‹ Œuvres d'Omer et de Denis Talon \ (volume 2)Chapitre 37 sur 86 · DOUZIÈME · texte numérisé non relu

DOUZIÈME

sance légitime : les dieux ont fait les destins auxquels néanmoins ils défèrent.

Et , lorsque nous faisons entendre à Votre Majesté quelles sont les fonctions des compagnies souveraines, et l'emploi des officiers de la justice , ce n'est pas pour y chercher notre avantage et pour y prévaloir : à Dieu ne plaise que la cognée s'élève contre le hras qui lui donne le mouvement î mais pour conserver à \otre Majesté la bienveillance publique de ses peuplf^s, l'opinion qu'ils ont conçue de la douceur du gouvernement; enfin pour les maintenir dans une obéissance , non pas aveugle , mais volontaire et clairvoyante que nous estimons être quelq ie chose de plus auguste que la royauté , parce que l'amour des peuples étend l'autorité des souverains y sur la vie et les biens comme dans le cœur, dans les affections, comme dans la volonté de leurs sujets qui n'obéissent jamais par contrainte.

Possédez, Sire, cet héritage longues années! Craignez, Sire, d'ctre craint; et que vos sujets qui aiment leur prince, appréhendent pour lui , mais qu'ils ne l'appréhendent jamais !

Que ces actions d'autorité et de puissance ne marquent pas à l'avenir les périodes de votre empire î Gardez, Sire, ces coups de maître pour des occasions importantes esquelles il s'agit du salut de l'Etat! Ne déployez pas facilement les derniers efforts de la royauté : l'usage et le

DISCOURS. 8c)

lirnit des canons ont tlinilnué l'effroi qne les hommes avoient autrefois du tonnerre, el la fr(;qiïence des choses grandes les empêche d'èlre augustes et pleines de vénération.

Et après ces paroles, (jue la vérité et Tobligation de notre serment ont exi^jées de notre bouche, recevez, Sire, les souhaits de vos gens, vos ])lus particuliers officiers , et les vœux qu'ds fout pour la grandeur et la gloire de Votre Majesté : ces acclamations publicjues de triomphes et de victoires rendront illustre l'innocence de \os premières années.

Mais permettez - nous , Sire, d'adresser noire voix à la Pleine, pour la supplier très-humblement de concourir avec la providence générale , au gouvernement de l'Etat. Pendant que le Ciel travaille pour rendre le nom et les armes du Roi formidables à ses ennemis, faites, Madame, que la conduite intérieure du royaume soit rem- ])lie de douceur, et votre régence de bénédictions ; que les peuples (jiii mesurent le bonheur de leur siècle par l'abondance ou par la disette du pain qui leur est nécessaire , se ressentent de la félicité publique du royaume , et qu'ils n'aient pas occasion de se plaindre que la voix et la main de l'exacteur portent la désolation dans leurs familles, avec autant de licence et plus d'impunité que le passage des troupes étrangères auxquelles il est loisible de résister.

Que si le besoin de l'Etat désire des moyens

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