‹ ŒuvresChapitre 30 sur 62 · L:N,-z..[jvGoOg[c · texte numérisé non relu

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tout occupé par des monlagiM» arides qui, du tAié da nord, se joignent à celles de la Sjrie , et sont comme elles de roche «dcaire. Mais en s'avançant au midi, eUe» derienneot graniteuses, àa point que le Sinai et VHoreb ne sont que d'énormes pics de cette pierre. C'est k ce titre que les anciens appelèrent cette contrée Arabie pierreuse. La terre y est en général un gravier aride; il n'y croit que des acacias épineux, des tamariscs, des sapins, et qudques arbustes clair<semé5 et tortueux. Les sources y sont très-rares ; et le peu qu'il y en a est tantôt sulfureux et thermal, comme à Hammâm-Farâoun; tantôt saumâtre et dégoûtant, comme à El-naba en Ëice de Suex : cette qualité saline règne dans tout le pays, et il y a des mines de sel gemme dans la partie du nord. Cependant en quelques vallées, le sol plus doux, parce qu'il est formé de la dépouille des rocs, dévient, aprèÉ les pluies d'biver, cultivable et presque fécond. Telle est la vallée de Djirandel, où il se trouve jusqu'à des bocages; telle encore la vallée de Faran, où les Bédouins rapportent qu'il y a des rui> nés qui ne peuvent être que celtes de l'ancieboe ville de ce nom. Autrefois l'on put tirer' parti de toutes les ressources de oe tettaiti ( i ); mais aujour-

(i) Hiebuhr a découvert, sur une montagne , des tombeaux avec des hiéroglyphes , qui feraient croire que les Egyptiens ont eu des élabKssemeDs dans ces contrées.

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d'hui, livré à la nature, on plutôt à la barbarie, U ne produit que des herbes sauvages. C'est avec ce &ible moyeu que ce désert fait subsister trois tribus de Bédouins , qui peuvent former cinq à six nulle âmes répandues sur sa surface; on leur donne le nom général de Taouàm, ou Arabes de Tàr^ parce que ce lieu est le plus connu et le plus fréquenté de leur pays. Il est situé sur la côte orientale du bi^s de Sœz, dans uq local sablonneux et bas comme toute cette plage. Son mérite est d'avoir une assez bonne rade et de l'eau potable; et les Arabes y en apportent du Sinai, qui est réellement bonne. C'est là que les vaisseaux de Suez s'en approvisionnent en allant à Djedda; du reste l'on n'y trouve que quelques palmiers, des ruines d'un mauvais fort sans gardes, un petit couvent de Grecs, et quelques huttes de pauvres' Arabes qui vivent de poisson, et s'engagent pour matelots. Il y a encore au midi deux petits hameaux de Grecs, aussi dénués et aussi misérables. Quant à la subsistance des trois tribus, elles la tirent de letu^ chèvres, de leurs chameaux, de quelques gommes d'acacia qu'achète l'Egypte, des vols et des pillages sur les routes de Suez, de Gaze et de la Mekke. Pour leurs courses, ces Arabes n'ont pas de juments comme les autres, ou du moins ils n'en peuvent nourrir que trèspeu; ils y suppléent par une espèce de chameau que l'on appelle kedj'the. Cet animal a toute la

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DE LA STRIE. ao3

forme du chameau vulgaire; mais il eu diffère eu ce qu'il est iufiuiment plus svelte dans ses membres, et plus rapide dans ses mouvements. Le cbatneau vulgaire ne marche jamais qu'au pas, et il se balance si lentement, qu'à peine feit-il 1800 toises à l'heure; le hedjtne, au contraire, prend à volonté un trot qui, à raison de la grandeur de ses pas, devient rapide au point de parcourir deux lieues à l'heure. Le grand mérite de cet animal est de pouvoir soutenir une marche de 3o et 40 heures de suite, presque sans se reposer, sans manger et sans boire. L'on s'en sert pour envoyer des courriers, et pour faire de longues fuites. Si l'on a une fois pris une avance de quatre heures, la meilleure jument arabe ne peut jamais le rejoindre; mais il faut être habitué aux mouvements de cet animal; ses secousses écorchentet disloquent en peu de temps le meilleur cavalier, malgré les coussins dont on garnit le bât. Tout ce que l'on dit de la vitesse du dromadaire doit s'appliquer à cet animal. Cependant il n*a qu'une bosse; et je ne me rappelle pas, sur aS à 3o,ooo chameaux que j'ai pu voir en Syrie et en Egypte, en avoir vu un seul à deux bosses.

Un dernier article plus important des revenus des Bédouins de Tôr est le pèlerinage des Grecs au couvent du mont Sinal. Les schismatîques ont tant de dévotion aux reliques de sainte Catherine ' qu'ils disent y être , qu'ils doutent de leur salut

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