CHAPITRE VIL
fie U Palestine.
JjA. P^estioe, dans sa consistance actuelle, embrasse toqt le terrain compris eptrç- la AJéditerranéeà r<3ue9t, }a chaîne des montagnes à l'esfr et deu^ lignes tirées, l'une au midi par Kan- YounèSf et l'autre au nord entre Qaïsarié et Ip lusseau de Yâfa. Tout cet e^ace est une plaine {ffesque unie, sans rivière ni ruisseau pendai^t l'été, mais arrosée de quelques toirents pçndaqt rjûver. Jifalgré (:ette'aridité,Iesol n'est pas inoprppre ^ 4a cultiu% : l'on peut dire même qif'il e^ fécond; car lorsque les. pluies d'biver ne manquent pas, toutes les productions vienpent en abondapce : ta ter^e, qui est noire et grasse, conserve assez d'humidité pour jiorter les grains et les l^umes à leur perfection pendant l'été. L'op y sème plus qu'aUleurs du doura, du sésame, des pastèques et des fèves; l'on y joint aussi le coton , l'orçe et le fromeut; mais quoique ce dernier soit le plus estimé ,- pp le cultive mo^Qs , parce qu'il provoque l'aTarice des commandants turks et les rapines des Arabes. En général , cette contrée est une des plus dévastées de la Syrie, parce qu'é-
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tant propre à la cavalerie, et adjacente au désert^ elle est ouverte aux Bédouins, qui n'aiment pas lesmontagues; depuis long-temps ils la disputent k toutes tes puissances qui s'y sont établies : ifs sont parvenus à s'y faire céder des terrains , moyennant quelques redevances, et de là ils infestent les routes, au point que J'en ne peut voyager en sûreté depuis Gaze jusqu'à Acre. Ils auraient même pu la posséder tout entière, s'ils eussent su profiter de leurs forces : mais, divisés entre eux par des intérêts et des querelles de familles, ils se font à eux-mêmes la guerre qu'ils devraient faire à leur ennemi commun , et Ib perpétuent leur impuissance par lèlir anarchie, et leur pauvreté par leur brigandage.
La Palestine , ainsi que je l'ai dit , est un district indépendant de tout pacfaalic. Quelquefois elle a eu des gouverneurs propres, qui résidaient à Gaze avec le titre de pacha; mais dans l'ordre habituel, qni est celui de ce moment, elle se divise en trois apanages ou meliâné, à savoir, Yâfa^ Loùdd et Gaze. Le premier est au profit de la sultane ouâldé mère :\e capilan pacha a reçu les deux autres en récompense de ses services, et en paiement de la tète de Dâher. Il les afierme à un aga qui réside à Ramlé, et qui hii en paie 21 5 bourses; savoir, 180 pour Gaze et Réunie, et 35 pour Lohdd.
- Yâjà est tenu par un autre aga qui en rend
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I ao bourses à la sultane. Il a pour s'iademnisw tous les droits du miri et de capîtation de cette ville et de quelques villages voisins ; mais l'article principal de son revenu est la douane , qu'il perçoit sur les marchandises qui entrent et qui sortent; elle est assez conùdérable, parce que c'est à ¥^i qu^abordent, et les rtz que Damiette envoie à Jérusalem, et les marchandises d'un petit comptoir français établi à Ramié , et les pèlerins deMorée, de Constantinople , et les denrées de la côte de Syrie : c'est aussi par cette porte que sortent les cotons filés de toute la Palestine, et les denrées que ce pays exporte sur la côte. Du reste, la puissance de cet aga se réduit à une treotaine de fusiliers à pied et à cheval , qui suiBsent i peine à garder deux mauvaises portes, et k écarter les Arabes.
Gomme port de mer et ville forte, ¥â/a n'est rien ; mais elle possède de quoi devenir un des Ueux les plus intéressants de la côte, à raison de deux sources d'eau duuce qui se trouvent dans son enceinte sur le rivage de la mer. Ces sources ont été une des causes de sa résistance lors des dernières guerres. Son port, formé par une jetée, et aujourd'hui comblé, pourrait être vidé et recevoir une vingtaine de bâtiments de 3oo tonneaux. Ceux qui arrivent présentemeut, sont obligés de jeter l'ancre en mer, à près d'une lieue du rivage; ils n'y sont pas en sûreté , car le fond est un banc