‹ ŒuvresChapitre 58 sur 62 · L:N,-z.= [jvGoOg[c · texte numérisé non relu

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croire qu'il a bien moins cédé à sa conviction qu'aux plaintes et aux instances des résidants en levant ; car, tanttis qa'il a rejeté lés étrangers du corameRcede la Méditnranée, it les a admis nvec plus, .d'exteàston à calui des Antilles et de tout l'Océan. Il est vrai aussi que les négociants de. Marseille prétendent que te conunerce de la Turkie est d'une espèce particulière ; mais cette proposition, comme toutes celles dont ils l'appuient, a trop le caractère d'un intérêt local, et l'on.. pourrait lui opposer Leur propre mémoire contre -lé .ptivttége de la compagnie des Indes. Toute la question se réduit k savoir, s'il nous est plus avantageux de feire le commerce d'une manière dispendieuse que d'une manière éoo4iomi- (pie ; et.ii sera.d^Bcile de prouver que le régime de XM>S échelles lie soit pas lé cas de la première alternative.

...Notre commerce e». Levant, disent les négociants, nous oblige à établirdes comptoirs, àcautidnnn* et soudoyer des fiicteurs, à entretenir des consuls et des interprètes, à sabir desavanies, des pm^es, des pertes occastouées par les marchandises, pestiférées ; efc tous ces accessoires nous conitîtuetit, en de gran^ .frais. ,^ l'on, permet aux étrangers , iCt partidkitèrement aux naturels'' de 1juriiLije-,,d'eKpôdier.sansnoti;e eutcemise, nous ne pourhws soutenir leur concucrence ; £ar ie Turh , l'Arménien , le;Grec , . vivant dans letu- propre pays ,

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connaissant la langue, pénétrant dans les campagnes, fréquentant tous les marché, ont des res^ sources qu'il nous est impossible d'égaler. Ëit outre, ils n'ont ni frais de comptoirs, ni entretien de focteur, ni dépenses de consulat : enfin ils portent dans leur nourriture, leur vêtement , leurs transports, une parcimonie qui seule leur donne sur nous un avantage immense.

Voilà précisément, répondrai-je , pourquoi il faut les employer ; car il est de fait et de principe que plus le commerce se traite avec économie , plus il acquiert d'étendue et d'activité. Moins la denrée est chère, plus grande est la consommation, et par contre-coup plus grande est la pro^ duction et la culture : entre le producteur et. le consommateur , le négociant est une main accessoire qui n'a de droit qu'au salaire de son temps. Ce salaire accroissant le prix de la denrée, elle devient d'autant jJus chèrej et la consommation il'autant moindre que le salaire l'élève davantage. L'intérêt d'une nation est donc d'employer les mains les moins dispendieuses : et notre régime actuel est l'invefse de ce principe. D'abord nous payons ces frais de consulat, de comptoir, de factorerie mentionnés par les négociants. En second lieu , il est connu que les Êicteurs en Levant ne traitent point le ooninterce par eux-mêmes , mais qu'ils emploient en sous-ordré ces mânes Grecs et Arraéi)ienB qnb l'on exclut, en sorte qu'il s'in-

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troduit une troisième main pour les achats et les ventes :■ on se plaint n)èaie:à Marseilte^de.la iiégUgepce, de, l'inaction et de^ dépenses de ces facteurs. Leurs ma/'eurs leur reprochent de prendre les mœurs tnrkes, de passer. les jours à fiimer la pipe, d'entretenir des chevaux et des valets » d'avoir des pelisses-et des garde-robes, ett;. Ils disent, avec raison , qu'ils paient tout cela ; mais comme eux-mêmes se paient sur la denrée, c'est nous, cousorpmateurs et producteiurs , qui supportons toutes ces charges. Tous ces frais renchérissent d'autant nos draps, les Turksen achètent moins, et nos fabiiques onjt moins d'emploi: On nous rend d'autant moins de coton ; it nous devient plus ch^r : nous exi consommons moins , et nos manufactures languissent. Que si nous nous servions du Grec et de l'Arménien sans t-întermède de nos négociants et de leurs facteurs , la denrée serait moins chère ip^rceque cçs étraiigers vivant d'olives et de fromage, leur salaire, serait moins fort : et encore parce qve la tirant de I9' premiéi^e main , ils se contenteraient d'un, moindre béuér fice. Par la niéme raison ils achèteraient plus de nos marchandises,. et le débit en serait plus grand , parce que fréquentant les fpires et les marchés, ils étendraient davantage les ventes.

Mais, ajoutent les négociants, si .les étcangers deviennjent les agents,de. notre commerce, lebéné- 0ce quefont maintenant les nationaux sera pertlu

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pour l'état ; it ne recevra plus les fortunes que nos facteurs lui font rentrer chaque année. Le im(, le Grec, l'Arménien, après s'être enrichis à nos dépen&i retourneront dans lesr psjrs, nt>s fonds sortiront de France, etc.

- Je r^mnds qu'en admettant les étrangers à noire corameroe, th n'en deviennent point tes agents n^essaires : s'ils y trouvent des bén^ces capables de les- y attacher, rien n'empêche les nationaux de les leur disputer ; il s'agit seulement d'^nuter avec e«)c d'activité et d'économie, et nous aurons toujoiirs deux grands avantages : car pendant que le furk, le Grec, l'Arménien paieront dix poiir cent en Turkie, et lesteront exposés aux avanies et aux ruines totales, nos Français continueront de jouir de leur sécurité, et de ne payer que trois pour cent.

En second lieu , les fortunes que nos négociants en Levant font entr» chaque année dans l'état, ne sont pas un objet aussi considérable que l'on pourrait le croire. De quatre-vingts itiaisonS françaises que r<>n lîorapte dans leâ échelles , it ne se retire pas plus de cinq "négociants, année- commune , et l'on ïic peut pas porter k plus de 5o,ooo livres la fortune dé chacun d'eux : ce n'est donc en total qu'un fonds de aSojOoo livres, ou, si l'on veut, cent mille écus par an , dont une partie même a été prise sur la France. Or la plus légère augmentation dans le commerce compensera cette

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suppression : en outre, si les étrangers étaient admis en France, la consommalton qu'ils y feraient tournerait à notre profit : au lieu que dans l'état présent, celle des quatre -vingte maisons établies en Levant tourne au profit de la Turkie ; et à ne la porter qu'à 10,000 livres par maison , c'est un fonds de 800,000 livres.

Enfin ,^si le gouvernement admettait une tolérance de cultes que la politique tt la raison prescrivent, que lareligion même ordonne, ces mêmes Aïraéniens, Grecs et Juifs qui aujourd'hui sont des étrangers, demain deviendraient des sujets. Qui peut douter que, si ces hommes trouvaient dans un pays uon-seulemeiit la sûreté de personne et de propriété, et la libettéde conscience, mais encore une vie rempKe de jouissances, et la considération que donne la fortune; qni peut douter, dis-»je, qu'ils n'en préférassent le Séjour à celui de la Ttarkie, où ils éprouvent la tyrannie perpétuelle du gouvernement et de l'opinion? Voyez ce qui arrive à Livoume et a Triéste; par la tolérance de t'«n{ïereut' et du grand-duc, upe foule de Juife, d'Arméniens, de Grecs y ont émigré deptlis quelques années; l'on a vu en 1 784 le grand douanier de l'Egypte y sauver une fortune de plusieurs millions , et cet exemple aura des suites. De Ik ont résulté entre ces ports et le Levant des relations plus intimes dont s'alarrtie déjà Marteille. Voulezvous détruire cette concurrence? ouvrez votre

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