‹ Œuvres. Corrigées et complétées d'après plusieurs manuscrits qui n'étoient pas connus, précédées d'un mémoire, accompagnées de leçons diverses et de commentairesChapitre 8 sur 98 · DES MANUSCRITS ET DES DIFFÉRENTES ÉDITIONS DES OEUVRES DE VILLON · texte numérisé non relu

DES MANUSCRITS ET DES DIFFÉRENTES ÉDITIONS DES OEUVRES DE VILLON

I. Le premier manuscrit que nous avons consulté contient les poésies de Charles d'Orléans , père de Louis XII , parmi lesquelles sont intercalées plusieurs ballades, rondeaux et complaintes dont lui avoient fait hommage, sans doute, les poètes du temps les plus distingués (1).

Ce manuscrit est d'une beauté remarquable. Il provient, selon l'abbé Sallier (2), du comte de Seignelay, petit-fils de Colbert, qui l'avoit acquis de M. Ballesdeux. « Les monogrammes de Catherine de Médicis, » dont la couverture est toute semée , ne permettent

(1) 11 scroit possible aussi que le prince Charles eût recueilli ces pièces en amateur, et les eût fait insérer dans le recueil de ses poésies pour les conserver.

(2) Mèm. d& l' Acad, des Belles lettres , t. i3, p. 58o.

( 5. ) » pas de douter, ajoute M. Sallier, qu'il n'ait appar » tenu à cette reine, et les armes de Charles, duc d'Or- » léans, qui sont empreintes sur la première feuille » avec celles de Valenlinc de Milan sa more, insinuent » assez qu'il est sorti de la bibliothèque d'Henri II. » Nous avons tiré de ce manuscrit la ballade :

Je meurs de soif auprès de la fontaine.

Elle porte le titre de Ballade Villon; ce qui , en style du temps, veut dire ballade faite par Villon (i).

II. Dans un manuscrit formant un recueil de vingt pièces, dont l'avant dernière est l'Hôpital d'amour, et la dernière le Petit Testament de Villon , nous avons pris les dix huitains, dont six forment le commencement de ce petit poëine et quatre la fin.

Ce manuscrit remonte jusqu'au temps de Villon , et s'il ne renferme pas le reste de ses œuvres c'est probablement parce qu'elles n'éloient pas encore connues. Il est bien écrit et bien conservé. Le texte en est pur et meilleur que celui des éditions gothiques ; quoiqu'il ne soit cependant pas exempt de fautes (2).

III. Un manuscrit donné à la Bibliothèque du Roi par M. Langlet, le 25 avril 1744» contient un choix de lettres en prose , épîtres en vers, ballades et autres pièces. Les ballades de Villon y sont ainsi annoncées : Ballades extraites du Testament et Codicille de mais-

(i)Voy. Œuvres diverses.

(a) Voy. ae part. ne a , et Petit Testament , la dernière Note.

( 5» ) tre François Fillon{\). Suivent toutes les ballades du Grand Testament , celles qui forment les œuvres diverses du poète, son épitaphe et une ballade contre les ennemis de la France (2) , qu'on ne trouve pas ailleurs.

Ce manuscrit, que je crois avoir été fait vers la fin du XVe siècle, est terminé par un rondeau et une ballade de Jehan Marot. Ces deux dernières pièces m'ont paru écrites d'une autre main , quoique ce soit toujours le même genre d'écriture; d'où je conclus que le reste du manuscrit leur est antérieur.

IV. Un quatrième manuscrit , provenant de la bibliothèque de M. Coislin , renferme : i° L'histoire de Mé- 1 usine, rimée par un sire de Parthenay; 20 L'épitaphe de Villon en ballade, le Petit et le Grand Testament.

Dans le Petit Testament nous avons trouvé le buitain où est renfermé le legs de trois gluyons de Feurre, mentionné dans le Grand Testament, huit. 67.

Dans le Grand Testament, outre deux huitainset un rondeau, nous avons trouvé trois ballades, dont deux paroissent avoir été faites par Villon; l'une tandis qu'il étoit en prison à Meun , et l'autre durant son exil. La troisième termine le G. T. (3).

(1) Voy. pour ce titre , Méin., ac part., n° 4«

(2) Voy. irepart., n° 19.

(3) Ces deux ballades commencent, la première par ce vers :

Ayez pitié, ayez pitié de moi.

La seconde par celui-ci :

Fortune fus, par Clercs, jadis nommée.

, ( V. OEuv. divers.)

(55.) L'écriture de ce manuscrit n'est ni bonne ni correcte. Le Petit Testament en entier et quatre pages du Grand sont de la même main qui a copié le Rommant de Parthenay et de Lusignen.

V. La bibliothèque de l'Arsenal possède un manuscrit signé J. B. C'est le travail d'un littérateur qui se proposoit de donner une nouvelle édition des œuvres de Villon , conforme au manuscrit de la bibliothèque Coislin. Les noies de ce commenialeur sont en petit nombre et assez mal rédigées. La nolice sur Villon manque de critique, ainsi que le reste de son travail.

VI. Je dois direicique j'ai pris dans une espèce de poétique, composée du temps de Villon et imprimée sous le titre de Jardin de plaisance , un dixain qui est le troisième de la ballade du débat du corps et du cœur de Paillon, plus une ballade sur les povres housseurs. L'auteur de ce recueil ne cite personne; mais il paroît avoir pour principe de mettre à la suite les unes des autres toutes les pièces qui appartiennent au même poète. Or cette ballade , qui d'ailleurs à un air de famille, se trouvant intercalée parmi celles que nous savons être de Villon , j'ai dû la prendre et en enrichir mon édition.

Comme on le voit, aucun manuscrit ne renferme dans leur entier les œuvres de Villon. J'ajouterai qu'il n'en est aucun qui puisse servir de guide , à cause des fautes évidentes dont ils sont tous plus ou moins chargés : comme on pourra s'en convaincre en consultant nos variantes et en les rapprochant du texte tel que

( 54 ) nous l'avons rétabli. Je passe aux différentes étitions connues.

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