‹ Œuvres d'Omer et de Denis Talon \ (volume 2)Chapitre 39 sur 86 · C)2 TREIZIEME · texte numérisé non relu

C)2 TREIZIEME

préjudiciables et capables de produire un schisme à l'avenir.

L'honneur de nos charges , le souvenir de notre serment et le sentiment de notre conscience , contre lequel nous ne pouvons prescrire , nous obligent de vous en faire la plainte et de vous supplier d'avoir agréables les précautions que nous estimons raisonnables, vu l'importance de l'affaire et la qualité du temps auquel nous sommes.

Nous savons bien que Notre Saint Père le Pape est souverain dans ses états , et père commun dans la chrétienté. En la première qualité , nous faisons profession de l'honorer avec estime et considération particulière; en la seconde, nous portons respect, comme vicaire de Jésus-Christ , au chef de l'Eglise , au successeur légitime de Saint Pierre , qui possède la puissance spirituelle toute entière, pour en user en édification, en vérité et en justice. Mais lorsque l'intérêt des affections particulières , les mouvements de prédilection, les partialités et les divisions des esprits ont fait éclore , en cour de Rome, quelques actes contraires aux principes de cette charité commune de laquelle il doit être animé ; lorsque la disposition des anciens canons est blessée , et que l'autorité souveraine de nos rois souffre préjudice, nous avons toujours réclamé; et faisant différence entre la puissance des clefs , l'autorité de lier et de délier, et le pouvoir qui concerne

les choses temporelles , nous résistons avec vigueur à Texécution des actes émanés de la chancellerie romaine , pour conserver les droits du ^ Roi et les libertés de l'Eglise gallicane. Or, c'est ce que nous sommes obligés de l'aire en cette rencontre , vous expliquant en peu de paroles les causes de cette bulle, dans lesquelles la subtilité de la Daterie s'est épuisée pour couvrir le prétexte , et satisfaire au dessein des ennemis de cet Etat.

La couleur de cette nouveauté a été que les^ cardinaux de l'Eî^lise romaine étant les membres du chef de l'Eglise, les conseillers et assesseurs nécessaires du Saint-Siège, ils ne peuvent ni ne doivent sortir de l'état ecclésiastique sans la permission du Pape. Pour cela , il ordonne que les revenus de ceux qui s'absenteront à l'avenir seront saisis, et que, s'ils ne retournent dans six mois, ces mêmes revenus seront confisqués; qu'ils seront eux-mêmes interdits de l'entrée de l'Eglise; et, en cas qu'après ces six mois expir«^s leur absence continue, lisseront privés des bénéfices , pensions , offices et charges desquels ils sont pourvus. Enfin, s'ils n'obéissent pas après ce temps, ils sont menacés de l'extrémité des peines : savoir est : de la privation du chapeau , et ils ne pourront être rétablis, par le collège des cardinaux, en la dignité de cardinal, lorsque le pontificat sera vacant. Sa Sainteté veut aus^i que son ordonnance soit exécutée, nonobstant

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