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de nptre intériair, bien plus que de celui des puissances étrangères, que nous devons tirer no9 moyens de sûreté; et ce serait bien plus la honte du gouvernement que celle de la nation, si jainais nous avions à redouter les Autrichiens ou le» Rus&esi
Maisy disent nos politiques , nous devons nous opposer à l'invasion de la Turkie , parce.qu'il con'vient à notre commerce que cet empire subsiste dans son état actuel, et que si l'enipereur et Timpératnce s'y établissent, ils ly introduiront des arts et une industrie qui rendront les nôtres inu'tiles.
Avant de trépondre à cette. difficulté, prenons d'abord queli^e idée de ce commerce , et commençons par la manière, dont il se fait.
Après le commerce de hi Chine et du Japon ^ il n'en est point qui soit embarrassé de plus d'entraves, et soumis à plus d'idconvéiiients, que le commerce des Européens en général , et des Fran'çais en .particulier,, dans la Turkie, D'abord, par une sorte de privilège exdusifv il est tout entier concentré dans ta^ ville de-Marseille : toutes les marc^iuHiises d'^voi et de retour sont obligées dese-rendre. à cette place, quelle que puisse être leur destination : ce n'est pas qu'il soit défendu AUX autres ports de la Méditerranée et même de l'ûoéan , d'expédier directement en I^evant; mais l'obligation imposée à leurs vaisseaux de venir II. a6
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reUcber et iaire quarantaine à HarsnUe, détruit l'effet dt cette pemûssÛMi. De tout« les raÎKins dont on étaie ce privilège, U. meilleure est la nécessité de se préoautionner contre la peste. Ce fléau, dereau endémique dans le pajs.drs Musulmans, a contraint les états chrétiens adjacents à la Médftomraée,. de soumettre, teur navigation i défi r^ements Càolteux pour le eoBunarce, nais indfa^WHisal:^ à la arâ-eté des peuples ; par ces iièglettienb, tpot Taisacan veitant de Ihirkic ou de la Buttarie, est interdit de toute oommutiîcalioD imini^iàte, et niit en séquestre, lui, aon équipage et sa cargaison. C'est ce que Ton appelle faire qtêamutaiiK, par une dânomination tir^ du Dombre des jobrs crus nécessaires à purger le soupçon de contagion. D'ailleurs le temps varie depuis dixhuit jours jusqu'à plusieurs mois , selon des cas qw déc^minnit les ardonaànces, A£n que ce séqofstfv s'ol»er*it avec sûreté et coiaiupoditéi l'on a ^Brnrë d» wpèoes de paec» ftneeiitts de b«utBS nuuoUlefe, où les voyageurs sont reçus dans im vaste édi&e^ et les man^andises étalées sous d«s hangars, «lùl'aît les pui^e : c'e«t ce que l'on appelle iaiBareta, naisom de ttmtà, ou i/^/Snn^^. fil-, oamn^eoM iazaret^, ont» kdiépiensedelew «onstructncra et de leur ^ib^tjen , coûtent en«ore des soins et des prâDautàooi extraordinaireSf dba^que état eu a restreint le nombre le plus qu'il a été posâble, afin d'ouvrir muns de portes k un
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eonemi aussi dangereux que la peste. Par cette raison , Toulon et Marsdlle sont les seuls ports de ïVanoe qui aient un lazaret; et comme celui de la prenière ville est aâ<?cté k la marine militaire, celui de la seconde est le seul qui reste au commerce. Les états de Languedoc ont souvent proposé d'en établir un à Cetle; mab Marseille a à. bien fiiit valoir l'exactitude et l'intelligence de son lazaret , si bien fait redouter Finexpérience d'un nouveau , que Ton n*a rien osé entreprendre. Sans doute le motif de ce refus est louable , mais la diose n'en est pas moins fâcheuse ; c'est un grave inconvénient que ce séquestre , qui consume en frais le négociant , et perd un temps précieux pour la marchandise ; c'est une précaution odieuse que odle qui interdit à l'homme d^ub long-temps absent, &tigué de la mer et de pays barbares, qui lui interdit sa terre natale et sa maison , qui le confine dans^une prison sévère, où, à la vérité, on ne Un r^se pas la vue de ses parents et de ses amis, maïs où, par une privation qm devient plus ^nsible , il les voit sans pouvoir jouîl' de leurs eBihras>em«ïts; où, au Heu des bras tendus dé ceux qui lui sont ch»3 , il ne voit s'avancar k travers une double grHle de fer, qu'une Ibngue tenaille de fer qui reçoit ce qu'il veut faire passer, et avant de le reAiettre k la main qui l'attend, le plonge dans du vinaigre, comme pour reprocheir au voyagenr d'être un être impur, capable de
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commuQiqoer la mort à ceux qu'il aime davantage. Et d'où vienneot tant d'entraves , sinon de cet empire que l'on veut conserver ? Qui jamais avant lés Ottomans avait ouï parler sur la Méditerranée de lazarets et de peste ? C'est; avec ces barbares que sont venus ces fléaux; ce sont eux qui, par leiu* stupide fanatisme, perpétuent la contagion en renouvelant ses germes : ali! ne fôt-ce que .par ce motif, puissent périr leurs gouvernements! puissent à leur place s'établir d'antres peuples, et que la terre et la mer soient affranchies de leur esclavage!.
C'est un esclavage encfwe que l'eustence de nos négociants dans la Turkie. Isolés dans l'enceinte de leurs khans, chaque instant leur rappelle qu'ils sont dans une terre étrangère et chez une nation ennemie. Marchent-ils dans tes rues, ils lisent sur les visages ces sentiments d'aversion et de mépris que nous avons nous-mêmes pour les Juiis. Par le caractère sauvage des habitants> les douceurs de la société leur sont interdites; ils sont privés même de celle du climat, parce que le vice du gouvernement rend l'habitation de~ la campagne dangereuse. Ils restent donc dans leurs khans, où souvent un soupçon de peste, une alarme d'émeute les tient clos comme dans une prison, et l'état des choses qui régnent dans cet intérieur n'est pas propre à y rendre la vie agréable. D'abord, les femmes, en sont presque ban--
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nies pat une loi. qui ne permet qu'au cphsul seul d'y avoir la sieune, et qui lui enjoint de renvoyer en France quiconque se marierait ou serait déjà marié. L'intention de cette toi a pu être bonne ; les échelles n'étant le plus souvent composées que de jeunes facteurs et commis célibataires , l'on a voulu prévenir les dangers que courrait avec eux un homme marié : en outre, ces jeunes gens arrivant sans fortune, on a voulu- les empêcher de s'arriérer en contractant des mariages nécessairement onéreux dans un pays où tes femmes sont ^ans biens, et où l'on ne trouve le plus souvent à épouser que la fille du boulanger , du blanchisseur , ou de tout autre ouvrir de la nation. Aussi, pour abréger cette vie de crainte , avcùt-on , par Uue autre loi , limité les résidences à dis ans , supposant que si , dans cet espace , le facteur n'avait pas fait fortune, il ne le ferait jamais. Mais à quels abus n'a-t-on pas exposé les jeunes gens dans un pays où la police interdit toute ressource par les peines les plus terribles ? Au milieu de tant de privations, nos négociants prennent nécessairement des habitudes singulières, qui leur ont douTié à Marseille, sous le nom de Koadjes{i), une réputation spéciale d'indolence, d'apathie etdeluxe- Séunis par le besoin , mais divisés par leurs inté-
(i) C'est le terme appellaiif d'un négociant quelconque en Sj'ne e( eoÉgypte; il esl persan, et signifie ntci^nj, wiop.
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rets , ils éprouve»! les înocmTéDiens auachés partout aux sociétés bornées. Chaque échelle est une coterie où régnant le» dissensious, les jalousies, les haines d'autaut plus vives qu'elles y sont eaus distraction. Dans chaque échelle on peut compter trois factions habituellement en guerre par la mauvaise r^artition des pouvoirs entre les trois ordres qui les- composent, et qui sont le consul, les négociants et les interprètes. Le eonsul, magistrat nommé par le roi, use à ce titre d'un pouvoir {vesque absolu, et l'usage qu'il en fait excite souvent de justes plaintes : les négociants, qi|i se regardent avec raison comme la base de l'étabUsaement , murmurent de ce qu'on ne les traite pas avec assez d'égards ou de ménagements. Les interprètes , faits pour seconder le consul et les n^ociants, élèvent de leur côté des prétentions d'autorité et d'indépendance. De là des contestations et des troubles qui ont quelquefcns éclaté d'une manière fâcheuse. L'administration a essayé, à diverses époques, d'y porter remède; mais comme le fond est viàeux , elle n'a feit que pallier le mal en changeant les formes. L'ordonnance venue à la suite de finspection de 1777 , n'a pas été plus heureuse que les autres : on peut même dire qu'à certains égards elle a augmenté' les abus. Ainsi eu autorisant les consuls à emprisonner , à mettre au fers , à renvoyer en France tout homme de la nation, smis être comptable
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qu'au ministre , elle a érigé ws officiers ex petits despotes , et déjà l'on a ^ouré les inocxiv^ieDts de œ nouvel ordre. L'iriSmêé , »>t-ob dit , a k droit de TécUmer; mais cMoment ima^er qu'un jeune labeur sans fpitune , ou qa'uDvieult négociant qui ea a âcqins avec peine, se conâ|nrbiDette â pourauiTre à huitcents Keues mê justice toujours lente, toujours mal Vue du svpérieur dtHit oU inculpe la créature; et cette Mérarcbie nrairelle éd consuls généraux , de consuls partieuKerfi , de vica-eonsuls particuliers , d*él<âv«s «fioe-conscds^ quel autre motif a-t-elle eu , que de mutt^ier les emplois pour pincer plus de personnesi* QueHe eontrididion, quand on parlait (^économie, de sopprnner lesrévo-bères d'un kan, et d'augmenter le traitement de» consuls? Quelle nécessité de donner à de simples officiers de commcreè on état qui leur fait rÎTaliser tes commandants ciu pajs (i)? Et les interprètes, n'est-ce pas une méfnnse encore de les avoir exdusdes places de consulat , euï que la connaissance de la langue et des moeurs y rendait bien plus prbpres que des boonmef ttfés sans prépwrailo» de«bnicaai( ou duttùltoiire de la France?
(i) Il y a des cou^ appoioté* jjusf u'i t^6 à iS w|IIs Uv-, ei ils se plaignent de p'avoir point encore jsseï , parce qu'ils veulent primer sur les négocîants par la dépense comme par ïe rang. . >
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Avec ces accessoires, tou&déiiTésde la constitua tioa de Teupire tnrk» peutron soutenir «{ueTezi»tence de cet Mnpire soit avantageuse à notre commeroe? Ne serait-il pu btra plus désirable qu'il s'établît dans le Levant une puissance qui rendit inutiles toutes ces entraves? I/ailleurs^qûand nos ' p<^itiques disent qn'U est de ROtre iittéréi que ia Turkie suhsiste telle qu'eUe est, oont^ncai-W^hiexi tous les sens que c^te proposition mvdoppe?
savent-ils qiie,réddite à t'analyse, elle veut dire: It est de notre intérêt qu'uAe grande nation perstAz dan^ l'ignorance et la barbarie , qui rendent nulles ses facultés morales et physiques ;~ il est de notre intérêt que des peuples nombreux restatf soumis à utigouvonement ennemi dé re^>èce humaine; il «st de notre intérêt que vingt-cinq ou trente-milUons d'hommes soient tourmentés par deux ou trois cent mille biigands , qui se disent leurs maitrês ; il est de notre intérêt -que le plus beau sol de l'univers continne d'être txk firidie ou de ne rendre que le' dixième de ses produits possibles, etc. Et peut-être réellement né rejettent-ils pas ces conséquences, puisqu'ils sont les mêmes qui disent : H est de notre intérêt que les Maures de Barbarie restent pirates, parce que cela favorise notre navigation ; il est de notre intérêt que les noirs de Guinée restent féroces et stupides, parce que cela procure des esclaves à nos îles , etc. Ainsi , ce qui est crinie et
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scélératesse dans un particulier, sera vertu dans ' un gouvernement ! ainsi, une morale exécrable dans un individu, sera louée dans une nation! Comme si les hommes avaieiit en masse d'autres rapports qu'en détail; commesi la justice de société à société n'était pas 'la même que d'homme à hc»nme. Mais, avec les peuples comme avec les particuliers, quand Hutérét conseille, c'est en vain que Ton invoque l'équité et la raison : l'intérêt ne se combat que par ses propres armes, et l'on ne rend les hommes honnêtes, qu'en leur prouvant que leur improbité est constamment l'e£Fet de lç\u> i|pnorance, et la punition dé leur cupidité. -
Prétendre que l'état actuel de l'empire turk est avant^ux à notre commerce , c'est se proposer ce double problême : Siun empire peut se dévaster sans se détruire, et si Vonpeut faire long-temps un commerce riche avec un pays qui se ruine ? Il ne ' £mt qu'un peu d'attention ou de bonne foi , pour voir qu'entredenx peuples qui traitent ensemble, l'intérêt suit les mêmes principes qu'entre deux partienlien; » le débiteur se mine, il est impossible que le créanâer prospère. Un &tt parmi cent autres, -prouvera combien il nous est imp(vtant que ta Turkie chaîne de système. Avant ' la ruine de DÂber,.le petit peuple desMotouâlis, qiii vivait en paix sous la protection de ce prince, consommait annuellement soixante ballots de nos draps. Depuis que Djezsàr pacha les a si4>jugttés ,
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cette branche est «mièremeat éteiiHe. Il en arriva de mette avec les Drazes «t les Mwronites » qui ont contommé jusqu'à 5o balLota , et qtii mainteiuDt aoat réduits à moÏDS de 9o; et c«ei prouve en pMunt, .qne notre gouvéroNBeat a bien mal entendu te» mto^ts dans ficnu 1^ dea^iws trour bits de FËgypte et de ta Syrie. Si , au lieu de demeurer speotMenr oiùf des déluta, il eût adrmt»ment fait réclamer sa proteotion par ks fMfinaes tributaires , sHl fikt intervMra médiateur dans leun querelles avec les pachas , s'il se fôt rendu ga< rant de leurs coUTentions auprès de in Pcfte, il ràt acquis le plus grand crédit dans les états de oes petits prinocs, et leurs sujets, dercpos riches par la paix dont il les eût fait jouw , auraient ouvert à notre commerce la plus grande canijère, Qu'ar> rive-^-H dftns l'état présent ? que par la tyrannie des gouveroears, les campagnes étant dévjtstées^ et les euttares diminuées, les denrées sont plua rares, et nos retraits plus difficQes ; témoin les pertes de i5 àao pour cent que nous essayons sur ces retraits i que par les avanies imposées sur tes ouvriers, les man^umdises deviennent trop ^èree ; témoin les toiles d'Egypte et les boun d'Alep : que par le monopole q^i'exercent les paohes« new ne pouvons pas même ptv6ter du bon prnc de la denrée; témoin enÉgypte,leriz, le séné, lecafi, dont le prix naturel est dotd>lé par -des drcnts arbitraires ; témoin les cotons de GaVàée et de Pa-