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C'est alors qu'on vit pour la première fois daiiâ Acre ces petits hommes secs et brûlés , extraordinaires même aux Syriens. Il leur donnait des armes et des vêtements : pour ta première fois ans» le désert vit ses habitants porter des culottes, et au lieu d'arcs et d'arquebuses à mèche, prendre* des fusils et des pistolets.
Depuis quelques années , les Motouâiis inquiétaient les pachas de Saide et de Damas, en pillant leurs terres et en refusant le tribut. Dâher, concevant le parti qu'il pouvait tirer de ces alliés , intervint d'abord comme médiateur dans les démêlés : puis , pour accommoder les parties , il ofiErît d'être caution des Motouâiis, et de payer leur tribut. Les pachas qui assuraient leur fonds, acceptèrent, et Dâker ne crut pas faire un marché de dupe, eu s'assurant l'amitié d'un peuple qui pouvait mettre dix mille cavaliers sur pied.
Cependant ce chaik ne jouissait pas tranquillement du fruit de ses travaux. Pendant qu'il avait à redouter au dehors les attaques d'un suzerain jaloux , son pouvoir était ébranlé à l'intérieur par des. ennemis domestiques, presque aussi dangereux. Suivant la mauvaise coutume des Orientaux, il avait donné à ses enfants des gouvernements, et les avait placés loin de lui dans des contrées qui fournissaient à leur entretien. De cet arrangement il résulta que ces chaiks se voyant enfants d'un grand prince, voulurent tenirun état proportionné:
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les dépenses excédèrent les revenus. Eux et leurs agents vexèrent tes sujets : ceux-ci se plaignirait à Dâher, qui gronda; les flatteurs envenimèrent les deux partis. L'on se brouilla, et la guerre éclata entre le père et les enfants. Souvent les frères se brouîlUûent entre eux : autre sujet de guerre. D'ailleurs le chaik devenait vieux ; et ses enfants , qui calculaient d'après un terme ordinaire ^ voulaient anticiper sa successioti. Il devait laisser tin héritier principal de ses titres et de sa puissance : chacun briguait la préférence, et ces brigues étaient un sujet de jalousie et de dissension. Par une politique rétrécie , Ddher favorisait la discorde : elle pouvait avoir l'avantage de tenir ses milices en haleine, et de les aguerrir; mais outre que ce moyen causait mille désordres , il eiit encore l'inconvénieiit d'entraîner une dissipation de finances qui força de recourir aux expédients : il fallut augmenter lesddbanes; le commerce surchargé se ralentit. Enfin ces guerres civiles portaient aux récoltes une atteinte toujours sensible dans un état aussi borne.
D'autre part, le divan de Constantinople ne voyait pas san» chagrin les accroissements de Dàker; et les intentions que ce chaik laissait percer, excitaient encore plus ses alarmes. Elles prirent une nouvelle force par une démande qu'il forma. Jusqu'alors il n'avait tenu ses domaines qu'à titre de fermier, et par bail annuel. Sa vanité s'ennuya