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CHAPITRE XIV

Des artisans , des marchands et dn commerce.

J iA'clas5e qui fait valoir les denrées en les met- 'tant en œuvre ou en circulation, n'est pas si maltraitée que celle qui les procrée : la raison en est que les biens des artisans et des marchands, consistant en efiets mobiliers, sont moins soumis aux r^ards du gouvernement que ceux des paysans; en outre, les artisans et les marchands, rassemblés dans les villes,. échappent plus aisément, par leur foule, à la rapacité de ceux, qui commandent. C'est là uqe^les causes principdes de la population des villes dans la Syrie, et même dans toute la Turkie : tandis qu'en d'autres pays les villes sont en quelque sorte le regoi^ement des campagnes, là elles ne sont que l'effet de leur d^ertion. Les paysans chassés de leurs villages, tiennent y chercher un refuge; et ils y trouvent

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la tranquillité, et même l'aisance. Les pachas veillent avec d'autant plus de soins à cedeniier article, que leur sûreté personnelle en dépend; car, outre les effets iaunédiats d'une sédition qui pourrait leur être funeste, la Pente ne leur pardonnerait pas d'eiposer son repos pour le pùn du peuple. Ils ont donc soin de tenir les vivres k btin marché dans les heux considérables, et surtout dans celui de leur résidence : s'il 7 a disette, c'est toujours là qu'elle se fait le moins sentir. En pareil cas ils prohibent toute sorte de grains, ils obligent, sous peine de mort, quiconque en possède de le vendre au prix qu'ils y mettent; et si le pays en manque absolument, ils en envoient cfaerdier au dehors , comme il uTiva à Damas en . novembre 1 78 j. Le padvi mit dçs gardes sur toutes les routes, permit aux Arabes de piller tout chargement qui sortirait du pays, et envoya ordre dans le Hauran de vider toutes les matmoures ; en sorte que, pendant que les paysans mouraient de &im dans tes villages, te peuple de Damas ne payait le pain que deux paras (deux sous et demi ) la livre de France , et croyait le payer très'cher; maïs comme dans la machine politique nul ressort n'est indépendant, l'on n'a point porté de-s atteintes funestes à lacuhuTe,sansqueles aris et le commerce s'en soient ressentis. Quelques détails sur cette partie vont faire juger si- le gouvernement s'en occupe plus que des autres.

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Le commerce en Syrie, considéré dans la manière dont il se pratique, est encore dans cet état d'eiiiance qui caractérise les siècles barbares et les pays Don policés. Sur toute la côte, il n'y a pas un seul port capable de recevoir un bâtiment de 400 tonneaux, et les rades ne sont pas même assurées par des forts; les corsaires maltais profltaient autrefois de cette négligence pour faire des prises jusqu'à terre; mais comme les habitants rendaient les négociants européens responsables des accidents, la France a obtenu de l'ordre de Malte que ces corsaires n'approcheraient pli}s jusqu'à la vue de terre ; en sorte que les naturels peuvent faire tranquillement leur cabotage, qui est assez vivace depuis Lataqié jusqu'à Yâfa. Dans l'intérieur, il n'y a ni grandes routes ni canaux, pas même de ponts sur la plupart des rivières et des torrents , quelque nécessaires qu'ils fussent pendant l'hiver. Il n'y a de ville à ville ni poste ni messagerie. Le seul courrier qui existe est le Tartare qui vient de Constantinople à Damas par Alep. Ce courrier n'a de relais que dans les grandes villes, à de trèsgrandes distances; mais il peut démonter en cas de besoin tout cavalier qu'il rencontre- Il -mène, selon l'usage des Tartafes, un second cheval en main, et souvent il a un compagnon, dé peur d'accident. De ville en ville les relations s'exécutent par des voituriers qui n'ont jamais de départ fixe. La raison en est qu'ils ne peuvent se mettre

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en chemin que par troupes ou cartwanes; ptr^ sonne ne voyage seul , tu te peu de sûreté, habituelle des routes. li faut attendre que plusieurs - voyageurs veuillent aller au même endroit, ou profiter du passage de quelque grand qui se fait protecteur, et souvent oppresseur de la caravane. Ces précautions sont surtout nécessaires dans les pays ouverts aux Arabes, tels que la Palestine et toute la frontière du désert, et même sur la route SAlep à Skaridarouny à raison des brigands kour-i des. Dans les montagnes et sur la côte entre Lataqîé et le Carmel, l'on voyage avec plus de sûreté ; mais les chemins dans les montagnes sont trèspénibles, parce que les habitants, loin de les adoucir, les rendent scabreux, afin, disent-ils, d'ôter aux Turks Tenvie d'y amener leur cavalerie. H est remarquable que dans toute la Syrie, l'on ne voit pas un chariot ni une diarrette; ce qui vient sans doute de la crainte de les voir prendre par les gens du gouvernement, et de faire d'un seul coup une grosse perte. Tous les transports se font à dos de mulets, d'ânes ou de chameaux; ces animaux y sont tous excellents. Les deux premiers sont plus employés dans les montagnes, et rien n'égale leur adresse à grimper et glisser sur des talus de roc vif. Le chameau est plus usité dans les plaines, parce qu'il consomme moins et porte davantage. Sa charge ordinaire est d'environ 760 livres de France. Sa nourriture est de tout

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ce que l'on veut lui donner, paille, broussailles, noyaux <le dattes piles, fèves, orge, etc. Avec une livre d'aliments, et autant d'eau par jour, on peut le mener des semaines entières. Dans te trajet du Caire à Suez , qui est de 4o à 4^ heures ( y compris tes repos), ils ne mangent ni ne boivent;

* mais ces diètes répétées les épuisent comme tous les animaux : alors ils ont une haleine cadavéreuse. Leur marche ordinaire est très-lente, puisqu'ils ne

' font que 17 à 1:800 toises à l'heure : il est inutile de les presser, ils n'en vont pas plus vite; ils peuvent, avec des pauses, marcher iS et 18 heureii par jour. Il n'y a d'auberges en aucun lieu; mais les villes et la plupart des villages ont uu grand bâtiment appelé ikan , ou kervan-seraï^ qui sert d'asile à tous les voyageurs. Ces hospices, toujours placés hors l'enceinte des villes, sont composés de quatre ailes régnant autour d'une cour carrée qui sert de parc. Les logements sont des cellules où l'on ne trouve que les quatre mura, de la poussière, et quelquefob des scorpions. Le gardien de ce khan est chargé de donner la clef et une natte : le voyageur à dû se fournir du reste; ainsi il doit porter avec lui son lit, sa batterie de cuisine, et même ses provisions; car souvent l'on ne trouve pas de pain dans les villages. En conséquence les Orientaux donnent a leur attirail la plus grande simplicité et la forme la plus portative. Celui d'un homme qui ne veut manquer de

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rien, consiste en lui tapis, un matelas, (me coij" veiture , deux casseroles avec leurs couvercles, eotraot les uns dans les autres; plus, deux plats, deax assiettes et une cafetière-, te tout de cuivre bien étamé; plus, nue petite boite de bois pour le set et le poivre; six tassés à café sabs anses, emboîtées dans un cuir; une table ronde en cuir, ' que ToD pend à la selle du cbeval; de petites outrès ou sacs de cuir pour l'buile, le beiirre fondu, l'eau et l'eau-de-vie, si c'est un chrétien; enfin une pipe , un btiquet, une tasse de coco , du riz , des raisins secs, des dattes, du fromage de Cypre, et surtout du café en grain, avec la poélette pour le rôtir, et le mortier de bois pour le piler. Je cite ces détails parce qu'ils prouvèlit que les Orientaux sont plus avancés que nous dans l'art de se passer de beaucoup de choses, et cet art u'e^ pas sans mérite. Nos négociants européens ne s'accommodent pas de tant de simplicité; aussi leurs voyages sont-ils tj-ès-dispendieux, et par cette taison très-rares; mais les naturels, même les plus riches, ne font pas difficulté de passer une partie de leur vie de cette manière sur les routes de Bagdad, de fiasra, du Kaire, et même de ConStelntinople. Les voyages sont leur éducation , leur science, et dire d'un homme qu'il est négociant , c'est dire qu'il est voyageur. Ils y trouvent l'avantage de puiser leurs marchandises aux premières sources, de les avoir à meilleur marché, de veiller à leur

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sûreté en tes escortant, de parer aux acvâdents qui peuvent arriver, et d'obtenir quelques grâces sur les péages qui sont multipliés i enfin, iL ^prennent à conn^tre les poids et les mesuces, dont Textréme diversité rend leur art trèâ-compliqué. Chaque ville a son poids qui, avec un même nom , diffêre en valeur de celui d'une autre. Le rod d'Alep pèse environ six livres de Fftris; celui de Damas, cinq un quart; celui de Saide, moins de cinq; celui de Ramlé, près de sept. Le seul derhem, c'est-à-dire, la dmgme, qui est le premier élément de ces mesures, est le même partout. Les mesures longues varient moins : l'on n'en coniuùt que deux, la coudée égyptienne {dràà M€uri), et la coudée de Constantinoplé (drdà StambouU). Les monnaies sont encore plus fixes, et l'on peut parcourir tout l'empire, depuis Kotchim jusqu'à Mouan, sans changer d'espèces. La plus simple de ces monnaies est le para y appelé aussi medin, /àdda, qata, mesrié; il est de la grandeur d'une pièce de six sous, et ne vaut que cinq de nos liards. Après le para, viennent successivement les pièces de cinq , de dix et de vingt jMim«,- puis'la 2oia£ei( ou iz/ote, qui en vaut trentela piastre, dite fenA asadi, ou piastre au Uon qui vaut 4o paras, ou 5o sous de France; c'est la plus usitée dans le commerce : enfin VabouAelb ou piastre au chien , qui vau 1 60 paras. Toutes ces monnaies sont d'argent tellement allié de cuivre, n. ,7

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que Vaboukelb a la grandeur d'un écu de six livres, quoiqu'il ne vaHIe que 3 livres i5 sous. Elles ne portent point d'effigie, selon la défense du Prophète , mais seulement le chiflre du sultan d'un côté , et de l'autre ces mots : Sultan des deux continents Kâèân (i) (c'est-à-dire Seigneur), <ie* déùxmers, le Sultan, Jils du SuItanN, frappé à jîbim^b/CConstantinople), ou à Masr ( le Kaire), qui sont les deux seules villes où l'on batte monnaie. Les pièces d'or sont te sequin, dit dahab-, c'est-A-dire» pièce d'or; et encore zahr-mahaboi^i,' ou ^ùr. èien-aimée : il vaut trois piastres de 4o paras, ou sept livres dix sous; le demi-sequin ne vaut que €o paras. Il y a encore un sequin àit/bndpu^i, qui en vaut 170, mais il est trèsrare. Outfe ces monnaies, qui sont celles de t'^npire, il y a aussi quelques espèces d'Europe qui n'ont pas moins de cours; ce sont en argent les dablers d'Allemagne, et en or lessequins de Venise. Les dahlers valent en Sjrrie 90 à 9a paras, et les sequins ao5 à aod. Ces deux espèces gagnent huit à dix paras de plus en Egypte. Les sequins de Venise sont très-recherchés pour la finesse de leur titre, et pour faire des panu^s aux femmes. La façon de ces parures n'exige pas beaucoup d'art; il s'agit tout simplement de percer la pièce

' (1) Kâbân est its tenue tartare.

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d'or, pour l'attacher à uoe chaîne également d'or qui règne en rivière sur la poitrine. Plus cette chaîne a de sequins, plus il y a de pareilles chaînes, plus" une femme est censée parée. C'est le luxe Stvori et l'émulation générale : il n'y a pas jusqu'aux paysannes qui , faute d'or, portent des piastres ou de moindres pièces; mais les femmes d'un certain rang dédaignent l'argent; elles ne veulent que des sequios de Venise, ou de grandes pièces d'Espagne et des cruzades : telle d'entre elles en porte deux et trois cents, tant en rivière qu'eu rouleau couché sur le front, au bord du bonnet : c'est un vrai fardeau ; mais elles ne croient pas payer trop cher le plaisir d'étaler ce trésor au bain public, devant une foule de rivales, dont la jalousie même est une jouissance. L'effet de ce luxe sur le commerce , est d'en retirer des sommes considérables , dont le fonds reste mort ; en outre , lorsqu'il rentre en circulation quelques-unes de ç.es pièces, comme elles ont perdu de léiir poids en les perçant, il faut les peser. Cet usage de peser la monnaie est habituel et général en Syrie, en Egypte et dans toute la Turkie. L'on n'y refuse aucune pièce, quelque dégradée qu'elle soit; te marchand' tire ■ son trébuchet et l'estime : c'est comme au temps d'Abraham , lorsqu'il acheta son sépulci'e. Dans les paiements considérables, l'on fait venir un agent de change, qui compte des milliers de paras, rejette beaucoup de pièces faus- '7-

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ses, et pèse tous les sequîns ensemble ou l'un après l'autre.

Presque tout te commerce de Syrie est entre les mains des Francs, des Grecs et des Arméniens. Ci-devant il était dans celles des Juifs : les Musulmans s'en mêlent peu, non qu'ils en soient détournés par esprit de religion , ou par nonchalance, comme root cru quelques politiques, mais parce qu'ils y trouvent des obstacles suscités par le gouvemement : fidèle à son esprit , la Porte , au lieu de donner k ses sujets uue préférence marquée , a trouvé plus lucratif de vendre à des étrangers leurs droits et leur industrie. Quelques états d'Europe, en traitant avec elle, ont obtenu que leurs marchandises ne paieraient de douane que trois pour cent, tandis que celles des sujets turks paient de rigueur dix, ou de grâce sept pour cent ; en outre, ta douane, une fois acquittée dans un port , a'est plus exigible dans un autre pour des Francs , et elle l'est pour les sujets. Enfin les Francs ayant trouvé ccmimode d'emj^oyer comme agents les chrétiens latins, ils ont obtenu de les faire particq>erà leurs privilèges, et ils tes ont soustraits au pouvoir des pachas, et à la justice turke. On ne peut les dépouiller , et si l'on a un procès de commerce avec eux, il faut venir le plaider devant le consul européen. Avec tant de désavantage, est-il étonnant que les musulmans cèdent le commerce à leurs rivaux ? Ces ag^its des

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Francs sont conims en Levant sous le nom de ^irogTnonrittrcau'ref, c'est-à-dire, d'âtterprètes (}) priaiUgiés. \j» barat o<& prifilêge est im« patente dont le suttam fait ^n^etit aax ambassadenvs résidants à la Porte. Ci-deTODC ees ambassadevirs en faisaient présem à letir tour ài des sivfets choisis dans ctàatpie comptoir; m^ depuis ao ans, on leur ■ fait oomprendre <pi'il itaiA pins tucvatif de les vendre. Le prix actuel est de ànq à sis milU livres; chaque ambassadeur eu a 5o, qui se renouvellent à la mort de chaque titulaire, ce qui forme un casuel assez conâidérable.

La nation d'Europe qui fait le plus grand commnce en Syrie , est la française. Ses importations consistent en cinq articles principaux, qui sont, t'* les dvaps de Languedoc; 1° les cochenilles qui se tirent de Cadix; S° les indigos; 4° ^» sacres; et 5° les c^s des AnttHes , qui ont pria feVeur diez les Turks, et qui servent à mélanger ceux d'Arabie, plus estimés, mais trop ehers. A ces objets, i} faut ajouter des quincaiNeries, dte fers fondus, du plomb es laraes, de Pétain, quelques galons de L^son, quelques savons, etc;

Les retours' consistent presque entièrement en

(i) Interprète se dit en arabe terjijejnan, dont nos anciens, ont fait truchement; en ^ypte on te prononce tergoman ; et les Vénitieqs en ont fait dragomano , qiri nous est revenu t'a

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cotoBS, sdit filés, soit en laiae, soit ouvrés en' toiles assez grossières ; en quelques soies de Tripoli, les antres sont prohibées; en noix de galle, en cuivre et en laines qui viennent du dehors de la Syrie. Les comptoirs où échelles (i) des Franç<ùs sont au nombre de sept, savoir : Alep, Skandaroun, Lataqîé, Tripoli, Saide, Acre et Ramlé. La somme de leurs .importations se monte à

6,000,000 savoir :

Pour Âlep et Skandaroun, 3,ooo,ooo

Pour Saide et Acre, a,ooo,ooo

Pour Tripoli et Lataqîé, 4oo,ooo

£t pour Ramlé, 600,000

Total 6,000,000

Tout ce commerce s'exploite presque uniquement par la ville de Marseille. Ce n'est pas qu'il ne soit permis à nos autres ports de la Méditerranée et même de l'Océan, d'expédier des vaisseaux en Levant ; mais l'obligation où ils sont à leur retour de relâcber au lazaret de Marseille pour y. faire quarantaine, en leur raidant cette permission onéreuse , la rend inutile. La province de lânguedoc, où se fabriquent les draps qui font

(i) Ce bizarre nom SéehetUs est venu chez les Provençaux de l'italien scala, qui lui-même vient de l'arabe Xaila , signifiant on lieu propre à recevoir des vaisseaux, une rade, «n havre. Aujourd'hui ^ naturels disent, comme les Itali^is, scata , roda.

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la base de notre exportation, a de tout temps sollicité l'avantage d'avoir aussi un lazaret pour traiter directement avec la Turkie ; m^ le gouvernement s'y est toujours r^usé, par la crainte d'ouvrir plusieurs portes k un fléau aussi terrible que la peste. Il refuse également aux étrangers, et mône aux naturels de Turkie, de débarquer leurs marchandises à Marseille , à moins de pay^* un droit de vingt pour cent. Cette exclusion avait été levée en 1777, d'après plusieurs moti& raisonnés, dont l'ordonnance rendait compte ; mais les négociants de Marseille ont tellement réclamé, que les choses sont remises sur rancien pied depuis le mois d'avril i-j95. C'est à la France à discuter ses intérêts à cet égard. Considéré par rapport à l'empire turk , l'on peut assurer que sou commerce avec l'Europe et l'Inde lui est plutôt nuisible qu'avantageux. En effet, les objets que cet étax exporte étant tous des matières brutes et non ouvrées, il se prive de tous les avantages qu'il aurait à les faire travailler par ses propres sujets. En second lieu, les marchandises qui viennent de l'Europe et de l'Inde étant des objets de pur luxe, elles n'augmentent les jouissances que de la classe des riches , des gens du gouvernement, et ne servent peut-être qu'à reudre plus dure la condition du peuple et des cultivateurs. Sous un gouvernement qui ne respecte point les propriér tés, le désir de multiplier les jouissances doit

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irciter la cupidUé H redoubler le» rexatiotu. Pour avoir pita de draps, de fanmires, de galfloi», de sucre, de châles et d'mdteDnes, il fimt [dus d'argent, plus de cotnQ, plus de Sfùes, plus (fextor- &k»ia. IL a pu COI résulter un avantage instantané aux états qui ont fourni les objets de ce luxe ; mais la sur^wudance du présent n'a-t-elle pas été prise sur l'amiice de Favenir? Et peut-on espérer de bve Itmg-temps nn «Humerce vicbe avec un pays qui se rqine?

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