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DE LA SYEIE. ^3
homme lui est si dévoué, que Ton peut regarder Djezzâr comme maître des deux gouvernements.
L'on dit qu'il solliàte encore celui d'Alep. S'it Tubtient , il possédera presque toute la Syrie , et peutêtre la Porte aura-t-elle trouvé un rebelle plus dangereux que Dâher; mais comme les conjectures en pareilles matières sont inutiles , et presque impossibles à asseoir, je vais passer, sans y insister , à quelques détails sur les lieux les plus remarquables de ce pachalic.
Le premier qui se présente en venant de Tripoli le long de la côte, est la ville de Bèijiie, que les Arabes prononcent comme les andens Grecs, Batroui (i). Son local est une.plàine qui du pied du Ziban s'avance en pointe- dans la mer, environ deux lieues bors la ligue commune du rivage : l'angle rentrant qui en résulte au nord, forme une assez grande rade , où débouche la rivière de l'/ahrel-SaUby dite aussi Nakr-Bairout Cette rivière en hiver a des débordements qui ont forcé d'y cou* struire un pont assez considérable; mais il est tellement ruiné, que l'on n'y peut plus passer : le fond de la rade est un roc qui coupe les câbles des ancres, et rend cette station peu sûre. De là, en allant à l'ouest vers la pointe, l'on trouve, après une heure de chemin,- la ville de Batrout. Jusqu'à ces derniers temps elle avait f^partenu aux Dru-
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zes ; mais Djezzdr a j ugé à propos de la leur retirer, et d'y mettre une garnison turke. Elle u'en continue pas moins d*être l'entrepôt des Maronites et des Druzes : c'est par là qu'ils font sortir leurs cotons et leurs soies, destinées presque toutes pour le Kaire. Ils reçoivent en retour du riz , du ' tabac, du café et de l'argent, qu'ils échangent encore contre les blés de Beqdà et du Hauran : ce commerce entretient une population assez active, d'environ six mille âmes. Le dialecte des habitants est renommé avec raison pour être le plus mauvais de tous; il réunit à lui seul les douze défauts d'élocution dont parlent les grammairiens arabes. Le port de Batrout, formé comme tous ceux de la côte par une jetée, est comme eux comblé de sables et de ruines ; la vtlle est enceinte d'un mtu* dont la pierre molle et sablonneuse cède au boulet de canon sans éclater; ce qui contraria beaucoup tes Busses quand ils l'attaquèrent. D'ailleurs , ce mur et ses vieilles tours sont sans défense. Il s'y joint deux autres inconvénients qui condamnent Bairout à n'être jamais qu'une mauvaise place ; car d'une part elle est dominée par un cordon de collines qui courent à son sud-est, et de l'autre elle manque d'eau dans son intérieur. Les femmes sont obligées de l'aller puiser à un demi-quart de lieue, à une source où elle n'est pas trop bonne. Djezzdr a entrepris de construire une fontaine publique, comme il a fait'
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à Acre; mais le canal que j'ai tu creuser sera de peu de durée. Les fouilles que l'on a Mtes en d'autres circoustaoces pour former des citernes, ont fait découvrir des ruines souterraines, d'après lesquelles il parait que la ville moderne est bâtie sur VAnàenue. Lataglé, ^mioche, Tripoli, Saide^ et la plupart des villes "de la côte sont dans le même cas, par TefiFet des tremblements de terre qui les ont renversées à diverses époques. On trouve aussi bors des murs à l'ouest, des décombres et quelques fûts de colonnes, qui indiquent que Baîrout a été autrefais beaucoup plus grande qu'aujourd'hui. La plaine qui fprme son territoire est toute plantée en mûriers blancs, qui, au contraire de ceux de Tripoli , sont jeunes et vivaces, parce que sous la régie druze on les renouvelait impunément. Aussi la soie qu'ils fournissent est d'une très-belle qualité : c'est un coup d'oeil vraiment agréable, lorsqu'on vient des montagnes, d'apercevoir, de leurs sommets ou de leurs pentes , le riche tapis de verdure que déploie au fond lointain de la vallée cette forêt d'arbres utiles : dans l'été, le séjour de Balrout est incommode par sa chaleur et son eau tiède; cependant il n'est pas malsain : OQ dit qu'il le iat autrefois, mais qu'il cessa de l'être depuis que l'émir Fakr-el'din eut planté un bois de sapins qui subsiste encore à une lieue de la ville; les religieux de Mahr-Heuma^ qui ne sont pas des physiciens à systèmes, citent la même
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observation pour divers couvents; ils assurent même que depuis que les sommets se sont couverts de sapins , les eaux de diverses sources sont devenues plus abondantes et plus saines : ce qui est d'accord avec d'autres faits déjà connus.
Le pays des Druzes oflre peu de lieux intéressants. Le plus remarquable est Deùr-el Qamar ou Maison de la Lune, qui est la capitale et la ré»dence des émirs. Ce n'est point une cité, mais simplement un gros bourg mal bâti et fort sale. U est assis sur le revers d'une montagne, au pied de laquelle coule une des branches de l'ancien fleuve Tamjrras, aujourd'hui ruisseau de Dâmour. Sa population est formée de Grecs catholiques et schismatiques, de Maronites et de Druzes, au nombre de quinze à dix-huit cents âmes. Le serai ou palais du prince, n'est qu'une grande et mauvaise maison qui menace ruine.
Je citerai encore Zahlé, village au pied des montagnes, sur la vallée de Beqâà: depuis vingt ans ce lieu est devenu le centre des relations de Balbek, de D<anas et de Bairout, avec l'intérieur (les itiontagnes. L'on prétend même qu'il s'y fabrique de la fausse monnaie; mais les ouvriers qui contrefont les piastres turkes, n'ont pu imiter la gravure plus fine des dahlers d'Allemagne.
J'oubliais d'observer que le pays des Druzes est divisé en ^àtas ou sections, qui ont chacune un caractère principal qui les distingue. Le Matné