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« Et ce fut lui, sans doute, disait-cile » en parlant de cette circonstance de sa » vie , qui m'inspira la pensée de ren- » trer dans l'église pour demander à ;) Dieu le courage que j'avais perdu. » En effet, elle rentra précipitamment pour implorer le secours du ciel. Une religieuse se trouvait dans ce moment près de la porte pour la fermer : frappée du mouvement subit de la jeune étrangère qui ne l'aperçut pas, ainsi que de la ferveur qu'elle mettait k ses prières , elle l'aborda pour l'interroger et l'avertir qu'il était l'heure de fermer l'église. Prascovie, un peu déconcertée, lui raconta naïvement la cause de sa brusque rentrée dans le temple , lui fit part de la répugnance qu'elle avait d'aller cher-
cher un asile dans une auberge, et finit par la supplier de lui en accorder un dans le couvent , ne fût-ce que dans les cloîtres. La portière lui répondit qu'on ne logeait pas les étrangers dans le couvent, mais que madame l'abbesse pourrait lui donner quelques secours.
;< Je n'en demande pas d'autre qu'un » asile pour cette nuit , répliqua Pras- » covie en montrant une bourse qui » contenait quelque argent. Des dames » charitables m'ont donné les moyens » de me passer d'aumônes pour quelque » tems, et je ne demande que la pro- )) tection du couvent pour cette nuit.
» Demain je continuerai ma route. »
La religieuse consentit à la conduire chez riJ)besse.La respectablesupérieure
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était en prières , lorsqu'elles entrèrent dans sa chambre : la portière s'arrêta près de la porte et se mit à genoux ; Prascovie l'imita et pria Dieu de lui rendre Tabbesse favorable. Lorsque celleci eut fini son oraison , elle s'approcha de la jeune fille qui restait à genoux et la releva avec bonté. Prascovie lui dit son nom et le but de son voyage; elle montra son passeport et demanda l'hospitalité pour la nuit, ce qui lui fut accordé. Bientôt entourée de plusieurs religieuses amenées par la curiosité dans l'appartement de l'abbesse, elle répondit aux interrogations multipliées qui lui furent faites , et raconta les aventures pénibles de son voyage avec tant de simplicité, et une éloquence si natu-
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relie , qu'elle fit répandre des larmes aux dames qui l'écoutaient, et leur inspira le plus vif intérêt. On la combla de caresses et de soins ; l'abbesse la logea dans son propre appartement , et forma dès-lors le projet de la retenir au couvent et de la compter au nombre de ses novices.
Prascovie s'était proposé depuis longtems de prendre le voile si son entreprise réussissait. On a vu précédemment que , jusqu'à son arrivée à Ekatherinembourg, elle avait cru que la ville Kiew était sur le chemin de Pétersbourg. /C'était dans cette ville qu'elle s'était promis de faire ses vœux dans la suite ; elle espérait voir en passant les fameuses catacombes , honorer les reliques des
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saints qu'elles renferment ' , et s'arrêter une place pour l'avenir dans une des maisons religieuses de cette ville./'
Ayant reconnu son erreur , elle ne fit aucune difficulté de choisir le couvent de Nijeni pour sa dernière retraite ; mais elle le promit seulement à la supérieure , et , comme on la pressait d'en faire le vœu formel, elle refusa. « Sais-
' Les catacombes de Kiew sont de vastes galeries souterraines , attenantes à la cathédrale desservie par les religieux d'un ancien et riche couvent. On conserve dans ces souterrains une immense quantité de saints grecs , dont les corps intacts , exposés à la vénération des fidèles , sont recouverts de riches habits qui laissent voir les visages, les mains et les pieds. Les chairs desséchées ont à peu près la coideur et la solidité du bois d'acajou.
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» je moi-même , répondit-elle, ce que » Dieu exige de moi ? Je veux, je dé- » sire sincèrement finir ici mes jours, )) et, si telle est la volonté de la Provi- » dence , qui pourra s'y opposer ? »
Elle consentit à demeurer quelques jours à Nijeni pour se reposer et pour chercher les moyens de se rendre à Moscou ; mais bientôt elle se ressentit de ses fatigues , et tomba dangereusement malade. Depuis sa chute dans le \'olga , elle avait une toux profonde qui l'incommodait beaucoup. Une fièvre ardente ne tarda pas à se déclarer \ cependant , quoique les médecins eux-mêmes désespérassent de sa vie, elle n'eut jamais aucune inquiétude. « Je ne crois » point , disait - elle , que mon heure
» soit encore venue, et j'espère que » Dieu me permettra d'achever mon » entreprise. ;> Elle se remit en effet, quoique très-lentement, et passa le reste de la belle saison au couvent. Dans l'état de faiblesse où elle était encore, elle ne pouvait continuer son voyage à pied, moins encore sur des chariots de poste : n'ayant aucun moyen de se procurer une voiture commode, elle se vit donc obligée d'attendre le traînage ■ pour avoir la possibilité de se rendre à Pétersbourgsans éprouver la fatigue des voitures ordinaires. Elle suivit pendant ce tems les offices et la règle du cou-
• On appeUe ainsi l'époque où les chemins commencent à ètie praticables pour les traîneaux.
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vent , avec une assiduité qui retarda peut-être son rétablissement, et elle se perfectionna dans ses études. Cette conduite acheva de lui gagner l'estime de l'abbesse et des religieuses qui prirent pour elle la plus véritable affection, et ne doutèrent point qu'elle n'accomplît un jour sa promesse de revenir prendre le voile dans leur couvent.
Enfin , lorsque les chemins d'hiver furent établis , elle partit pour Moscou, en traîneau couvert , avec des voyageurs qui faisaient la même route. L'abbesse, n'ayant pu lui faire abandonner son entreprise , lui donna une lettre de recommandation pour une de ses amies , M"' de S*** , à Moscou , et l'assura qu'elle pourrait toujours rcgaider s.i
LA .iKi'Mi siiii;i, ii:inim:. 2G7
maison comme un refuge certain, dans lequel elle serait reçue en fille chérie, quel que fût le succès de son voyage.
Prascovie arriva dans cette dernière ville sans embarras et sans accidens.
M"" de S*** eut pour elle beaucoup d'égards et de soins, et la retint que^u('s jours pour lui chercher un compagnon de voyage jusqu'à Pétersbourg.
Elle partit avec un marchand qui voyageait avec ses propres chevaux et qui demeura vingt jours en chemin.
Outre les lettres de recommandation qui lui avaient été remises par les dames d'Ekatherinembourg, elle en reçut une de M'^'' de S*** pour M™^ la princesse de T***, personne respectable et très-âgée./ Telles étaient ses ressources lorsqu'elle
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arriva dans la capitale vers le milieu de /^ février, environ dix-huit mois après son départ de Sibérie , avec autant de courage et d'espoir qu'elle en avait le premier jour de son voyage.
Elle logea chez son conducteur sur le canal d'Ekatherinski , et fut quelque tems comme perdue dans cette grande ville , avant de savoir ce qu'elle devait entreprendre , et comment remettre ses lettres de recommandation ; ce qui lui fit perdre un tems précieux.
Le marchand, occupé de son commerce , ne songeait guère à elle : il s'était cependant chargé de trouver la demeure de la princesse de T*** ; mais , avant d'avoir accompli sa promesse^ il fut obligé de partir jjour Riga , lais-
LA JKUNE SIBÉRIENNE. 2C9
sant Prascovie sous la {jardc de sa femme, qui la Irailait fort bien, sans pour cela lui êtce d'aucun secours pour ses projets.
La lettre de M'"'' de G*** était adressée à une personne qui logeait de l'autre côté de la Neva. Comme l'adresse en était bien détaillée, Prascovie, quelques jours après le départ du marcliand , se mit en chemin avec son hôtesse pour Wassili - Ostrow ' . ''Mais la Neva était ébranlée , la débâcle des glaces approchait, et la police ne permettait plus le passage^''*Elle revint donc au logis désolée de ce contre-tems. Dans l'embar-
• L'île de Basile , située quartier de la rive droite die^ Neva.
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ras où elle se trouvait, un des habitués de la maison du marchand lui conseilla , très-mal à propos , de donner une supplique au sénat pour obtenir la révision du procès de son père , et s'offrit de trouver un écrivain pour la rédiger. Le succès de celle qu'elle avait adressée au gouverneur de Tobolsk la décida. On lui fit écrire une supplique très - mal conçue et n'ayant pas la forme requise , sans lui donner la moindre notion sur la manière dont elle devait être présentée. Ce projet ne lui permit pas de remettre , avec l'activité nécessaire , ses lettres de recommandation qui auraient pu lui être bien plus utiles.
Munie de sa supplique , notre intéressante solliciteuse se rendit un matin
!.V .IFUNE SIBERIENNE. 271
au sénat , monta le grand escalier, et pénétra jusque dans une des chancelleries ; mais elle se trouva fort embarrassée parmi tant de monde, ne sachant à qui s'adresser. Les secrétaires, dont elle s'approchait avec sa supplique , lui jetaient un coup d'œil, et se remettaient froidement k écrire ; d'autres personnes qui la rencontraient dans la chambre, au lieu de l'écouter ou de recevoir sa supplique , se détournaient d'elle , comme on ferait d'un meuble ou d'une colonne qui barre le chemin. Enfin , un des invalides , gardes de la chancellerie , qui traversait rapidement la salle , l'ayant rencontrée, se détourna sur la droite pour passer, tandis que Prascovie en faisait autant du même côté pour lui
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faire place , de manière qu'ils se heurtèrent rudement. Le vieux garde , de mauvaise humeur,lui demanda ce qu'elle voulait. La jeune fille lui présenta sa supplique, en le priant de la donner au sénat. Cet homme, la croyant une mendiante , pour toute réponse la prit par le bras et la mit k la porte. Elle n'osa plus rentrer , et demeura le reste de la matinée sur l'escalier, dans l'intention de présenter sa supplique au premier sénateur qu'elle rencontrerait. Elle vit plusieurs personnes descendre de voiture et monter l'escalier, ayant des étoiles sur la poitrine : elles avaient toutes une épée , des bottes , et un uniforme , quelques-unes avaient des épaulettesJElle pensa que c'étaient des ofïi-
I A .11: UNE SIISKRIKMVK. .,^^
ciers et des généraux j; attendant toujours de voir arriver un sénateur, qui, d'après l'idée qu'elle s'en était formée , devait avoir quelque chose de particulier qui le ferait reconnaître, et n'offrit \ sa supplique à personne. Enfin , vers trois heures après midi , tout le monde s'écoula, etPrascovie , se voyant seule, se retira la dernière, fort étonnée d'avoir vu tant de monde au sénat sans rencontrer un sénateur. A son retour, elle fit part de son observation à la marchande , qui eut beaucoup de peine à lui faire comprendre qu'un sénateur était fait comme un autre homme , et que ceux qu'elle avait vus étaient précisément les sénateurs auxquels elle aurait dû remettre sa supplique.
Le lendemain, à l'heure de la rentrée du sénat , elle se trouva sur l'escalier, et présenta son écrit à tous les arrivans pour ne pas manquer les sénateurs, sur la nature desquels il lui restait encore quelques doutes ; mais personne ne voulut le recevoir./ElIe vit enfin arriver un gros monsieur avec un cordon rouge , un uniforme rouge, une étoile de chaque côté de la poitrine , et l'épée au côté./ « Pour cette fois, se dit à elle-même la » solliciteuse, c'est un sénateur, ou il » n'y en a point dans le monde ! » Elle s'approcha de lui , et lui présenta son papier , en le suppliant de vouloir bien lui donner cours : comme elle barrait le chemin , un laquais du sénateur l'écarla doucement du passage; et son maître.
croyant qu'elle demandait l'aumône, lui dit : u Dieu vous bénisse ! . et monta l'escalier.
Prascovie retourna pendant plus de quinze jours au sénat sans obtenir plus de succès./Souvent, fatiguée de rester debout dans un escalier froid et humide, elle s'accroupissait sur une des marches pour réchauffer ses pieds glacés,>herchant dans la physionomie des passans et des employés quelques signes de compassion et de bienveillance , qu'elle y aurait certainement trouvés s'ils avaient connu sa situation.
^^e]\e est la constitution de la société dans les grandes villes : la misère et l'o- ^ pulence, le bonheur et l'infortune se croisent sans cesse, et se rencontrent
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sans se voir ; ce sont deux mondes séparés qui n'ont aucune analogie, mais entre lesquels un petit nombre d'ames compatissantes, marquées par la Providence, établissent des points rares de communication. ^^
Un jour, cependant, un des employés, qui l'avait sans doute remarquée précédemment , s'arrêta près d'elle , prit la supplique , et sortit de sa poclie un paquet de papiers. La malheureuse conçut un instant d'espoir; mais le paquet était une somme d'assignations , parmi lesquelles il en prit une de cinq roubles, la mit dans la supplique, et, rendant le tout à la suppliante, rentra dans l'appartement et disparut. Prascovie , toute déconcertée, serra l'assignation et se re-
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tira. « Je suis silrc, disait-elle un jour » à son hôtesse , que si un frère de » M""" Milin se trouvait parmi les séna- )) teurs , il aurait pris ma supplique sans » me connaître. )>
Les fêtes de Pâques , pendant lesquelles le sénat ne s'assemble pas , lui donnèrent quelque repos : elle en profita pour faire ses dévotions. En se livrant à ce pieux exercice , elle renouvela ses prières pour le succès de son entreprise; et telle était la sincérité de sa foi , qu'après sa communion elle revint , persuadée qu'on prendrait sa supplique au sénat la première fois qu'elle s'y présenterait; ce qu'elle n'hésita point d'annoncer à la marchande comme une chose certaine. Cette dernière était bien loin
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de partager son espérance , et lui con-r seillait d'abandonner cette voie : cependant, comme, le jour de la rentrée du sénat, elle avait des affaires au quai Anglais , voyant Prascovie s'acheminer à pied , elle lui offrit de la conduire en / droschky '. « Je ne sais, lui disait-elle
» en chemin, comment vous n'êtes pas » découragée de tant de démarches inu- » tiles î A votre place , je laisserais là le » sénat et les sénateurs qui ne feront » jamais rien pour vous ; c'est tout >) comme, ajouta-t-elle en lui montrant » la statue de Pierre-le-Grand qui se » trouvait près d'elle, c'est tout comme
' Petite voiture basse sur quatre roues ; elle remplace l'usage du c;tbri()let chez nous.
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» si VOUS offriez votre supplique à cette » statue que voilà : vous n'en obtiendrez » rien de plus.
» — J'espère, répondit Prascovie, que » ma foi me sauvera. Aujourd'hui je )) ferai ma dernière démarche au sénat , » et l'on prendra sûrement ma suppli- » que ; Dieu est tout -puissant : oui , » ajouta-t-elle en descendant du dro- » schky, Dieu est tout-puissant, et peut, » si telle est sa volonté , forcer cet » homme de fer à se baisser et à pren- » dre ma supplique. )) La marchande, à ces mots , fit un grand éclat de rire , et Prascovie, revenue de son enthousiasme, en rit elle-même : cependant elle n'avait exprimé que sa pensée.
Tandis qu'elle examinai I la statue, sa
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compagne lui fit observer que le pont de la Neva, qui était tout près, était replacé ; des voitures sans nombre se rendaient à Wassili-Ostrow et en revenaient. (( Avez-vous la lettre de recommanda- » tion pour M*"^ de L***? lui demanda- )) t-elle; je ne suis pas pressée , et je puis w vous conduire à sa porte. » Il était de bonne heure encore , et Prascovie y consentit.JElles passèrent le pont : le fleuve, qui n'était, quinze jours auparavant, qu'une plaine de glaçons mouvans, dégagé maintenant de toutes ses neiges et couvert de vaisseaux et d'embarcations de toute espèce , la surprit agréablement. Tout était en mouvement autour d'elle: le tems était superbe; elle sentait redoubler son courage, augurant bien
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de la visite qu'elle allait faire. i(( Il me » semble, dit-elle en embrassant sa con- » ductrice, que Dieu est avec moi, et » qu'il ne m'abandonnera pas ! »
Elle trouva M""" de L*** déjà prévenue de son arrivée par une lettre d'Ekatherinembourg , et reçut d'obligeans reproches lorsqu'on apprit qu'elle était depuis si long-tems à Pétersbourg. La réception affectueuse et cordiale qu'elle éprouvait lui rappela vivement la maison et la société de M""® Milin. Lorsque la connaissance fut faite et la familiarité bien établie, Prascovie développa le plan qu'elle avait formé pour obtenir la délivrance de son père , et conta les démarches infructueuses qu'elle avait déjà faites au sénat. M. de L*** examina sa
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supplique , et trouva qu'elle n'étail pas dressée dans les formes.
(( Personne mieux que moi, lui dit- » il , n'aurait pu vous aider dans cette » affaire : un de mes proches parens » occupe un emploi d'assez grande im- » portance au sénat; mais je vous avoue- » rai , comme je le ferais à une ancienne » connaissance et h une amie, que nous » sommes brouillés depuis quelque » tems. Cependant l'occasion est trop » belle, et la brouillerie de trop peu )) d'importance pour que j'hésite à faire » les premiers pas ; nous voilà d'ailleurs » au tems de Pâques , et je serai charmé » que vous soyez la cause de notre ré- » conciliation. »
On garda la jeune fille à dîner : plu-