‹ Œuvres d'Omer et de Denis Talon \ (volume 2)Chapitre 38 sur 86 · C)0 DOUZIEME · texte numérisé non relu

C)0 DOUZIEME

exîraordinaîres , pour subsister avec honneur, comme Votre Majesté nous commande de le croire , faites , Madame , par les sentiments de cette bonté qui vous est naturelle, et de laquelle vous avez obligation à Dieu seul , que les remèdes ne soient pas aussi fâcheux que le mal. Considérez, Madame, les privilèges de la pauvreté: ils sont plus grands que ceux du sanctuaire ; les peuples réduits à la nécessité ont pour franchise l'exemption de leur propre misère; et faites. Madame , s'il vous plaît, cette réflexion, que les saignées trop fréquentes sont mortelles aux corps exténués. Nous vous en supplions les larmes aux yeux et les genoux en terre ; et dans la certitude que nous avons que le cœur et les affections de \otre Majesté sont toutes pleines de tendresse, autant que vos inclinations sont bienfaisantes , nous espérons qu'écoutant par avance les plaintes de ceux qui seront opprimés par l'exemption de ces parchemins. Votre Majesté diminuera quelque chose de la multitude et de la rigueur de ces édits, sur le repli desquels la puissance du Roi notre maître nous commande de réquérir qu'il soit mis qu'ils ont été lus , publiés et registres.

M^I. les présidents déclarèrent à M. le chancelier que ler.r avis étoît de faire de très-humbles remontrances à la Reine sur ces édits; qu'ils n'oplneroient point davantage ; et que , s'il relournoit les consulter après avoir pris les avis de MM. les ducs et pairs,

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ils ne se leveroicnt point, p.iire qn Ils aNoient (]vyi (ipînc*.

MM. dos enqnries dirent à M. le chancelier quils ne ponvoient , en cofiscience, être cl avis des édits : ils jnétendirent qu'il leur avoit repondu : Il y n deux sortes de conscience : l'une d'elaf , qu'il JnUoit accommoder il la nécessité des affaires y et Vautre <i nos actions particulières.

Prononcé à la Gran(rChambre,le 20 avril 1646 , contre la bulle au sujet de la résidence des cardinaux.

Messieurs ,

"Nous avons été avertis que depuis quelques joins on a distribué , en cette ville de Paris ,une bulle datée du 20 lévrier dernier, et publiée le lendemain dans les places publiques de la ville de Rome , par laquelle INotre Saint Père le Pape, sous prétexte d'établir un règlement pour la résidence des cardinaux, et de les oblij^er de ne ])oint s'absenter bors Tétat ecclésiastique , sans congé, s'est laissé surprendre aux ennemis delà France , lesquels , sous couleur d'autoriser la puissance du Saint-Siège, l'ont persuadé de faire un acte dont les conséquences sont périlleuses,

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