‹ ŒuvresChapitre 29 sur 62 · L:N,-z..[jvGoOgIc · texte numérisé non relu

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de rodie et de corail qui s'«Ceiid jusqu'en £ïce de Gaze.

ÂTaat les deux derniers sièges, cette ville était une des plus agT<éables de la côte. Ses environs étaient couverts d'u&e forêt d'orangers, de limo* niers, de cédrats , de pdnçires et de palmiers , qui ne commencent que là à porter de bons fruits(i). Au delà) la Campagne était r^apUe d'oliviors grands cotnme des noyers; mais les Mamlouks ayant tout coapé, pour le plaisir de couper, oU pour >9« chaufjer, Yâ£a a perdu la plupart de ses avantages et de ses agréments; heureusement l'on n'a pu lui enlever les eaux vives qui arrosent ses jardins, et qui ont déjà ressuscité les souches , et fiùt renaître des rejeti>ns.

A trois Ueues à l'est de Yaiâ, est le village de Lohddf jadis Lydda et Diospolis; l'aspect d'un lieti oiî Tennemi et le feu viennent de passer, -est précisément celui de ce village. Ce ne sont que masures et décombres, depuis les huttes des habitants jusqu'au tereiî ou palais de l'aga. Cependant il se \ÀeD.i à Loùdd , une fois la semaine , im mar^ ché où les paysans de tous les environs viennent vendre leur coton filé, l^s pauvres chrétiens qui j habitent, montrent avec vénération les ruines de l'église de Saint-Pierre , et font asseoir les étran-

(i) L'on en trouve dès Acre; mak leur fruit a peine i mnrir.

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gers 9ur une cotoniie qui servit, disent-ils, à reposer ce saint. Us montretit l'endroit où il prédiait, celui où il Msait sa prière, etc. Tout ce pays- est plein de pareilies tradiuons.. L'on n'y-fuit pas un pas, que l'on ne vous y montre des traces de quelqup apôtre, de quelque Marlyp, de quelque -vierge ; mais quelle foi ajouter à ces traditions, quand l'expérience constata que les évé*iiements d'AH-bek et de Diber sont déjà contesté^ et confondus!

A un tiers de H«ie fty sud de Loùdd, par une route bordée de nopals, est Ramlé, l'ancienne jârimathia. Cette ville est presque aussi ruinée que Z,oâc2(j même. On ne marche dans son enceinte qu'à travers des décombres'; faga de Gaze y fait sa résitlence dans un ser» dont les plan» chers s'écroulent avec les murailles. Pourquoi, disais-je un jour à un de ses sous-agas, ne répare^ t-il pas au moins sa chambre ? Et s'il est supplanté l'année prochaine , répondii-il, qui lui rendra sa dépense? Une centaine de cavaliers et autant de Barbaresques qu'il entretient, sont logés dansanf vieille église chrétienne, déni la nef Sert d'«curie, et dans un atncie» khan , que les scorpions rieur disputent. La campagne àiiz eutiVons est plantée d'oliviers superbe^, disposés en quinconce. La plupart sont grands comme des noyers de France ; mais journellement ils dépérissent par vétusté, par les ravages publics, et même par des délits

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secrets : car dans ces cantons , lorsqu'un paysan a un ennemi, il vient de nuit scier ou percer les arbres à fleur de terre ; et la blessure, qu'il a soin de recouvrir, épuisant la sève comme un cautère, rolivier périt de langueur. En parcourant ces plantations, on trouve à chaque pas des puits secs, dés ôtemes enfoncées, et de vastes réservoirs voûtés, <pii prouvent que jadis la ville dut avoir plus d'une lieue et demie d'enceinte. Aujourd'hui, à peine y compte-t-on aoo Ëunilles. Le peu de terre que cultivent quelques-unes, appartient au mofti, et à deux ou trois de ses parents. Les ressources des autres se bornent à filer du coton, qui est enlevé en grande partie par deux comptoirs français qui y sont établis. Ce sont les derniers de cette partie de la Syrie; il n'y en a ni à Jérusalem, ni à YâCa. On fait aussi à Ramlé du savon, qui passe presque tout en Egypte. Par un cas nouveau, l'aga y a fait construire en 1784 le seul moulin à vent que j'aie vu en Syrie et en Egypte, qumque l'on (Use ces machines originaires de ces pays; et il l'a fiit sur le dt^in et sous la direction d'an chaipentier vénitien.

La seule antiquité remarquable de HanUéi est le minaret d'une mosquée ruinée, qui se trouve sur le chemin de Yâ/a. L'inscription arabe porte qu'il fut bâti par Scdf-el-Dln , sultan d'Egypte. Du sommet, qui est très-élevé, l'on suit toute la chaîne des montagnes qui vient de Nâblous, côtoyant la

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plaine, et qui va se perdre dans le sad. Si l'on puvout't cette plaine jusqu'à Gaze, on rencontre d'espace en espace quelques villages mal bâtis en terre sèche, qui, coninie leurs habitants, portent l'empreinte de la pauvreté et de la misère. Ces nuisons, vues de près, sont des huttes tantôt isolées, et tantôt rangées, en forme de cellules, autour d'une cour fermée par tjui mur de tetre. Les femmes y ont, comme partout, un logement séparé. Dans l'biver, l'appartement habité est celui même des bestiaux; seulement la partie où l'on se tient^ est élevée de deux pieds au-dessus du sol des animaux. Ces paysans en retirent l'avantage d'être chaudement san& brûler de bois; et cette économie «st indispensable dans un pays qui en manque absolument. Quant au feu nécessaire pour cuire leurs aliments , ils le font avec de la fiente pétrie en forme de gâteaux, que Ton fait sécher au soleil, en les appliquant sur les murs de la hutte. L'été, ils ont un autre logement plus aéré, mais dont tous les meubles consistent pareillement en une natte et un vase à boire. Les environs de ces villages sont ensemencés , dans la saison , de grains et de pastèques; tout le reste est désert et livré aux Arabes-Bédouins qui y font paître leurs troupeaux. A chaque pas l'on y rencontre des ruines de tours, de donjons, de châteaux avec des fossés; quelquefois on y trouve pour garnison un lieutenant de ^'aga', avec deux ou trois Barbares-

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ques qui n'ont que la chemise et le fusil; plUs Âouvent ils sont abandonnés aux chacals, aux hiboux et aux scorpions.

Parmi'Ies lieux habitésy on peut distiognep le village de Bfesmîê, à qu*tre.li^as de Ramii, sur la route de Gaze; il founiit beaucoup de cotons filés. A une petite lieue de là à l'orient «st.tmè colline isolée , appelée par cette raisoit el-Tell} c'est le chef -lieu de la tribu des Ouéêdihié, dont était chaik Bakir^ que l'aga de.Gaee aseas^aa, it j a troiâ ans 4 à un repas où il l'avait invité. On trouve , sur cette hauteur y des débris ooilsidéra-' blés d'habitations, et dessonlerraiDS tels qu'en «ffrent les fortiScations du moy«n âge. Ce lieu a d6 éffe redièrché en tout ten>ps, pour son escMpenient et pour lasouroe qui est à ses pieds. Le ravin par lequel elle coule , e^ le mèoie . qui va se perdre près SA^<^âîan. A l'est, le teirain est rocailleux et cependant parsemé de sapins ., d'olivàers et d'autres arbres. Bait-dfibrinti Bethagabns dans l'antiquité, est un village habité qui n'en «st éloigné que de trois petits quarts de lieue dan&le sud; A'sept heures de là, en tipant-vevs lesodnduest^ uà autre -village de Bédouins, appeté le Scsi, a^ dans son voisinage, une colline kcttce et carrée^ dont la hauteur passe soixaatedix pieds, sur cent cinquante pas de large et denx cents de long. Tout son talus a été pavé, et 90a sommet porte encore des traces d'une dtadelle très-forte.

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En jeK^prochaat de la ner^ à trois lieu«a de Ram)^, sur la routedeGaee, e&tyain^,qui dins l'antiquité fut laautia. Ce village n'a de remarquable qii'uDâ hauteur factice, comme celle du JÏAfi, «tua petit ruisseau, le seul de ces cantons . qui ne tarisse pas en été. Son cours total n'est pas de pins d'une lieue et demie; avant de se perdre à la m«r/il îaraïf. un marais appelai Roubin^ où ctes paysans avaient étabU, il y a cinq ans, une cbltffrede camies à sucre qui promettait les, plus gtaAds succès ; mais dés la seconde récolte , l'aga exigea une contribution qui les a forcés de déserter. '.

Apr^s Yabtté , l'on rencwitre successivement diverses TUiiies, dont la plus considérable est Ezdoubi, ravM^eiine Azot , célèbre en ce m<Mneat pour ses scorpions. Cette ville, puissante sous les Phi-i listins, n'a:plufi rien qui atteste son ancienne activité. A trois lieues d'Szdoub est le village' d'eA fftaj'dni, oh l'on -file' les plus beaux ootona de la Pidestiue^'qbi cependant sont très-goossierSi Sob ht droite est ^iqaléti, dont les- raines, désertes f^ëk>ignenc<de>jiQuretijourde ta mer, qui jadis Ie« baigittaitJToAte'fceité oôtes'ensaMe joucnelleniènË, àio'pbitttqqola^plupiirt de8:lilBux qui ont été des poV^â^si'antiijuité-'scart rbtàntfàiaai reculés dé qd«trè> o'w<àaL({- cents' pas dans les terres; Gaze en' ede>un «Hempie que l'm peatcitm'. , GÀWjCim'lhfitahKS-iipf'AibntAàezë, en

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grasseyant forteinent IV, est un composé de trois villages, dont l'un, sous le nom de château, est situé au milieu des deux autres sur une colline de médiocre élévation. Ce château, qui put être fort pour le temps où il fut construit, n'est maintenant qu'un amas de décombres. Le serai de l'aga, qui en fait parde, est aussi ruiné que celui de Ramlé; mais il a l'avantage d'une vaste ■ perspective. De ses murs, la vue embrasse et la mer, qui en est séparée par une plage de sable d'un quart de lieue, et la campagne, dont les dattiers et l'aspect ras et nu à perte de vue rappellent les paysages de l'Egypte : en effet, à cette hauteur, le sol et le climat perdent entièrement le caractère arabe. La chaleur, ta sécheresse, le ▼ent et tes rosées y sont les mêmes que sur les bords du Nil ; et les habitants ont plutôt le teint, la taille, les mœurs et l'accent des Égyptiens, que des Syriens.

' I^a position de Gaze, en la rendant le moyen de communication de ces deux peuples, en a fait 4e. tout temps une ville assez importante. Les ruines de marbre blaoc que l'on y trouve encore quelquefois, prouvent que jadis die fut le séjour du luxe et de l'opulence : elle n'était pas indigpe de ce choix. Le sol noirâtre de son tenitoir^ est très-fécond, «t ses jardins, arcosés. d'^ux vives, produisent même encwe, saiis aucun art, des grenades »> des tMrai^ea, des dattes exquises ,

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et des ognoDs de renoncules recherchés jusqu'à GoDstantînople. Mais elle a participé à la décadence générale; et, malgré sou titre de capitale de la Palestine , elle n'est plus qu'uu bourg sans défense , peuplé tout au plus de deux mille âmes. L'industrie principale de ses habitants consiste à febriquer des toiles de coton ; et comme ils fournissait eux seuls tes paysans et les Bédouins de tous ces cantons, ils peuvent employer jusqu'à cinq cents métiers. On y compte aussi deux ou trois fabriques de savon. Autrefois le commerce des cendres ou qaUs était un article considérable. Les Bédouins , à qui ces cendres ne coûtaient que la peine de brûler les plantes du désert, et de les apporter, les vendaient à bon marché ; mais depuis que l'aga s'en est attribué le commerce exclusif, les Arabes, forcés de les lui vendre au prix qu'il veut, n'ont plus mis le même empressement à les recueillir; et les habitants, contraints de les lui payer à sa taxe, ont négligé de faire des savons : cependant ces cendres méritent d'être recherchées pour l'abondance de leur soude.

Une branche plus avantageuse au peuple de Gaze est le passage des caravanes qui vont et viennent d'Egypte en Syrie. Les provisions qu'elles sont forcées de prendre pour les neuf à dix journées du désert procurent aux farines, aux huiles» aux dattes et .autres déniées, un débouché profitable à tous les h^tiala. Us ont encore quelque* ï3.

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fois des relation» avec Sitez, lors de l'arrivée ou du départ de la flotte de Djedda ^ et ib peuvent s'y rendre en trois marches forcées. Ils font amsi, chaque année, une grosse caravane qui va à la rencontre des pèlerins de la Mekke, et leur porte te convoi ou dj'erdé de Palestine, avec dcfr ràfraîr chissements. Jjr lieu de jonction est Mùâh^ à quatre jonmées au sud-sud-est de Geze, et à une journée au nord de V^qéhé, sur la route de Damas. Enfin, ils achètent les pillages des Bédouins; et cet article serait un Pérou , si les cas en étûent plus fréquents. On ne saurait apprécier ce que leur valut celui de 1757. Les deux tiers de plus de vingt mille charges dont était composé le Hadfi ' vinrent à Gaze. Les Bédouins, ignorants et a£bmés, qui ne connaissait aux plus belles étoffes qiie le mérite de couvrir, donnaient les châles- de cachemire, les toiles, les mousselines de l'Inde, les sirsakas, tes cafés, les perses et les gommes pour quelques piastres. Oii rapporte on tt-ait qui fera juger de l'ignorance et de la «mphcité de ces habitants des déserts. Un Bédouin d'Anazé ayant trouvé dans son Iiutin plusieurs sachets de perles fines, tes prit pour du douta, et les fit bouillir pour les ttianger : voyant qu'elles ne oui- * saieht point, il allait les jeter, lorsqu'un Gaaéen les lui acheta en échange d'un' bonnet roàge de Tâk. Une aubaine semblable se reneuvela em 1 779, par te pillagie qtie les Arabe» dé Tar Brent de

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cette caravaoe dmit M. de Saiat-Germaiu faisait partie. Récemment, ea 1784,1a caravane desBarbaresques, composée de plus de trots mille charges , a été pareillement dépouillée ; et le café que les Bédouins ea apportèreat devint si abondant en Palestine, qu'il diminua tout à coup de la moitié de son prix; il eût encore baissé, si l'aga n'en eût prohibé l'achat, pour forcer les Bédouins de le' lui apporter tout entier : ce monopole lui valut, Ion de l'affaire de 1779, plus de 80,000 piastres. Année e<HOfpune , çn le joignant aux avanies, au miri, aux douane, aux douze cents chaînes qu'il vole sur les trois mille du convoi de la Mekke, il se fait un revenu qui double les i8u bourses du prix de sa ferme.

Au delà de Gaze, ce n'est plus que déserts. Cependant il ne &ut pas croire, à raison de ce nom, qtie la terre devienne subitement inhabitée; l'on continue encore pendant une journée le long de la mer de trouver quelques cultures et quelques villages. Tel est encore Kân-Younès, espèce de château oà les Mamlouks tiennent 1 a hommes de gamtsoQ. Tel est encore çl-Anch, dernier endroit où l'on trouve de l'eau potable, jusqu'à ce que l'on soit arrivé à Saléhié &a Egypte .-^/-^ncA est à trràs quarts de lieue de la mer, dans un sol noyé de sables, comme l'est toute cette côte. £n rentrant à l'orient dans le désert, l'on rencontre d'atftres bandes de lerres cultivables jusque' i^

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la route de la Mekke. Ce sont des vallées où les eanx de l'hiver et de quelques puits engagent quelques paysans à s'établir, et à cultiver des palmiers et du doura sous la protection ou plutôt sous les rapines des Arabes. Ces paysanSjSéparés du reste de la terre, sont dés demi-sauvages plus ignorants , plus grossiers et plus misérables que les Bédouins mêmes : liés au sol qu'ils cultivent, ils vivent dans les alarmes perpétuelles de perdre les fruits de leurs travaux. A peine ont-ils ' feitune récolte, qu'ils se hâtent de l'enfouir dans des lieux cachés : eux-mêmes se retirent parmi les rochers qui bordent le sud de la mer Morte. Ce pays n'a été visité par aucun voyageur; cependant il mériterait de l'être; car, d'après ce que j'ai ouï dire aux Arabes de Bakir^ et aux gens de Gaze qui vont à Màdn et à Karak sur la route des pèlerins, il y a au sud-est du lac Asphaltite, dans un espace de trois journées, plus de 3o villes ruinées, absolument désertes. Plusieurs d'entre elles ont de grands édiûces avec des colonnes, qui ont pu être des temples anciens, ou tout au moins des églises grecques. I^es Arabes s'en servent quelquefois pour parquer leurs troupeaux; mais le plus souvent ils les évitent, à cause des énormes scorpions qui y abondent. L'on ne doit pas s'étonner de ces traces de population , si l'on se rappelle que ce fut là le pays de ces NetbaÛiéens qui furent les plus puissants des Arabes ; et des Idu-

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méens, qui, dans Ifi'ilemier nècle de Jérusftleni, étaient presque aussi nombreux que les Jui& : témoin le trait cité par Josèpke , qui dit qu'au bruit de la marche de Titus contre Jérusalem , il s'assembla tout d'un coup 3o,ooo Iduméens qui se jetèrent dans la ville pour la défendre. Il parait qu'outre un assez bon gouvernement, ces cantons eurent encore pour mobile d'activité et de population une branche ' considérable du commerce de l'Arabie et de llnde. On sait que, dès le temps de SalomoD , les villes A'^tsioum-Gâber etA'AîlaJi en étaient deux entrepôts très-iréquentés : ces villes étaient situées sur le golfe de la mer Rouge adjacent, où l'on trouve encore la seconde, avec son nom, et peut-être la premièi^e dans el-Aqabé ou la fin (de la mer). Ces deux lieux sont aux mains des Bédouins, qui, n'ayant ni marine ni commerce, ne les habitent point. Mais les pèlerins du Kaire qui y passent rapportent qu'il y a à el-Âqahé un mauvais fort avec une garde tiu-ke, et de bonne eau, infiniment précieuse dans ce canton. Les Iduméens, à qui les ïui& n'enlevèrent ces ports que par époques passagères, durent en tirer de grands moyens de population et de richesse. Il paraît même qu'ils rivalisèrent avec' les Tyriens , qui possédaient en ces cantons une ville sans nom , sur la côte de ÏHedjàz , dans le désert de Tih, et la ville de Faran^ et sans doute el-Tor, qui lui servait déport. De là, les caravanes pou-

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vaieAt se rend» en Palestine et ai Judée dans l'espace de Huit k dix jouvs j dette rontc » pins longue que celle de Suez an Kaire, l'eat infiniment moins que celle d'Alep k Bava, qui en dure 3S et 4o; et peat-étre, diuiis l'état actuel, serait'elle pré£érable, si la voie de l'Egypte restait absolument fermée. Il ne s'agirait que de t^ter avec les Arabes, auprès de qui les conventions suçaient infiniment plus sûres qu'avec les Mamlouks.

Le désert de Tth dont je viens de parler est ce même désert où Moïse conduisit et retint les Hébreux pendant tme génération, pour les y dresser à l'art de la guerre, et faire un peuple de conquérants d'un peuple de pasteur^ Le nom de è/-7ï& paraît relatif à cet événement, car il signifie le pays où Fon erre; mais l'on aurait tort de crtùre qu'il se K)it conservé par tradition, puisque ses habitents actuels sont étrangers, et que, dans toutes oes- contrées, l'on a bien de la peine à se ressouvenir de son grand-père ; ce n'est qu'à raison de la lecture des livres hébreux et du Qôran que le nom d'el-Tik a [wis cours chez. les Arabes. Ils emploient aussi celui de Barr*el-tonrSina, qui sigmfie pays du mont SinaS.

Ce désert, qui borne la Syrie an midi» s'étend en forme de psresqu'île entre les deux gplfes (te la mer Rouge; celui de Suez à l'ouest ^ et celui d'«A ^^o^^àl'est. Sa largeiu^ commune est de 3o lieues sur 70 de longueur; ce grand espdce est pçesqiAe

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