais autant que ces folles compositions en prose. Peutêtre les auteurs de ces derniers faisaient-ils cette réflexion assez juste , • que le lecteur peut toujours quitter le livre quand il commence à s'ennuyer , tandis que sans doute il ne devait être rien moins que facile d'arrêter le ménestrel dans le Oours de sa déclamation poétique*

Mais on est naturellement porté à se demander quels furent les auteurs véritables de ces compositions prolixes, qui, se cachant sous des noms pseudonymes , ne recueillaient presque aucune renommée dans leurs travaux , même quand ils avaient un grand succès. Certainement , dans l'enfance où était alors l'imprimerie, ils ne retiraient aucun profit de leurs laborieuses compositions. On ne peut répoudre d'une manière tout-à-fait satisfaisante h cette question : mais il est permis de penser que souvent les habitans des monastères consacraient les loisirs des cloîtres à de pareilles entreprises. Ce qui donne quelque poids k cette conjecture, c'est que souvent on trouve dans ces ouvrages des événemens et des détails qui se rapportent spécialement à l'histoire sainte et aux traditions de l'Église. Ainsi , dans le roman ciuîeux de Htion de Bordeaux ^ on a ajouté à cette charmante histoire une seconde partie , dans laquelle le héros visite le Paradis terrestre , rencontre Caïn , le premier homicide , au milieu de sa pénitence ; et beaucoup d'autres détails du, même genre, qui probablement ne se fosseat pas présentés à l'imagination d'un laïqu«;

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d'ailleurs les laïques de ce temps étaient beaucoup trop grossiers et trop ignorans pour le mêler d'ëcrire. Il est probable que la partie mystique du roman de la TabU ronde provient d'une source semblable* D'un autre côté, il faut ajouter que les assertions audacieuses , et quelquefois même blasphématoires ^ par lesquelles les auteurs de ces fictions osaient les assimiler pour l'autorité même à celle des liyres saints , devaient s'offrir assez naturellement à l'esprit de ces moines, qui en disaient autant pour rendre authentiques les contes absurdes de leur légende. Un exemple presque incroyable de cette sorte de mensonge sacrilège se trouve dans l'histoire àvi saint Greal, mélange singulier de mysticisme et de chevalerie, ^e son auteur ne craint pas d'attribuer à la seconde personne de la Trinité chrétienne.

Cependant les hommes d'église ne furent pas les seuls auteurs de ces légendes j quoique les clercs, comme on les appelait alors, qui rédi* geaient habituellement les chroniques du temps où ils vivaient , fussent ordinairement revêtus des ordres sacrés; ce furent ces derniers surtout qui recevaient de la part des souverains , leurs mahres, l'ordre de composer de nouveaux romans aTCC les vieilles chroniques traduites de la langue classique, ou rassemblées de toute antre manière du milieu des débris de l'antiquité. A mesure que l'éducation se perfectiîonna , et que la science s'accrut et se répandit, plusieurs laïques, souvent d'un rang distingué, sentirent le besoin, si on peut s'exprimer ainsi, de doilner une forme durable à ces riches et abondantes fictions <^i s'offrent à l'imagination des hommes de génie. Shr Thomas Malony , qui compila la Marie

d'Arthur dans des originaux français , fut un homme de distinction et de mérite. Lord Berners , le judicieux traducteur de Froissard^ auteur d'un romaq appelé le Chevalier du Cygne , nous offre l'exemple d'un seigneur qui ne croyait pas perdre sou temps en l'employant à de tels travaux • Il est évident dès lors que ces recherches procuraient quelque gloire littéraire , et il est possible même que dans des temps postérieurs , des auteurs moins distingués s^en soient fait une occupation lucrative. Le traducteur de Perceforeaùj dont nous avons déjà parlé, qui parait avoir été un Anglais ou> un Flamand , loue la noblesse valeureuse et invincible de la France > en lui parlant le langage d'un auteur qui se propose bien d'autres avantages encore j outre ceux de plaire et d'exprimer sa gratitude pour le favorable ac<iueil qu'on voulut bien faire à si&s autres productions. Il est possible alors que les libraires , ces lions de la littérature^ eussent déjà comroeneé à admettre les auteurs à une part des bénéfices. D'autres imprimeurs, comme le vénérable Caxton , compilaient eux-mêmes leurs n^atériaux*' pour la presse, ou traduisaient les romans des autrfs langues ;. réunissant ainsi en une seule per-* sonne les trois qualités distinctes de l'imprimeur, de l'auteur et du libi*aire.

Le roman en prose, dans son plan général, qc s'éloignait pas beaucoup du roman en vers ; on y rencontrait aussi digression sur digression , sans le moindre respect pour le fil du récit ; le premier était, en un mot, également insipide on affecté, et même il l'était davantage , car il était- plus ]otig« Dans la traduction des vers en prose, et dans l'amplification qii'on leur faisait subir, un

grand nombre de traits énergiques de l'auteur original se trouvaient perdus ou affaiblis : et le lecteur y cberche en vain ces ëdairs de poésie qui, dans les romans précëdens, rachètent quelquefois plusieurs centaines de mauvais vers sans force et sans couleur. Mais d'un autre côté^ les romans en prose fureut composés pour un état de société plus avancé, et par des auteurs dont le langage était plus riche, et dont l'éducation était en général supérieure à celle des anciens ménestrels. On était las d'entendre sans cesse parler de terribles combats et d'effroyables blessures* On commençait à exiger un certain talent pour peindre la nature ou du moins les moeurs : on voulait quelques descriptions, et on demandait au romancier qu'il eût plus d'égards pour la vraisemblance , soit dans les personnages , soit dans les aventures. Dès lors les poètes s'efforcèrent » autant qu'il était en eux, de complaire au public; ils commencèrent h varier leur récit en introduisant de nouveaux personnages , et en les peignant par des, dialogues caractéristiques. Les amans conversent entre eux, et se dirent des galanteries dans ce style métaphysique qui était alors d'usage. Enfin le roman , au lieu d'être une véritable rapsodie toute militaire , commença de revêtir la forme plus noble d'un tableau de moeurs. C'est dans les romans in-folios de Lancelot du Lac, de Perceforest, et autres , que les antiquaires ont pu trouver les récits les plus exacts et les plus détaillés de com-. bats,^ de tournois, de fêtes et anti'es tableaux de l'a pompe chevaleresque. Gomme ils descendirent souvent à des détails quelles hMtoricAS du. temps eussent jugés indignes de leur mention, celui q«ft veut connaître les mœurs de ce temps peut les

consulter avec ayantage. Ce n'est cependant pas là tout leur mérite. Ces anciennes compositions^ parmi tant de pages remplies de répétitions et écrites du style le moins attachant , malgré l'ennui d'une histoire confuse, longue et triviale, nous offrent cependant de temps à autre des passagesd'un grand intérêt, des situations neuves et belles ^ et parfois un style énergique et plein de vie. Le lecteur qui redoute le travail de séparer ces passages remarquables du milieu du fatras on ils se trouvent çk et là disséminés , peut acquérir une excellente idée des beautés et des défauts de ces romans, en consultant le Corp& d'extraits de romans de Chevalerie , par Tressan , les Specimens ofearly English poetry , par El lis, et VHis^ toire de la Fiction , de M* Dunlop.

Les ouvrages dont nous venons de paHer continuèrent de faire les délices des cours les plus polies de l'Europe , tant que les mœurs et les habitudes de la chevalerie les animèrent. La ju> Vicieuse Marie de Médicis pensait que le roman de Perceforest était le meilleur livre qu'on pût choisir pour former les manières d'un jeune roi et pour amuser ses loisirs , puisqu'elle recommandait à Charles IX' de le lire avec soin : mais progressivement, la naissance des nouvelles idées religieuses, l'influcuce d'un code de morale plus sévère , et surtout les discussions importantes que l'invention de la presse commençait à répandre de tous côtés, réussirent à distraire l'attention publique de ces légendes surannées. Les protestans anglais se réunirent aux huguenots de France pour proscrive les livres de chevalerie, avec d'autant plus de zèle que ces ouvrages avaient été protégés par les catholiques , dans le but peut-ctre de

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détourner les esprits de sujets plus graves. Le savant Ascham s'exprime ainsi dans son vieux langage, en parlant du roman de iaJUorie ^ Arthur ^ et ses paroles nous prouvent que la mode en était passée: « Autrefois , quand le papisme, comme une eau stagnante, recouvrait et inondait toute l'Angleterre , bien peu de livres étaient lus en notre langage ^ sauf certains livres de che* Valérie composés , pour divertir et amuser , par des moines fainéans , ou des chanoines libertins : la Morte d Arthur ^ par exemple, dont tout l'intérêt consiste en deux choses principales,' homicide et libertinage. Dans ce livre, sont estimés les plus nobles chevaliers ceux qui tuent le plus grand nombre d^kommes sans provocation aucune, et qui commettent les plus abominables adultères par les artifices les plus adroits, comme sire Lancelot avec la femme du roi Arthur, son maître j sire TVlstram, avec la femme du roi^/orc, M)n oncle ^ sire Limerock j avec la femme du roi Lot, qui était sa propre tante* Sont-ce là des choses dont les hommes sages puissent rire, ou dont les honnêtes gens puissent prendre du contentement ? et cependant , je sais un temps où quand la Bible de Dieu était bannie de la cour, la Morte d* Arthur était reçue dans la chambre du prince (i). »

Le Taillant et pieux La Noue n'est pas mieux disposé pour ces livres que le savant Ascham; car il attribue , sans hésiter , à l'influence des romans et au goût. pour ces compositions , la décadence des mœurs chez la noblesse française. « Les anciennes fables qui nous restent encore , telles que Lancelot du Lac , Perceforest , Tristan

(i) OEarres de Roger Ascham , pag- a54 » tom. ir.

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f t Giron le Courtois , et tant d'autres , noarrireat pendant cinq cents ans l'esprit de nos pères , jusqi/à ce que notre langage phis poli, et n«tre goût plus délicat, obligeassent les auteurs k in- Tenter quelque nouveauté pour nous plante* €e fut alors que parut le livre d!jé>nadls ; mais, à dire vrai, c'est l'Espagne qui l'a produit, et la France l'a revêtu d'une form^ plu» gaie. Ce fur sous Henri II que ces fables curent le phis d^émpire y et je crois que sr un homme eût essayé de les- blâmer, il aurait été honni , parce qu'ellesr faisaient le passe- temps et fa viecFun grand nombre de personnes, et après* les avoir hies, beancoup voulurent les réaliser (i). »

Le vaillant marécbal se donne ensuit^c beaucoup de peine pour réfuter les argumens de œutf qwi prétendent que ces livres ont été écrite pouB servir d aignillon à la pratique des armes et d^ exercices honorables parmi les jeunes chevaliers, s'eflbrçant de démontrer au contraire que leur influence est dangereuse et à la guerre et etr amour. On ne peut s'empêcher de sourire en voyant un auteur comme la Noua déBoncei* les enchantcmcns, les sortilèges et les prestiges de ces Jivres, non parce que âe pareiîtes histoires sont absurdes et sans vévHé, mais parce que des enchanteurs humains et bienfaisans tels qu'Alqutfe et la fée Urgande peuvent servir d'excuse à ceux qui trafiquent avec les pouvoirs des ténèbres, et de plus, parce que ceux qui lisent des histoires de sorciers et d'enchantemens deviennent, pour ainsi dire, familiers avec ces mystères du diable et peuvent être tentés de faire sa connaissance

( I ) Discourt politiques et miUtairts du sitign^ur de Lm tfoue , ton» lY , pag. 87. Londre» , 158;.

plus intime. Cependant les romans de chevalerie ne périrent pas sous les coups Jbs pieux puritaÎQS ou des moralistes sévères, mais ils furent abandonnés àès que la chevalerie elle-même commença à perdre faveur. Dès lors les livres écrits sous sa dictée , et inspirés par elle , ne firent plus aucune impression sur Tesprit du public , et bientôt , totalement négligés pour des ouvrages d'un genre supérieur, et enfin accablés par les railleries de Cervantes, ils tombèrent dans un mépris complet.

D'autres ouvrages du même genre vinrent tenir la place des romans de chevalerie proprement dits. Nous en parlerons plus tard. Nous terminons ici ce que nous avions à dire sur les romans en général, et nous allons examiner rapidement ceux qui ont servi à caractériser ce genre chez les diverses nations de FEurope*

ROMANS DB DIVERS PAYS DE i'EUIlOPE.

II. Nous ne pouvons ici qu'indiquer fort rapidement un sujet fort curieux et plein d'intérêt , l'examen du caractère particulier quelles romans de chevalerie ont reçu des mœurs des nations au milieu desquelles ils furent écrits: nous examinerons aussi la question de savoir jusqu'à quel point chaque Qation a emprunté aux autres les sujets des chants de ses ménestrels , ou s'est servie des matériaux répandus chez les divers peuples.

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