‹ Œuvres complètesChapitre 37 sur 63 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

L'INDE ANCIENNE

PREFACE

La lecture du mémoire que le major Rennel a publié pour l'explication de la carte de l'Indostan a donné naissance à l'ouvrage qu'on va lire. Ce mémoire est un des plus précieux traités de géographie qu'on ait composés dans aucun pays et dans aucun siècle. Il m'a suggéré l'idée d'examiner plus complètement que je ne l'avais fait dans mon Histoire de l'Amérique la connaissance que les anciens avaient de l'Inde, et de démêler ce qu'il y a de certain , d'obscur et de fabuleux dans les détails sur ce pays qui nous ont été transmis jusqu'ici. En entreprenant ce travail je n'ai eu d'abord d'autre objet que mon amusement et mon instruction ; mais, en continuant mes recherches et en comparant avec soin les différens auteurs de l'antiquité, j'ai découvert quelques faits dont les uns n'avaient pas été observés et les autres n'avaient pas encore été examinés avec assez d'attention. De nouvelles vues se sont ouvertes; mes idées se sont étendues par degrés et sont devenues plus intéressantes, jusqu'à ce qu'enfin j'ai pensé que le résultat de mes recherches pourrait devenir agréable et instructif, en faisant connaître les différentes manières dont s'étaient établies les communications avec l'Inde dans les temps les plus anciens, et combien celte grande branche de commerce avait contribué dans tous les siècles à augmenter la richesse et la puissance des nations qui en avaient joui.

C'est au public à juger du degré de mérite que peuvent avoir ces recherches. La reconnaissance que j'ai conservée pour la bienveillance avec laquelle il a accueilli mes autres ouvrages ne fait qu'augmenter la sollicitude avec laquelle j'attendrai son jugement sur celui que je lui offre aujourd'hui.

Lorsque j'ai pour la première fois dirigé mes pensées vers ce sujet , j'ai tellement senti le désavantage qu'on éprouve en entreprenant de décrire des pays dont, on n'a aucune connaissance locale I

que j'ai pris toutes les peines possibles pour me ga. rantir des erreurs où je pouvais tomber. J'ai consulté avec autant de soin que de persévérance tous les ouvrages que j'ai pu me procurer des auteurs qui ont écrit sur l'Inde. Je n'ai jamais adopté d'opinion positive qui ne fût appuyée de quelque autorité respectable; et, comme j'ai le bonheur de compter au nombre de mes amis quelques personnes qui ont visité différentes parties de l'Inde, et qui y ont même exercé des emplois importans, tant civils que militaires, j'ai souvent eu recours à leurs lumières , et j'ai appris dans leur conversation des choses que je n'aurais pu trouver dans les livres. S'il m'était permis de les nommer, le public conviendrait que ces personnes méritent bien par leur discernement et leur talent toute la confiance que j'ai mise dans leur autorité.

Dans le cours de mon travail j'ai senti mon insuffisance sur un autre point. Pour donner une idée exacte de l'imperfection où étaient chez les anciens la théorie et la pratique de la navigation, et pour expliquer avec une précision philosophique la manière dont ils fixaient la position des lieux et dont ils en calculaient la longitude et la latitude, j'aurais eu besoin d'une plus grande portion de connaissances mathématiques que mes autres études ne m'ont permis d'en acquérir; mais ce qui me manquait à cet égard a été suppléé par l'amitié et les soins de mon ingénieux et respectable collègue M. Playfair, professeur de mathématiques. Il m'a mis en état d'éclaircir tous les points que j'ai eusà traiter d'une manière qui, je l'espère, ne laissera rien à désirer à mes lecteurs. C'est à lui que je dois aussi la construction de deux cartes nécessaires pour l'éclaircissement de mes Recherches , et que sans son secours je n'aurais pas entreprises.

Je me suis conformé dans cet ouvrage à une méthode que j'ai suivie dans mes propres composi-

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lions , et à laquelle le public s'est accoutumé. J'ai séparé entièrement la narration historique des discussions scientifiques et critiques, en réservant celles-ci poui les notes et éclaircissemens. Je crois pouvoir sans présomption réclamer du moins le inérite d'avoir 2>"umn ' avec une grande attention

ce que je soumets au jugement du public, et d'avoir cité avec une scrupuleuse exactitude les auteurs dont i'ai tiré les détails qup j'^ypose.

V\ AOBERTSON.

Au collège d'Edimbourg, le 10 mai WOi.

RECHERCHES HISTORIQUES

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