IVAN
La clef des fers se trouvera dans les poches du brigand.
Lorsque je vais à la fontaine, Le matin, pour puiser de l'eau Sans y songer, avec mon seau, J'entre dans le sentier qui mène
Hai luli, hai luli, A la porte de mon ami.
KASCAMBO
La femme donnera l'alarme, hai luli.
Hélas ! je languis dans l'attente, Et l'ingrat se plaît loin de moi ; Peut-être il me manque de foi Auprès d'une nouvelle amante!
Hai luli, hai luli, Aurais-je perdu mon ami ?
IVAN Il en arrivera ce qu'il pourra : ne mourrez-vous pas tout de même, hai luli, de misère et d'inanition ?
Ah ! s'il est vrai qu'il soit volage, S'il doit un jour m'abandonner, Le village n'a qu'à brûler, Et moi-même avec le village !
Hai luli, hai luli, A quoi bon vivre sans son ami ?
Le vieillard devenant attentif, ils redoublèrent les hai luli accompagnés d'un arpeggio bruyant : « Jouez, maître, pour- « suivit le denchik, jouez la cosaque ; je vais danser autour « delà chambre pour m'approcher de la hache ; jouez har- « diment. »
KASCAMBO
Eh bien, soit ; cet enfer sera fini.
Il détourna la tête et se mit à jouer de tout son pouvoir la danse demandée.
Ivan commença les pas et les attitudes grotesques de la cosaque, qui plaisaient particulièrement au vieillard, en faisant des sauts et des gambades, et en jetant des cris pour détourner son attention. Lorsque Kascambo sentait que le danseur était près de la hache, son cœur palpitait d'inquiétude : cet instrument de leur délivrance était dans une petite armoire sans porte, pratiquée dans la muraille, mais à une hauteur à laquelle Ivan atteignait à peine . Pour l'avoir à sa