SU
I. La première et la plus ancienne ne porte ni date ni nom d'imprimeur. Je l'ai trouvée dans un volume ayant la forme d'un in-8° , avec le recueil des kysioires des repeues franches, la farce de Pathelin et les poésies d'Alexis de Lyre. Les repeues franches ont été imprimées par Jean Trepperel , sans date; la farce de Pathelin a été imprimée par la veuve de Jean Treppere\(i);el\es poésies d'Alexis de Lyre ^arVAeCaron. Cette édition de Villon est, sans contredit , la plus belle et la plus correcte des éditions gothiques. Le Grand Testament y est précédé de ce titre : C'y commence leGrant Codicille et Testament maistre François Villon.
II. La seconde gothique est celle de Nivers; Paris, sans date, avec des vignettes grossières, ayant pour titre : Le Grand Testament maistre François Villon , et le Petit , son Codicille avec le jargon et ses ballades. Le tout est suivi de la Quenoille spirituelle , et d'une épîlre du poëte lauréat, Fauste Audrelin de Forly, à Louis XII, après la défaite des Vénitiens ; translatée par Guillaume Crétin (2).
Dans cette édition le style de la ballade Et fussent ly
(i)Une note manuscrite donne pour date d'impression, à Coquillart , l'année i49^.
(2) Il est parlé quelque part d'une édition gothique faite par Jean Niverd.Je n'ai pas pu vérifier si elle étoit différente de celle dont nous parlons ici, qui est de Guillaume Niverd.
( 55 ) sains apostoles a été modernisé : je veux dire qu'on en a fait disparoître tous les mots qui avoient dès-lors cesse d'être en usage. A l'exception de quelques vers qui manquent, elle est fidèle et même correcte; car les fautes qu'on y rencontre doivent être attribuées au mauvais goût de l'éditeur plutôt qu'à la négligence de l'imprimeur.
III. La troisième, que nous n'avons trouvée nulle part, et que nous citons dans nos leçons diverses sur la foi de l'édition Coustellier, est celle de Vérard, sans date, gothique.
IV. La quatrième fait suite aux œuvres de Marot, imprimées à Paris par Jean Bignon en i53o; vendue en la boutique de Jehan Longis : ce qui me donne lieu de croire que M. Formey s'est mépris lorsqu'il a inséré dans son catalogue une édition de J. Longis et une de J. Bignon.
Cette édition est la première de celles de Marot (1); c'est aussi la moins correcte, ou, pour parler plus exactement, la seule qui soit incorrecte; car les autres ont été faites avec beaucoup de soin. Elle porte en titre : Les œuvres de François Fillon, de Paris, reveues et remises en leur entier par Clément Marot, varlet-dcchambre du roj. Elle ne renferme pas le jargon.
Les corrections de Marot se réduisent à fort peu de chose. Il a rétabli le texte, qu'une main maladroite avoit altéré en voulant le corriger. Quant aux vers qu'il
(i) Du moins , la première de celles que nous connuisafras
( 56 ) dit avoir refaits, on les trouve dans l'édition n° 1" et dans les manuscrits.
La cinquième a été faite en 1 55 2 pour Galiod du Pré, avec ce titre : Les œuvres de maistre François Villon, le monologue du franc archier dcBaignolet, le dialogue des seigneurs de Malle-paye et de Baille-vent. Le texte est horriblement défiguré dans celte édition, qui a été évidemment faite sur celle de Niverd, mais qui vaut beaucoup moins. Les fautes dont elle fourmille, ses vers allongés ou raccourcis, nous donnent une idée des ravages que doit avoir exercés sur la littérature du moyen âge, la manie de corriger le style desécrivainsà mesure qu'il vieiliissoit.
VI. La sixième est de i532; Paris, Anlhoine Bonnemère- Elle ne diffère de la précédente que par quelques fautes d'impression.
VIL La septième, qui se vendoit chez Galiod Dupré en 1 533, est la seconde donnée parMarot, et peut-être la plus belle et la plus correcte. C'est d'après celle-là qu'ont été faites les éditions Goustellier et Formey, dont nous parlerons bientôt.
VIII. La huitième, sans date, chez les frères Angeliers, est la troisième de Marot ; cequ'ignoroitM. leDuchat, puisqu'il la met au nombre des vieilles éditions.
IX.La neuvième chez AmbroiseGyrault, Paris, 1542, est la quatrième de Marot. Je soupçonne que cette édition est la même que celle qu'on dit avoir été faite par Alain Lolrian et qui porte la même date.
X. Nous n'avons pu découvrir l'édition sans date, avec figures et lettres rondes, faite a Paris par ou pour Denys Janot.
XI. Urbain Coustellîer donna à Paris, en 1725, une édition des œuvres de Villon, corrigées par Marot , à laquelle il joignit des leçons diverses très-imparfaites et remplies d'erreurs; plus, quelques notes de M. Lau~ rière, et un Mémoire en forme de lettre, composé par le père du Cerceau. Cette édition , de même que la suivante, qui lui est incontestablement préférable sous d'autres rapports, est d'une correclion qui ne laisse rien à désirer.
XII. En 1 y42 M- Formey fit réimprimer, à La Haye, par Adrien Mœtjcns, les œuvres de Villon, conformémentencorea l'édition deMarot. Il joignit auxremarques de Laurière celles de M. leDuchal et les siennes. Outre la dissertation du père du Cerceau, il fil imprimer un Mémoire qui ne diffère en rien de l'article biographique qu'on lit dans le dictionnaire de Prosper Marchand, et une lettre critique fort peu intéressante qu'il auroit pu laisser dans le Mercure de France, où elle dormoit en paix.
Cette édition et la précédente sont suivies : i° des repeues franches ; 2° du franc arckier de Baignolet ; 5° du dialogue de MM. dcMalle-paye et de Baille-vent; 4° de trois ballades fort jolies que Coustellîer dit avoir mises dans son édition pour les conserver (1).
(1) M. Coustellier appréhendoit tellement que ces trois ballades ne s'égarassent, qu'il les fit mettre à la suite d'un autre ouvrage du moyen-âge , où je me rappelle de les avoir lues.
( 58 ) Elle est la seule où Ton trouve le fragment de la ballade contre les Taverniers , que M. Baluze donna à M. de la Monnoye pour être de Villon (1 ).