TROISIÈME
sances de la terre , et ceux qui sont accablés sous les ruines, ne peuvent prévoir leur malheur.
Mais, outre cette puissance supérieure dont les ressorts nous sont inconnus , la justice des armes du Roi et la générosité de son cœur, ont fait réussir glorieusement toutes ses entreprises. La présence de sa personne sacrée porte Tétonnementetla crainte dans Tâme de ses ennemis, et la noblesse Irançoise ne trouve rien de difficile , lorsqu'elle reçoit les ordres de la bouche de son prince qui partage avec elle le hasard des expéditions difficiles , aussi bien que la gloire du combat, pendant que tous les autres souverains sont cachés dans leurs palais ; et, se flattant de la vanité de présider leurs conseils , ne paroissent jamais à la tête de leurs armées, dont ils ne savent des nouvelles que par le rapport de ceux qui leur peuvent imposer; si bien que nous leur pouvons donner pour devise : Nubes sunt lalibuhun illis et non vident , in amhitu cœli déambulant.
Puisse le ciel favoriser tous les desseins de notre monarque , toujours justes et raisonnables, lui qui travaille pour répéter par le droit des armes , le patrimoine des fleurs de lis , conserver ses Etats , protéger la foiblesse de ses alliés, et s'opposer aux progrès de cette monarchie imaginaire d'une nation orgeilleuse et insolente, à la confusion de laqueUe Dieu Fa fait naître , afin d'être le fléau des enfants de la terre ;
de ces hommes audacieux que la vanité et Tambition ont rendus insupportables à tous les peuples de l'Europe.
Ce sont les voies légitimes que Dieu a mises entre les mains des souverains pour s'opposer à la violence des usurpateurs et se faire justice à euxmêmes; voies que Dieu a bénies en nos jours, et fait succéder heureusement à l'avantage du royaume. Mais d'autant que la force du Roi aime le jugement et la justice (i); qu'inutiles sont toutes sortes de conquêtes, si elles n'aboutissent au repos et à la conservation des peuples, ce qui s'établit par l'ouvrage de la justice, laquelle, dans son origine, est une émanation de la divinité, et, dans son exercice, l'image sensible de la dignité royale ; le Roi, qui prend soin de ses peuples nouvellement réduits en son obéissance, vous attribue, Messieurs, pour témoignage de sa bonne volonté , la connoissance de leurs différents , suivant l'ancien usage du royaume. Pour cela , nous requérons que sur le repli des lettres il soit mis qu elles ont été lues , publiées et registrées , pour être exécutées selon leur forme et teneur,
(1) Fortitudo régis judicium diligit, Psaum. 98, v. 4.
Orner Talon. I.