‹ ŒuvresChapitre 41 sur 62 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

i iES arts et tes métiers en Syrie donneut lieu à pinceurs coasidérattona. i" Leurs espèces sont in~ finiineot moin» ncmbreuses que parmi notis; à peine en peufr-on compter plus d'une vingtaine, même en y comprenant ceux de promise nécessité. D'abord iat religion de Mabemel ayant proscrit toute image et toute %ure , il n-'existe lii peintuBo, ni ficulpCtire, ni grarure, ni orite ibuk de jnétiers qui en dépendent. Les chrétiens sont les seuls qui, pour l'usa^ de leurs égiises, achètent qtwlques tableaux faits à' Constantinople par du

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DE LA. SYRIE. l65

Grecs qui , pour le goût , soot de vrais Turks. En second lieu , une foule de nos métiers so trouvent supprimés par le petit nombre de meubles usités chez les Orientaoï. Tout l'inventaire d'une riche niaîs4»i consiste en tapis de pied, en nattes, en coussins , en matelas , quelques petits draps de coton , des plateaux de cuîvrt ou de bois qui servent de table; quelques casseroles, un mortier, une menle portative, quelques pravelaibea, et quelques assiettes de cuivre étamé. Tout notre attirail de ta^âsseries , de bois de lits , de chaises , de fauteuils, de glaces, de secrétaires, âe commodes, d'armoires; tout notre buffet avec son arçenterie et son service de table; en un mot, toute notre menuiserie et ébënisterie y sont des choses ignorées, en sorte que rien n'est 9i facile que le délogement d'un ménage tui^. Pocoke a pensé que la raison de ces usages venait de la vie errante qui fiit la première de ces peuples; mais depuis le temps qu'ils se sont rendus sédentaires, ils en ont dû oublier Fesprit; et Ton doit plutôt en rapporter la cause au gouvernement, qui ramène tout au strict nécessaire. Les vêtements ne sont pas phis compliqués, quoiqu'ils soient bien plus dispendieux. On ne connaît ni diapeaux, ni perruques, ni frisures, ni boutMis , ni boucles , ni cols , nt dentelles, ni tont ce- détatf dont nous sommes assiégés : des chemises âc coton ou de soie, qui même chez les pachas île se comptent

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pas par àovaaines , et qui n'ont ni manchettes , ni pmgnets , ni collet plissé ; une énorme culotte qui sert aussi de bas , un mouchoir à la tête , un autre à la ceinture, avec les trois grandes enveloppes de drap et d'indienne dont j'ai parlé au sujet des Mamlouks : voilà toute la toilette des Orientaux. Les seub arts de luxe sont l'orfèvrerie , bornée aux bijoux des femmes , aux soucoupes à café découpées en dentelles, et aux omemeuts des harnais et des pipes ; enân les fabriques des étoffes desoie d'Alep et de Damas. Du reste, lorsqu'on parcourt les rnes de ces villes , l'on ne voit qu'une répétition de batteurs de coton à l'arc , de débitants d'étoffes et de merceries, de barbiers pour raser la tête, d'étameurs , de serruriers-maréchaux, de selliers, et surtout de vendeurs de petits pains , de quincailleries, de graines, de dattes, de sucreries, et très-peu de bouchers , toujours mal fournis. II y a aussi dans ces capitales quelques mauvais arquebusiers qui ne font que raccommoder les armes; aucun ne sait fondre un canon de pistolet : quant à la poudre, le besoin fréquent de s'en servir, a donné à la plupart des paysans l'industrie de la faire, et il n'y a aucune fabrique publique.

Dans les villages, les habitants, bornés au plus étroit nécessaire, n'ont que les arts de premier besoin ; chacun tâche de se suffire , afin de ne point partager ce qu'il a. Chaque Ëtmille se fabrique la grosse toile de coton dont elle s'habille. Chaque

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maison à son moulin port&tif , avec lequel la fonme broyé l'orge ou le dowa qui doivent nourrir. La faxrae de ces moulins est grossière; tes petits pains ronds et plats qu'on en fait sont mal levés et mal cuits; mais ils font vivre, et c'est tout ce qu'on defûande. Tai déjà dit combien les instruments de labourage étaient simples et peu coûteux. Dans les montagnes on ne taille point la vigne; l'on n'ente ks arbres dans aucun endroit ; tout enfin retrace la simplicité des premiers temps, qui peut-, être, comme aujotu>d'but, ii'était que la grossièreté de la misère. Quand on demande les raisons de ce défaut d'industrie , l'on trouve partout pour réponse : C'est assez bon , cela suffit; à quoi servirait-il d'en faire davantage? Sans doute, puisqu'on n'en doit pas profiter-

a" La manière d'exercer les arts dans ces contrées , o£&% ce tte considération intéressante , qu'elle retrace presqu'en tout les procédés des siècles anciens : par exemple, les étoffes que l'on fabrique à Alep, ne sout pas de l'invention des Arabes; ils les tiennent des Grecs , qui eux-mêmes sans doute les imitèreot des anciens Orientaux. Les teintures dont ils usent, doivent remonter jusqu'aux Tyriens : elles ont une perfection qui n'est point indigne de ce peuple; mais les ouvriers^ jaloux de leurs procédés , en font des mystères impénétrables. La manière dont les anciens bai^ daient les harnais de leurs chevaux , pour les ga-

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rantir des coups de sabre , a dû être la mênie que l'an emploie encore i Alep et à Damas pour les têtiàres des brides (i). Les écailles d'srgent dont le cuir est recouvert, tiennent sans dons, et sont trouent etnbc^tées, que sans ôter la souplesse au cuir, il ne reste ancun interstice an trancbant. Le ciment dont ils usent doit être celui des Gvecs et des Rom^iBS. Pont le bien composer, îla observent de n'employer la chaux que bonillaMe : ils y mé- .leat un tiers de sable, et un autre tiers de cendre et de brique pilée : avec ce composé , ils font des puits, des citernes et des voûtes iraperméaUes. J'en ai vu en Palesdae une espèce singulière qui mérite d'être citée. Cette voûte est formée de cylindres de briques de 8 a lo ponces de longueur. Ces cylindres sont crenx, et peuvent avoir denx pouces de diamètre à l'mtérieur. Lew forme est légèremem eonique. Le bout le plus isrge est fenné , l'autre est oirvert. Pour constcuire la voûte, on le» range les uns à côté des aubres, mettant le bout fermé en dehors : on les joint avec du plâtre de Jérosrinn ou de Nylons , et quatre ouvriers achèvent la voûte d'une diambre e» un jour. Les

(i) J'observerai à ce sujet, que les Hamiouks, au Eaire, montreiu eacore tous les am, k U.proGeuion ée la oravase, des coUes-mailles , des casques à visLère , des bratsards et toute l'armure du temps des Croisés, il y a aussi une collection de vieilles armes dans la Hosquce des derviches, à uue lienc an-desso«s du Kaire, sur le bord du Nil.

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li^emières pluies oot ooutuine de la pénétrer; ma» on passe sur le dôme une couche à l^hiùle, et U voûte devient ia^>erniéabte. L'oo ferme les bouches de l'intérieur avec une a>ucfae de pUb«, et l'on a UD tint durcie et très-l^er. Dans toute la Syrie, l'on &it avec ces cylindres les bordures des ter- . rasses , a6n d'empêcher les femmes qui s'y tiennent pour laTo: et sécher le linge, d'être vues. L'on a commencé depuis peu d'eu faire usage à Paris ; mais en Orient la pratique en est fort ancienne. La manière d'exploiter le ter dans le Liban doit l'être également, vu sa grande simplicité : c'est la méthode employée dans les Pyrénées, et connue sous le nomde^n/eca&i£in£,- la forge consiste en une espèce de cheminée pratiquée au flanc d'un terrain à pic. L'on remplit de bois le tuyau ; Ton y met le feu , et l'on 30u£Ele par la bouche d'en bas : l'on verse le minéral par le haut; le métal tombe au fond en masset , que l'on retire par cette même bouche qui sert à allumer. 11 n'y a pas jusqu'à leurs industrieuses serrures de bois à ccHjlisse, qui ne remontent jusqu'au temps de Salomon, qui les désigne dans son cantique. L'on n'en peut pas dire autant de la musique. Elle ne parait pas antérieure au siècle des kalifes , sous lesquels les Arabes s'y livrèrent avec tant de passion , que tous leurs savants d'alors ajoutent le titre de musicien à ceux de médecin, de géomètre et d'astronome; c^>endant, comme les principes en forent em-

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