‹ Œuvres. Corrigées et complétées d'après plusieurs manuscrits qui n'étoient pas connus, précédées d'un mémoire, accompagnées de leçons diverses et de commentairesChapitre 10 sur 98 · DE CETTE NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE CETTE NOUVELLE ÉDITION

L'édition que nous offrons au public n'a rien de commun avec celles dont nous venons de parler : c'est un travail absolument neuf. Indépendamment des découvertes que nous avons faites, il nous a été possible, en rapprochant de l'édition donnée par Marot celles qui l'avoient précédée et les manuscrits que nous avons eus entre les mains, de rétablir en plusieurs endroits le véritable texte de Villon (2). Nous avons aussi rétabli la quantité de plusieurs vers défectueux qui avoient passé inaperçus sous les yeux de Marot (3). La ponctuation suivie par Coustellier et Moetjens ou Formey étoit tellement vicieuse qu'en certains endroits elle rendoit la pensée du poète inintelligible, et qu'en plusieurs autres

(1) Voyez la note dont ce fragment est accompagné.

(2) Voyez Pet. Test,, huit. 1", 10, t4, *5, ao, 29 et '55 ; et Gr. Test., huit. 6 , 11 , 12, i4, i5, 27, 28, 33, 58 , etc. , etc., etc. La version de Marot dans tous ces endroits n'avoit pas, et ne pouvoit pas avoir de sens. Il est probable que ces huitains sont du nombre de ceux où il avoit plus corrigé (]\\'enleiidu , comme il le dit à François Ier dans sa Dédicace.

(3)Voyezhuit. 63, v. 3; huit. 126, v. 7 ; huit. 107 , v. 5; etc., etc. Il seroit trop long de les citer tous, et j'aurois de la peine à en faiia le relevé.

( 59 ) clic la déflguroit sensiblement (1); nous l'avons entièrement refaite, et nous Pavons débarrassée en môme temps de cette quantité prodigieuse de parenthèses , dans lesquelles Marot , selon l'usage de son temps, avoit enfermé toutes les phrases incidentes de Villon. Les notes et les commentaires dont nous avons accompagné le texte en faciliteront l'intelligence à ceux qui n'ont pas l'habitude de notre vieille langue. Nous avons cru qu'il étoit plus utile d'expliquer les pensées du poëte que de donner l'étymologie ou l'historique des mots qu'il a employés. Ainsi nous ne nous sommes livré à aucune discussion grammaticale (ss) ; elles trouveront naturellement leur place dans le Glossaire étymologique, historique et critique de la langue française au moyen âge , ouvrage que nous préparons avec beaucoup de soin.

Les leçons diverses que nous avons recueillies avec une exactitude scrupuleuse, surtout lorsqu'elles offroient des variations bien marquées , dispenseront le lecteur de recourir aux éditions et aux manuscrits que nous avons consultés (3).

(1) D'abord cela a lieu dans tous les endroits où nous avons eu besoin de corriger le texte de Marot, et ailleurs si fréquemment, qu'il nous paroît inutile d'en citer des exemples. Voyez cependant le débat du corps et du cœur de Villon ( OEuv. div.)

(2) Nous dérogeons à l'usage pratiqué jusqu'à ce jour. Peut-être nous en saura-t-on gré. On ne lit point un poète pour apprendre l'étymologie des mots dont il s'est servi pour rendre se* pensées.

(3)GoustelIier avoit senti l'utilité de ce travail, mais il le confia à une main inhabile ou paresseuse. On ne peut rien voir de plus incomplet , de plus insignifiant , et même de plus infidèle, que le*

( 60 ) Il nous a paru inutile de motiver la préférence que nous avons souvent donnée à une version sur l'autre. Nous avons eu soin de choisir la plus correcte et celle qui nous paraissoit la plus raisonnable. Le lecteur pourra jeter un coup d'oeil sur les variantes et nous juger.

Il y a tant de fautes dans les anciennes éditions et même dans les manuscrits, que nous avons élé quelquefois dans la nécessité d'abandonner toutes ces versions incorrectes pour en former une qui nous a paru devoir être celle de Villon. Nous l'avons fait rarement , et chaque fois que nous avons été forcé de le faire nous en avons prévenu le lecteur, afin qu'il pût comparer notre version avec les variantes et apprécier les motifs qui nous avoient déterminé à prendre cette liberté.

On trouvera à la suite des œuvres de Villon les repaies franches y le monologue du franc ardûer, le dia' logue de messieurs de Malle-paye et de Baille-vent, ainsi que les trois ballades que Coustellier jugea à propos de recueillir* Ce sera peut-être sauver de l'oubli quelques productions ingénieuses qui , même aujourd'hui , peuvent être lues avec intérêt (i).

Coustellier avoit inséré dans son édition une table des familles de Paris , mentionnées dans les œuvres

leçons diverses qui remplissent les marges de son édition. Formey lésa littéralement reproduites. — On trouvera les nôtres à la suite de chaque partie des Œuvres de Villon.

(i) Nous avons revu et corrigé le texte de ces différentes pièces. Nous avons refait la ponctuation et accompagné de notes les vert qui nous ont paru en avoir besoin.

( 6. ) de Villon. L'éditeur de La Haye la reproduisit avec des corrections et des augmentations; nous avons jugé à propos de l'abandonner : i° parce qu'il n'est par certain que les personnes dont il est parlé dans les œuvres du poète parisien fussent de Paris; 2° parce que leurs noms étant diversement ortographiés dans les manuscrits et dans les anciennes éditions , il n'est pas possible de connoîlre quelle est la véritable manière de les écrire; 3° parce que parmi ces légataires il en est un bon nombre qui ne sont désignés que par des sobriquets que leurs enfants ne furent peut-être pas très-empressés d'adopter (i).

Paris , décembre i83i.

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