‹ ŒuvresChapitre 21 sur 62 · DS LA STRIE. I SÇ · texte numérisé non relu

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somme; enfin ils s'acc(»dent pour six mille piastres, avec engagement réciproque de garder un profond silence. Le lendemain Màd fait appeler le qâdi, Im tient des propos semblables, lui dit qu'il est informé d'abus criants dans sa gestion ; qu'il a GonnaisSaDce de telle afiatre, qui ne va pas moins qu'à lui faire couper la tête. Le qâdi confondu, implore sa clémence, négocie comme le mofti , s'accommode pour une somme pareille , et se relire fort content d'échapper à ce prix. Après le qâdi Tint YouâU, puis le naqtb , l'aga des janissaves, le mohteseb, et enfin les plus riches marchands turks et chrétiens. Chacun d'eux, pris pour les délits de son état, et surtout pour l'article des femmes, s'empressa d'en acheter le pardon par une contribution. Lorsque la somme totale fut rassemblée, le pacha se retrouvant avec 9es ^miiiers, leur dit : jévez-vous enlendu dire dans Damas qu'^shd ait Jeté une avanie ? Non , seigneur. — -. Comment se /ait-il donc que j'aie trouvé près de deux cents bourses que voici? Les délateur» de se récrier, d'admirer, de demander quel moyen il avait pris. J'ai tondu les béliers ^ réponditàljp&ffôic que décorcher les agneaux et les chèvres. Après quinze années de règne, cet homme fut enlevé aii peuple de Danias par les suites d'une intrigue dont on raconte ainsi l'histoire :veiï 1755, un eunuque noir du sécail allant en pèlerinage à la Mekke , prit l'hospitalité chez ^dsàd; mais peu II. 9

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cuHteiit de l'accueil simple qu'il en reçut , il ne voulut point repasser par Damas , et il prit sa route par Gaze.' Hosein pacha, qui commandait alors en cette ville , mit du faste à bien traiter l'eunuque. Celui-ci, (leretourà Constantinople, n'oublia pas ses deux hôtes : pour satisfeire à la fois sa reconnaissance et son ressentiment, il résolut de perdre jéshd , et d'élever Hosein à sa place. Ses intrigues eurent tant de succès, que dès 1756 , Jérusalem fut détachée de Damas , et donnée à Hosein h. titre de pachalic. L'année suivante il obtint Damas même : Asàd déposé se retira dans le désert , avec les gçns de sa maisou , pour éviter une plus grande disgrâce. Le temps dé la caravane arriva : Hosein la conduisit, selon le droit de sa place ; mais au retour , ayant pris querelle avec les Arabes pour un paiement qu'il refusait, ils l'attaquèrent eo force, battirent son escorte, et pillèrent complètement la caravane en 1 757. À la nouvelle de ce désastre, ce fut dans l'empire une désolation comme à la perte d'une grande bataille; les familles de vingt mille pèlerins morts de soif, de faim, ou tués par les Arabes; les parents de nombre de femmes faites esclaves; les marchands intéressés à la cargaison dissipée, demandèrent vengeance de la lâcheté de Véraa Hadj, et du sacrilège des Bédouins. I^ Porte alarmée proscrivit d'abord la tête de Hosein ; mais il se cacha si bien , que l'on ne put le surprendre : du sein de

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sa retraite, travaillant de concert avec l'eunuque, son protecteur, il entrevit de se disculper; et il y parvint au bout de trois mois, en produisant à la Porte une lettre , vraie ou fausse , d'Asàd , par laquelle il parut que ce pacha avait exdté les Arabes à le venger de Hosein. Alors ta proscription se tourna contre Asàd , et l'on n'attendit plus que l'occasion de la mettre en exécution.

Cependant le pachalic restait vacant : Hosein flétri n'y pouvait reparaître. La Porte désirait de réparer son affront, et de rétablir la sûreté du pèlerinage : elle jeta les yeux sur un homme singulier, dont les mœurs et l'histoire méritent que j'en dise deux mots. Cet homme, appelé ^bdj4Uak-el-Satadji, éuit né près de Bagdad , dans ime condition obscure. SIétant mis de bonne heure ^ la solde du pacha, il avait passé les premières années de sa vie dans les camps, à la guerre, et avait fait eu qualité de simple cavalier toutes les campagnes de Perse, contre Chah-Thamas-Kou- Uian. La bravoiu^ et l'intelligence qu'il y montra, relevèrent de grade en grade jusqu'au pachalic de Bagdad même. Revêtu de cet éroinent emploi, il s'y comporta avec tant de fermeté et de prudence, qu'il rétablit dans le pays la paix étrangère et domestique. La vie simple et militaire qu'il continua de mener, ne lui ^sant pas éprouver de grands besoins d'argent, il n'en amassa point; mais les grands officiers du sérail de Constantinople, à qui

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cette modération ne renflait rien , trouvèrent tnaur vais le désintéressement d'Abd<Àllah, et ils n'attendirent qu'an prétexte pour le déplacer : ils le trouvèrent dans la retenue qu'Abd-Allah fit d'une somme de 100,000 livres, provenant de la succession d'un marchand. A. peine le pachà l'eut-il touchée qu'on en exigea le paiement; envain représenta-t-il qu'il en avait payé de vieilles soldes de troupes; en vain deroauda-t-il du délai, le vizir ne l'en pressa que plus vivement; et sur un second refus, il dépêcha un eunuque noir, muni en secret d'un /ceU-chérify pour lui couper la tète. L'eunuque, arrivé aux environs de Bagdad, f^ gnit d'être un malade qui voyageait pour sa santé : en cette qualité, il fit saluer le pacha, et par forme de politesse, il le pria de lui p^tnettre une visite. Abd-Allah, qui connaissait l'esprit turk, se méfia de tant d'honnêteté, et soupçonna quelque raison secrète. Son trésorier, non moins versé dans les usages, et très-attaché à sa personne, le confirma dans ses soupçons; pour acquérir des certitudes, il lui proposa de visiter le paquet de l'eunuque, pendant qu'il serait chez le pacha avec sa suite. Abd-Allah approuva l'expédient. A l'heure iodiquée, le trésorier va dans la tente de l'eunuque, et il y fait une recherche si exacte, qu'il découvre le keit-chéri/ c^thé dans le revers d'une peti»e: aussitôt il Vole vers le pacha, le fait avertir de passer un instaiit dans une pièce voisine , et lui

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i^emet la découverte (i). Âbd- Allah, muni du fatal écrit, le cache dans son sein, et rentre dans l'appartement^ puis reprenant d'un air tranquille la conversation avec Teunuque : « Plus j'y pense, ditil , seigneur aga , plus je m'étonne de votre voyage en ce pays. Bagdad est si loin de Sumboul, notre air .est si peu vanté, que j'ai peine à croire que voufi oe veniez nous demander que de la santé. 11 est vrai, reprit l'aga, que je suis aussi chargé de vous demander en passant quelque à-compte des 100,000 livres. Passe encore, reprit le pacha; mais tenez, ajouta-t-il d'un air décidé, avouez que vous venez aussi pour ma tête. Écoutez; vous me connaissez de réputation ; vous savez ce que vaut ma parole; je vous la donne : si vous me faites un aveu sincère, je vous relâcherai sans vous faire le moindre mal. » Alors l'eunuque commençant une longue défense, protesta qu'il venait sans noires intentions. Par ma tête ! dit Abd-Allah , at»ouez-moi la vérité. L'eunuque continua sa défmse. — Par votre tête. Il nia encore. Prenez-y garde. Par celle du sultan. Il persista encore- — AUons^ài\t Abd-Allah, c'en est fsût, tu as prononcé ton arrêt; et tirant le kat-chirif: Beconaais-Ut ce papier? « Voilà con^me vous vous gouvernez là- « bas : oui, vous êtes une troupe de scélérats qui

(t) Je tiens ces Liiu d'an fanmnH: qui a connu particulière ineDtce iréwrier, et vu Abd-Allah à Jérusalem.

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« VOUS jouez de la vie de quiconque vous déplaît, K et qui vous livrez de ta maia à la main le sang « des serviteurs du sultan. Il faut des tètes au « vizir : il en aura une; qu'on la coupe à ce chien, H et qu'on l'envoie à Constantinople. j> Sur-lechamp l'ordre fut exécuté; et la suite de l'aga congédiée partit avec sa tête. Après ce coup, Abd- Allab eût pu profiter de la faveur du pays pour se révolter : il préféra de passer chez les Kourdes. Ce fut là que vint le trouver l'amnistie du sultan, et l'ordre de passer au pachalic de Damas. Il s'ennuyait dans son exil; il n'avait plus d'argent; il accepta la commission, et partit avec loo hommes qui suivirent sa fortune. En arrivant aux frontières de son gouvernement, il apprit qu'Asàd était «ampé dans un lieu voisin ; il en avait entendu parler comme du plus grand homme de la Syrie ; il désirait de le voir. Il se d^uisa; et suivi de six cavaliers, il se rendit k son camp, et demanda à lui parler: on l'introduisit, selon l'usage de ces camps, saus beaucoup de cérémonies. Après le salut, Asàd lui demande où il va, et d'où il vient; Abd-Allah répond qu'ils sont six à sept cavaliers kourdes qui cherchent du service; qu'ils savent que Satadji vient à Damas ; qu'ils vont le trouver; mais qu'ayant appris en passant, que lui Asàd était campé dans le voisinage, il sont venus lui demander une ration. Volontiers, dit Asàd; mais connaissez-vous Satadji? — Oui. — Quel homme

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est-ce ? Aime-t-il l'argent ? — Noo. Satadji ne s'embarrasse ni d'argent, ni de pelisses, ni de châtes, ni de perles, ni de femmes; il n'aime que les bonnes armes de fer, les bons chevaux et la guerre. Il chérït la justice , protège la veuve et l'orphelin , lit le Qôran, vit de beurre et de laitage. — Est-il âgé? dit Asàd. — Moins qu'il ne parait : la fatigue l'a prématuré : il est couvert de blessures , il a reçu un coup de sabre qui le fait boiter de la jambe gaiiche \ un autre lui fait porter le cou sur l'épaule droite. Tenez, dit-il en se levant debout, depuis les pieds jusqu'à la tète c'est mon portrait. A ce mot, Asàd pâlit et se crut perdu; mais Abd-Allah se rasseyant, lui dit : Frère, rassure-toi; je nesuis pas un messager de Tantre des voleurs : je ne viens point pour te trahir : au contraire, si je puis t'ètre bon à quelque chose , emploie-moi , car nous sommes tous deux au même rang chez nos maîtres; ils m'ont rappelé, parce qu'ils veulent châtier les Bédouins. Quand ils auront satisfit leur vengeance de ce côté, ils en reviendront à ma tête. Dieu est grand : il en arrivera ce qu'il a décrété. ■

Abd-Allah se rendit dans ces sentiments à Damas ; il y rétablit le bon ordre , il réprima les vexations des gens de guerre, et conduisit la caravane le sabre à la main, sans payer une piastre aux. Arabes : pendant sou administration , qui dura deux ans , le pays jouit de la plus parfaite tran-

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quïllité. Oa dorroait les portes ouvertes, disent encore les habitants de Damas. Lui-même, souvent d^uisé en mendiant, voyait par ses yeux ; les traits de justice qui lui échappaient quelque^ fois sous ce déguisement, avaient établi une circonspection salutaire : on aime encore aujourd'hui à en dter quelques-uns. Par exemple , on rapporte qu'étant à Jérusalem dans sa tournée, il avait défetodu à ses soldats de rien prendre, ra de commander sans salaire. Un jour qu'il rôdait déguisé en pauvre, tenant un petit plat de lentilles à la mûn, un soldat qui portait un Ëtgot, l'obligea de s'en chaîner; après quelque résistance, U le mit sur son dos, et commença de marcher devant le délibache , qui le pressait en jurant. Un autre soldat reconnut le pacha, et fit si^ie à son camarade. Celui-ci de fiiir et de s'échapper par des rues de traverse. A^wès quelques pas, Abd-AUah n'entendant plus son homme , se retourna, et fâché d'avoir manqué son coup, il ne put s'empêcher de jeter son fain. à terre, en disant : I^ coquin, il est si mauvais sujet qu'il a emporté mon salaire et mon plat de lentilles. M^s il ne le pmia pas loin; car p«i de jours après, le padia le surprit à voler dans un jardin les légumes d'une pauvre femme qu'il maltraitait, et sur-l&champ il loi £t couper la tête.

Quant à lui, il ne put éviter le sort qu'il avait prévu : après avoir échappé plus d'ifne fois à des

assassins apostés, il fut empoisonné par son neveu, il s'en aperçut avant de mourir , et l'ayant Ëiit appeler : Malheureux] lui dit-il , les scél&ab t'ont séduit; tu m'as empoisonné pour profiter de ma dépouille: je pourrais avant de mourir tromper ton espoir et punir ton ingratitude ; mais je connus les Turks ; ib se chargeront de ma vengeance. En effet, à peine Satadji fiit-il mort , qu'un capidji montra un ordre d'étrangler le neveu; ce qui fut exécuté. Toute l'histoire des Turks prouve qu'ils aiment la trahison, mais qu'ils punissent toujours les traîtres. D^uis Ahd-Allah, le pachalio de Damas a passé successivement à Se&q , à Otman, à Mohammed, HkDarouich, fils d'Osmao, qui l'occupait eii 1784. Cet homme, qui n'a pas les talents de' son père , en a retenu le caractère tyrannique; en voici un trait digne d'être dté : Au mois de noveqibre 1 784 , un village de chrétiens grecs , près de Damas, qui avait acquitté le miri , fut sommé de le payer upe seconde fois. Les chaiks réclamant le registre qui constatait l'acquit, s'y refnsàrenL Une des nuits suivantes, un parti de soldats assailUt le village, et tua trente-une personnes. Des malheureux paysans consternés portèrent les tètes k Damas , et implorèrent la justice du pacha. Après les avoir entendus, Darouich leur dit de âép9&er ces têtes dans l'église grecque , en attendant qu'U fît des i«çh«rches. Trois joprs se passèrent; les tètes se corrompirent; on voulut

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les enterrer; mais pour cet e£fet,.il fallait une permission du pacha, et on ne l'obtint qu'au piix de 4o bourses (5o,ooo livres).

Depuis UD an (en 1785), Djezzâr profitant du crédit que son argent lui donne à la Porte , a dépossédé Darouich , et commande aujourd'hui à Damas ; il aspire , dit-on , à y joindre Alep. Il semblerait que le divan dût lui refuser cet agrandissement qui le rendrait maître de toute la Syrie; mais outre que tes affaires des Russes ne laissent pas le divan libre dans ses opérations , il s'inquiète peu des révoltes de ses préposés : uue expérience constante lui a appris qu'ils retombent toujours dans ses filets. Djezzâr n'est pas propre à faire exception; car quoiqu'il ne manque pas de talents, et surtout de ruse (1), ce n'est pas un espritcapable d'imaginer ou d'exécuter un grand plan de révolution. La route qu'il suit est celle de tous ses prédécesseurs : il ne s'occupe du bien public qu'autant qu'il rentre dans ses intérêts particuliers. La mosquée qu'il a bâtie à Acre, est un monument de pure vanité, qui a consommé sans aucun fruit 3,000,000 de France : son bazar est plus utile sans doute; mais avant de songer au marché où se vendent les denrées, il eût fallu songer à la terre qui les produit : à une portée de fusil d'Acre , l'agri-

(1) Le baron de-Tott appelle Djesïâr un lion : je crrâs qu'il le définirait bien mieux en l'appelant un loup.

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culture est languissante. La plûpaitHde ses dépenses sont pour ses jardins , pour ses bains, pour ses femmesbiahcfaes: il en possédait dix-huit en 1784: et ces femmes sont d'une luxe dévorant. Maintenant que la satiété et l'Age surviennent, il prend la manie d'entasserde l'argent: cette avarice aliène ses soldats , et sa dureté lui fait des ennemis jusque dans samaison. Déjà deux de ses pages ont tenté de l'assassiner : il a eu te bonheur d'échapper à leurs pistolets; mais la fortune se lassera : il lui arrivera, comme à tant d'autres, d'être quelque jour surpris , et il n'aura recueilli de tant de soins à thésauriser, que d'avoir excité la cupidité de la Porte et la haine du peuple. Venons aux lieux remarquables de ce pachalic.

D'abord se présente la ville même de Damas , capitale et résidence des pachas. Les Arabes l'appellent el-châm, selon leur usage de donner le nom d'un pays à sa capital^, ij'ancien nom oriental de Demechq n'est connu que des géographes.

Cette ville est située dans ime vaste plaine ouverte au midi et à l'est, du côté du désert, et serrée à l'ouest et au nord par des montagnes qui -bornent d'assez près la vue. En récompense, il vient de ces montagnes une quantité de ruisseaux qui foot du territoire de Damas , te lieu le mieux arrosé et le plus déhcieux de la Syrie. Les Arabes n'en parlent qu'avec enthousiasme ; et ils ne cessent de vanter la verdure et la fraîcheur des ver-

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gers y rab<Hidance et la variété des fruits, la quantité des courants d'eaux vives, et la limpidité des jets d'eau et des sources. C'est aussi le seul lieu où il y ait des maisons de plaisance isolées et eu rase 'campagne : les naturels doivent mettre d'autant plus de prix à tous ces avantages, qu'ils sont plus rares dans les CMib<ées environnantes. Du reste , le sol maigre , graveleux et rougeâtre, est peu propre aux grains; mais cette qualité tourne au profit des fruits, dont les sucs 5ont plus savoureux. IfuUe ville ne compte autant de canaux et de fontaines. Chaque maison a la Menue. Toutes ces eaux sont fournies par trois ruisseaux , ou par trois branches d'une même rivière qui , après avoir fertilisé des jardins pendant trois lieues de cours, va se reiidre au sud-est dans un bas-fond du désert, où elle forme tm marais appelé Behairat el Mardj, c'est4-dire lac du Pré.

Avec uue telle situation Ton ne saurait disputer à Damas d'être une des plus agréables villes de la Turkie; mais il lui reste quelque chose à désirer pour la salubrité. On se plaint avec raison que lés eaux blanchâtres de la Barrddé sont froides et dures; on observe que les - Damasqnins sont sujets aux obstructions ; que le blanc de leur peau est plutôt un blanc de convalescence que de santé ; enfin, que l'abus des fruits, et surtout des abricots, y produit tous les étés et les automnes des fièvres intermittentes et des dyssentcries.

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L'étendue de Damas consiste beaucoup plus en longueur na*ea largeur. Niebnhr, qui en a levé le plan géométrique , lui dcmne trois mille deux cent cinquante toiaes, c'est-à-dire, un peu moins d'une lieue et demie de circuit. En jugeant sur cette mesure par comparaison avec Alep , je suppose que Damas contient 40^000 babïtans. La majeure partie est composée d^Arabea et de Turks ; on estime que le nombre des chrétiens passe 1 5,000, d<^tles deus tiers sont achiamatîques. Les Turks ne partent point du peuple de Damas sans observer qu'il est le pJu» liMéchi^de l'empire ; l'Arabe, en jouant snr Ie6 mots, en a fait te proverbe : Châmi, (Aoàmi ; Damasquin , méc^nt; on dit au contraire do peuple d'Alep , Halabi, tckeiébi; ^lepin, peiii-maitre. Par une d^tinotion fondée sur le culte, on ajoute que te» chrétiens y sont plus vils et plus fourbes qu'ailleurs; sans doute parce que tés Musulmans y sont plus fenatiques et plus inst^ens; ils ont le même caractère que les babitans -du Raire ; coinnfe eut, ils détesteotles Francs. L'on ne peut alleràDamas vêtu à l'européenne; nos négociants' n'ont pu y former d'étaUissemeots; l'on n'y tronve que deux missifMiiiaires capndns , et un médecin non avoué.

Cette intolérance des Damasquins est surtout entretenue par leur liaison avec la Meklie. Leur ville, disent-ils , est une ville sainte en qualité de porte de ta Kiâbé; en effet , c'est à Damas que

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se rassemblent tous les pèlerins il|i nord de l'Asie, comme au Kaire ceux de l'Afrique. Chaque année le nombre s'en élève depuis 'io jusqu'à 5o,ooo ; plusieurs s'y rendent quatre à cinq mois d'avance; la plupart n'arrivent qu'à la fin du Ramadan. Alors Damas ressemble à une foire immense; l'on ne voit qu'étrangers de toutes les parties de la Turkie , et même de la Perse ; tout est. plein de chameaux, de chevaux, de mulets et de marchandises. Après quelques jours de préparatifs, toutie cette foule se met confusément en marche , et faisant route par la frontière du désert, elle arrive en ,quarwite jours àlaMekke, pour la fête du Bairâm. Comme liette caravane traverse le pays de plusieurs tribus arabes ,indépetïdantes, il a &Uu faire des traités avec. les Bédouins, leur accorder desdrpits de passage, et les prendre pour guides. Souvent il y a des disputes entre les chailis à ce sujet; le pacha en profite pour améliorer son marché. Ordinairement la préférence est dévolue à la tribu deSardié, qui campe au sud de pâmas ^ le long du Hauran; le pacha envoie au ehaik une masse d'armes , une tente et une pelisse , ipour lui signifier qu'il le prend pour chef de conduite. De ce moment, ce chaik est chargé de fournir des chameaux à. un prix convenu; il les tire de sa tribu et de celles de ses alliés , moyennant un louage également convenu ; en ne lui répond d'aucun dommage, et toute

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perte par accident est pour son compte. Année commune , il périt dix raille chameaux ; ce qui fait un objet de consommation très-avantageux aux Arabes. .(

IL ne faut pas croire que le motif de. tant de frais et de fatigues scùt uniquement la dévotion. L'intérêt pécuniaire y a une part encore plus considérable. La caravane est le moyen d'exploiter une brandie de commerce très-lucrativei Presque tous les pèlerins en font un objet de. spéculations. En partant de chez eux, ils se chargent de m^o'chandises qu'ils vendent sur la route; l'or qui en provient, joint à celui dontils se sont munis chez eux, est transporté à la Mekke , et là s'échange contre les mousselines et les indiennes du Maiabar et du Bengtiie ,\fA châles de Kachemire, l'aloès de Tunkin , les diamants de Golconde , les perles de £ahroin, quelque peu de poivre, et beaucoup de café d'Yémen. Quelquefois les Arabes du désert trompent l'espoir du marchand, en [Hllant les traineurs, en enlevant des portions de caravane. Mais ordinairement les pèlerins réviennent à bon port; et alors leurs i^ofits sont considérables., Danstous les cas ils se paient par la vénération qui est attachée au titre de Hadji (pèlerin}, et par le plaisir de vanter à leurs compatriotes les merveilles de la Riâbé et du mont Arafat, de parler. avec emphase de la prodigieuse foule des pèlerins et de la quantité des victimes, le jour du JBairâm; des fa>

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tigu'eK qu'ils ont essuyées , des figures extraordinaires des Bédouins , et du désert sans eau , et du tombeau du prophète à Médiae , qui n'est ni su»pendu par un aimant, ni l'objet principal du pèlerinage. Ces récits faits au loin , produiscmt leur efïet ordinaire, c'e8t>à-dire , qu'ils ezatent l'admiration et l'enthouùasme des auditeurs , quoique de l'aveu des jpèkrins sincères , il n'y ait rien de plus misérable que ce vo^ge; aussi cette admiration passi^ère n'a pas empêché' d'étabiir un proverbe peu honoraWe pour ce» pieux voyagetn^ : Béfie-t^ dé ton voisin , dit l'Arabe , s'il a fiUt un Htuif; mais s 'il en a fait deux , hâte-toi de déloger} et en effet , rexpérience a prouvé que la plupart des dévots de la Mekke ont une insolence et une mauvaise foi particulièi« , comne s'ils voulaient se venger d'avràr été dupes, en se iaisant lirlpons.

Au moyen de cette caravane , Damas est le centre d'une circulation très^tendue. Par Atep , elle communique à Vjiirménie , à XAnatoUe , au Dîarhekr, et même à la Perse. Elle envoie au Raire des caravanes qui , suivant une route fréquent^ dès le temps des patiiarches-, màrcbent par I^es^¥aqoub , Tabarié , liâbloua et Gaze. Elle reçoit des mat chandibes de GouBtantinople et d'Europe par' Saide et Bairout. Ce qui se consomme dans son enceinte est acquitté avec les étoffes de soie et de coton qui s'y fabriquent en quantité et.

avec assez d'art ; avec tes fruits secs de son territoire, et les pâtes sucrées de rose, d'abrïcot, de pêche, etc. , dont la ToiUe cotisc»aine pour près d'un million : le reste , traité par échanges , verse «Q passant un aident considérable , «oit par ies droits de dooane , s<Ht pu* le salaire que les marchands s'attribuent pour leur entremise. L'exi»tence de ce commerce dans ces cantons , est de la plus haute antiquité. Ily a suivi diverses routes, selon les circonstances des gouvouements et de» lieus ; pRrtout il a constamment produit sur ses pas une opulence dont les traces ont survécu à sa propre destruction. Le pach^ic dont nous traitons, offre UB monument en ce genre trop TanaK[uable pour être passé sous silence. Je veux parler de Palmyre,^ connue dans le troisième âge de Rome par te rôle brillant qu'elle joua dans les démêlés des Parthes et des Romains, par ta fortune d'Odenatet de Zénobie, par leur chute et ^rsa propre ruiné sous Auréiten. Depuis cette époque , son nom avait laissé un beau'souvenir dans l'histoire; mais ce n'était qu'un souvenir; et Êiute de connaître en détail les titres de sa grandeur, l'on n'en avait que des idées' confuses; à peine même tes soup'^ ^nnait-on en Europe, lorsque sur la fin du siècte, dernifir, des négociants anglais d'Alep, las d'entendre les RedouÎDS parler des ruines immenses qui sti trouvaient dans le désert , résolurent d'éclaircir les récits prodigieux qu'on leur en faisait, Une

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première tentative, en 1678, nefiit pas heureuse; les Arabes les dépouillèrent complètement, et ils furent obligés de revenir sans avoir rempli leurobjet. Ils repiirent courage en 1691 , et parvinrent- enfin à voir les monuments indiqués. Leur relation , publiée dans les Transactions philosophiques, trouva beaucoup d'incrédules et de réclamatenrs : on ne pouvait ni concevoir, ni se persuader comment, dans un lieu si écarté de ta terre habitable, il avait pu subsister une ville aussi magnifique que leurs dessins l'attestaient. Mais depuis que le chevalier DâÀins (Dawkins)^ anglais, a publié, en 1753, les plans détaillés qu'il en avait lui-même |His sur les lieux en 1751, il n'y a plus eu lieu de douter, et il a fallu reconnaître que l'antiquité n'a rien laissé, ni dans la Grèce, ni dans l'Italie, qui .soit comparable à la magnificence des ruines de Paimyre.

Je vais citer le précis de la relation de M. Oâd (Wood), associé et rédacteur du voyage de Dâ- Âiru( 1 ).

« Après avoir appris à Damas que Tadmour ou « Paîmjrre dépendait d'un aga résidant à Hassià^ a nous nous rendîmes en quatre jours à ce village, <c qui est situé dans le désert, sur la route de Da-

(i) Biùnet de Palm/ra, i vol. in-foL de cÏDqtunte plandiei gravées à liondres, en 17S3, et publier par Robert Wood.

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« mas à Alep. L'aga nous reçut avec cette hospi- « talité qui est si commune dans ce pays-là parmi a les geos'de toute condition; et quoique extré- « mement surpris de notre curiosité, il nous donna a les instructions nécessaires pour ta satisfaire le « mieux qu'il se pourrait. Nous partîmes de Hassiâ

■ le i3 mars 1751, avec une escorte des meil- « leurs cavaliers arabes de l'aga, armés de fusils K et de longues piques; et nous arrivâmes quatre a heures après à Sodoud, à travers une plaine sté- « rile qui produisait à peine de quoi brouter à des

■ gazelles que nous y vîmes en quantité. Sodoud « est un petit viUage habité par des chrétiens Ma-

■ Tonites. Cet endroit est si pauvre, que les mai- « sons en sont bâties en terre séchée au soleil. u Les habitants cultivent autour du village autant « de terre qu'il leur en &ut simplement pour leur a subsistance, et ils font de bon vin rouge. Après « (Uner, nous reprimes notre route, et nous ar-

■ rivlunes en trois heures à Haouaratn, village

■ turk où nous couchâmes. HaouaraXn a la même « apparence de pauvreté que Sodoud; mais nous « y trouvâmes quelques ruines, qui font voir que « cet endroit a été autrefois plus considérable. « Nous remarquâmes un village voisin entièrea ment abandonné de ses habitants; ce qui arrive « fréquemment dans ce pays-là : quand le produit « des terres ne répond pas à la culture, les habi- « tants Jes quittent pour n'être pas opprimé».

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l/j» ÉT4T POLITIQUE

<( Nous partîmes de Haouaratn le i3, et nous ar-, a rivâmes en trois heures iÇorûzAzùi, tenant touu jours la direction est-quart-sud-est. Ce village 1 ne diffère des précédents, qu'en ce qu'il est un a peu ^lus grand : on jugea à propos de nous y a faire passer te reste du jour, pour fu>us prépau rer , ainsi que nos bêtes de charge , à la Ëitigue u du reste de notre voyage; car, quoique nous « pussions l'achever en moins de a4 heures, il « pliait faire ce trajet tout d'une traite, n'y ayant « ^iiit d'eau dans cette partie du désert Nous a laissâmes Qarîatain le i3, étant aux environs « de 300 personnes qui, avec le même nombre « d'ânes, de mulets et de chameaux, Élisaient un u mélange assez grotesque. Notre route était un u peu au nord-quarl-nord-est, à travers une [Jaine « sablonneuse et unie, d'^ peu près trois heues « et demie de largeur, sans arbres ni eau , et htx- « née à droite et à gauche par une chaîne de mon> <• tagnes stériles qui semblaient se joindre environ a deux tiers de lieue avant que nous arrivassions «à Pabnjrre. .....

H Le 1 4 i midi , nous arrivâmes au lieu où les u montagnes semblaient se joindre : il y a entre " elles une vallée où Ton voit encore les raines « d'un aqueduc qui portait autrefois de l'eau à il Palmyre; à droite et à gauche, sont des tours H carrées d'uue hauteur considérable. En appro- « chant de plus près, nous bvuvâmes que c'étaient

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D£ LA SYRIE. l^q

« les anciens sépulcres des Palmyréniens. A peine «eûmes-nous passé ces monuments vénérables, M que les montagnes se séparant des deux côtés, « nous découvrîmes tout à la fois la plus grande t quantité de ruines que nous eussions jamais « vue (i); et derrière ces mêmes ruines, vers l'Eu- « phrate, une étendue de plat pays à perte de vue, « sans le moindre objet animé. Il est presque im- « possible de s'ima^ner rien de plus étonnant. « Un si grand nombre de piliers corinthiens, avec si peu de murs et de bâtiments solides, fait a l'efïet le plus romanesque que l'on puisse voir. » Tel est le récit de fTood.

Sans douteia sensation d'un pareil spectacle ne se transmet point; mais afin que le lecteur s'en fasse l'idée la plus rapprochée, je joins ici le dessin de la perspective. Pour en bien concevoir tout l'effet, il faut suppléer par l'imagination aux proportions. Il faut se peindre cet espace si resserré, comme une vaste plaine, ces fûts si déliés, comme des colonnes dont la seule base surpasse la hauteur d'un homme; il faut se représenter que cette file de colonnes debout occupe une étendue de plus de 1 3oo toises , et masque une foule d'autres édifices cachés derrière elle. Dans cet espace, c'est tantôt un palais dont il ne reste que les cours et les murailles; tantôt un temple dont le

(0 Quioique ces voyageurs eussent visité la Gr^e ft Vltalie.-

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l5o iTÀ.T POLITIQBE

péristyle est à moitié renversé; tantàt un poitiqae, une galerie, un arc de triomphe : ici, les colonnes forment des groupes dont la symétrie est détruite par ta chute de plusieurs d'entre elles; là, elles sont rangées en files tellement prolongées, que, semblaUes à des rangs d'arbres, elles fuient sous l'œil dans le lointain, et ne paraissent plus que des lignes accolées. Si de cette scène mouvante la vue s'abaisse sur le sol, elle y en rencontre une autre presque aussi variée : ce ne 8ont.de toutes parts que fûts renversés, les uns entiers, les autres en pièces, ou seulement disloqués dans leurs articulations; de tontes parts la terre est hérissée de vastes pierres à demi enterrées, d'entablements brisés, de chapiteaux écornés, de frises mutilées, de reliefs défigurés, de sculptures effacées, de tombeaux violés, et d'autels souillés de poussière. La table suivante rendra un compte plus détaillé des principaux objets de la gravure.

, Â, est un château turk, désormais abandonné.

B, un sépulcre.

C, une fortification turke ruinée.

D, un sépulcre où commence une suite de colonnes qui s'étend jusqu'à R, dans un espace de plus de 600 toises.

Ë, édifice supposé construit par Dioclétien.

F, ruines d'un sépulcre.

G, colonnes disposées en péristyle de temple.

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DE LA. STBIE. iSl

h , grand édifice dont il ne reste que quatre colonnes.

I, ruines d'une église chrétienne.

K , file de colonnes qui semblent avoir appartenu à un portique, et qui aI>outissent aux quatre piédestaux suivants.

L, quatre grands piédestaux.

m, cellule ou cage d'un temple, avec une partie de son péristyle.

N ,. petit temple.

O, foule de colonnes qui ont une fausse apparence de cirque.

P, quatre superbes colonnes de granit.

Q, colonnes disposées en péristyle de temple.

R, arc auquel aboutit la colonnade qui commence en D.

S, grande colonne.

T, mosquée turke ruinée, avec son minaret.

U, grosse colonne, dont la plus grande partie, avec son entablement, est tombée.

V, petits enclos de terre où les Arabes cultivent des oliviers et du grain.

X, temple du Soleil.

Y, tour carrée, bâtie par les Turks sur l'emplacement du portique.

zz, mur qui formait Tenceinte de la cour du temple.

W, sépulcres semés dans la vallée, bors des murs de la ville.

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l5a ÉTAT POLITIQUE

U faut voir dan» les planches mêmes àxWood, les développements de ces divers édiûces, poiur sentir à quel degré de perfection étaient parvenus les arts dans ces temps reailés. L'architecture avait saitoflt prodigué ses richesses, et déployé sa loagnificence dans le temple du Soleil , divinité de Palmyre. L'euceinte can^e de la cour qui l'enferme , a 679 pieds sur chaque face. Le long de cette enceinte, régnait intérieurement un double rang de colonnes : au milieu de l'espace vide, le temple présente encore une façade de 4? pieds, sur un flanc de ia4; tout autour règne un péristyle de 4i colonnes; par un cas extraordinaire , la porte répond au couchant et non à Torient. La soffite de cette porte, tombée par terre, offre un zodiaque dont les »gaes sont les mêmes que les nôtres : une autre soffîte porte un oiseau de la même forme que celui de Balbek, placé sur uu fond semé d'étoiles. Il est remarquable pour les historiens, que la façade du portique a la colonnes, comme celle de Balbek : mais il est encore plus remarquable pour les artistes, que ces deux façades ressemblent à la colonnade du Louvre , bâtie par Perrault aVant l'existCTice des dessins qui nous les ont fait connaître; la seule diflFéreuce est que les colonnes du Louvre sont accouplées, au lieu que celles de Balbek et de Palmyre sont isolées.

Il est dans la cour de ce même temple un autre spectacle plus intéressant pour un philosophe :

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