‹ Œuvres complètes, Volumes 9-10Chapitre 9 sur 65 · ROMANS DU NORD · texte numérisé non relu

ROMANS DU NORD

La Scandinavie , comme on pense bien , peut être regardée comme la nation la plus riche de

l'Europe en histoires du genre des romans ^ composées pour la plupart en vers , ou en récit rhylbmé y ou en prose , et , plus fréquemment encore, offrant un mélange de prose et de vers. Les scaldes ou bardes formaient une classe trèsconsidérée dans les assemblées et dans les cours du Nord. Un poète le cédait à peine en dignité à un Taillant chevalier , et plus dun fameux champion tenta de réunir les deux caractères* Les sag<i8 j ou récits primitifs des Scandinaves , se rapprochent beaucoup de la véritable histoire, et, sans aucun doute, ils furent écrits dans ce but; .seulement l'amour du merveilleux y fit entrer de bonne heure ces speciosamiraculaqixi caractérisent les annales d'un peuple au berceau. Cependant, It^ majeure partie des sagas, de ceux du moins que nous connaissons aujourd'hui , doivent être regardés moins comme des morceaux d'histoire que comme de véritables fictions; et, sous ce rapport, ils rentrent dans noire sujet. Le Omeyinger saga, le Heicashringhi y le saga de Olof Triggwason , le Eirbyggia saga j et plusieurs autres , sont évidemment historiques, tandis que les nombreux récits de l'histoire de Nihelung et du Vohungia sont des romans aussi imaginaires que ceux du roi Arthur ou de Charlemagne. Ces compositions bizarres, d'un style étrange et concis, remplies de comparaisons extraordinaires , et même extravagantes , contienneut beaucoup de passages descriptifs , écrits avec chaleur et vivacité , et . avec une physionomie qui leur est propre. Ik semblent faits pour nous rappeler combien le courage indomptable et l'héroïque constance des Scandinaves , l'efii'oi et l'honneur de l'Europe , s'éloignaient de cette manière doucereuse et de ce

style fastidieux des ménestrels qui leur succédèrent en Angleterre ou en France. Au milieu des pins du Nard et des montagnes glacées de ces régions , on conservait encore avec les débris du paganisme expirant une foule de traditions d'un caractère infiniment plus terrible et plus sauvage que les créations de la superstition classique. L'imagination sombre des Scaldes fit renaître ces idées dans leurs récits. L'esprit d'investigation qui, dans ces derniers temps , a fait tant de progrès en Allemagne, a déjà jeté un ^rand jour sur cette partie longtemps négligée de l'étude des traditions romanesques , qui est digne de beaucoi^ plus d'attention qu'on ne semble lui en avoir accordé en Angletwre. Remarquons toutefois que, bien que les nations du Nord aient eu leurs clieva tiers et leurs romans nationaux , inconnus aux contrées du Sud, les habitans de ces pays reculés empruntèrent cependant aux ménestrels français plusieurs de leurs sujets favoris* Voilà pourquoi nous y rencontrons des sagas sur le sujet de sire Trisirem^ sire Percit^al, sire ItPain, et autres héros célèbres dans les romans français. Ils n'inspirent pas le même intérêt et ne sont pas d'une date aussi ancienne que les productions originales du génie septentrional* Ritson s'est appuyé, il est vrai, de leur existence -pour contester aux nations du nord des poèmes antiques de leur propre composition ; mais il en est de ces poèmes comme du Norman Kiempe-Detun , grand in-folio imprimé à Stockholm en 1 737. €et auteur aurait pu se convaincre que de cette énorme <îoUection de légendes sur les «xploits des champions gotbs , la majeure partie est d'orgine norse. Quoiqu'elles aient plus 4*iii% trait de ressemblance avec les romans méridioiiaux ,

elles diffèrent sous plusieurs rapports de ce dernier

genre de fictions* ,

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