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relier de nous faire connoître sa volonté , iî nous a dit :
Messieurs , la Reine a vu l'arrêté de samedi dernier que vous lui avez présenté , et a considéré ce que vous lui avez dit de la part de la compagnie. Elle n'en peut être satisfaite , ni prendre aucune résolution, que le Parlement ne se soit expliqué nettement, s'il prétend modifier un édit vérifié ,1e Pvoi séant en son lit de justice > M. le duc d'Orléans présent, ainsi que MM. les princes du sang et les grands du royaume , et s'il y veut apporter changement. En ce cas, comme il n'y a point d'exemple d'une semblable entreprise, contraire à l'autorité du Roi, Sa Majesté avisera aux moyens de la réprimer. Que si la compagnie a entendu v procéder par remontrances, elle les considérera bien volontiers, et y apportera les remèdes convenables.
Ensuite M. le duc d'Orléans a pris la parole et nous a dit qu'il a été fort surpris lorsqu'on l'a averti de la résolution , prise samedi dernier dans la compagnie , d'apporter quelque modification à un édit vérifié , le Roi séant en son lit de justice; que s'étant informé de la vérité des choses passées, il avoit appris que cela étoit inouï, extraordinaire et sans exemple ; qu'il ne s'étoit jamais rien pratiqué de semblable dans le Parlement, et qu'il ne pouvoit s'imaginer qu'il y eût raison de le faire : que dans l'état des choses présentes , chacun contribuoit pour la con-^
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servalion de T Etat ; qu'il n'avoit point épargné sa personne dans les occasions ; que la noblesse einployoit tout son bien, et hasardoit et son sang et sa vie pour conserver Tautorité du Ptoi, qui consiste principalement dans la tranquillité intérieure de TEtat, et qu'il ne pouvoit concevoir que MM. du Parlement voulussent résister seuls à ces bons sentiments ; qu'il étoit bien aise de nous faire entendre son intention , et que le Parlement lût averti qu'il n'omettroit jamais rien pour conserver le point de l'autorité royale.
Après cela, jNI. le prince a pris la parole et nous a dit que la Pteine donnoit au Parlementle moyen de ne point tomber en sa disgrâce, lui donnant le loisir et le temps de s'expliquer dans une affaire si raisonnable, et, par ce moven, de se garantir du précipice : que la Pteine n'a jamais cru qu'il y eût aucune mauvaise disposition dans la compagnie pour le service du Roi; qu'elle entendra volontiers les remontrances, écoutera les propositions, et donnera les mains aux choses qui seront raisonnables ; mais qu'elle ne se laissera point vaincre par autorité, laquelle elle est obligée de conserver toute entière ; que quant à lui, il penseroit manquer à son devoir s'il n'étoit du même sentiment, et qu'il sera bien aise que le Parlement en soit informé.
Après cela, M. le cardinal Mazarin a pris la
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parole , et nous a dit que cette démarche ëtolt de conséquence ; qu'il s'agissoit de savoir si le Parlement seul peut s'opposer aux volontés du Roi, et si, lorsque les édits ont été concertés dans un conseil, approuvés par M. le duc d'Orléans et par MM. les princes du sang, publiés dans le
~ Parlement en présence de tous les grands du royaume, et M. le chancelier ayant prononcé l'arrêt portant qu'ils seront exécutés, le Parle- ^ ment peut seul opposer son autorité à cette puissance, et ordonner qu'un édit ne sera exécuté que pour partie ; que la Reine ne peut souffrir cette nouveauté pendant la minorité du Roi son fils ; qu'elle seroit responsable à l'Etat de cette
'j, diminution, et qu'il croit que si MM. du Parlement vouloient faire réflexion sérieuse sur ce combat d'autorité contre autorité , de puissance contre puissance , ils témoigneroient à la Reine leurs respects et leur obéissance , comme elle l'a toujours espéré. .,^
Après ce discours, je pris la parole, et dis à la Reine que j'étois bien malheureux de ne lui avoir pu expliquer les pensées de cette compagnie dont je lui assurois que toutes les intentions étoient sincères et disposées à l'obéissance , comme j'estimois lui en avoir apporté les assurances ; que si , dans les arrêts qui avoient été faits au Parlement, ces choses n'étoient pas assez au long expliquées, cela procédoit seulement de
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ce que les termes (Vun arrêté n étoient pas susceptibles de discours ; mais que si nous étions assez heureux pour que Sa Majesté voulût donner quelque créance à nos paroles , nous la pouvions assurer qu'elle trouveroit toujours dans le Parlement , toutes sortes de soumissions , d'obéissances et de services.
M. le chancelier reprit la parole pour nous dire que si , dans l'arrêté de samedi dernier, la Cour eût ajouté que sa délibération auroit lieu sous le bon plaisir du Roi, cela pourroit avoir donné quelque sorte de satisfaction ; mais qu'au contraire , par l'arrêté fait aujourd'hui, la Reine est suppliée d'envoyer une déclaration conforme à l'arrêté ; en telle sorte que l'on semble vouloir faire subsister l'arrêté de la compagnie et apporter, en vertu d'icelui, une modification àl'édlt ; que la déclaration doit être demandée à la Reine par des soumissions et des remontrances ; qu'elle peut être accordée avec connoissance de cause , mais que l'édit ne peut souffrir de modification par l'autorité seule du Parlement ; que MM. du Parlement doivent en cette occasion se faire justice à eux-mêmes , et considérer que la puissance royale qui est assez forte d'elle-même, étant assistée de la déclaration de M. le duc d'Orléans et de M. le prince, qui sont résolus de la maintenir, ne doit souffrir aucune diminution, et qu'il leur est aisé dans ce rencontre, par la
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déclaration qui leur est demandée , de satisfaire à ce qu ils doivent au Roi.
La Cour arrêta que les gens du Roi assureroient Leurs Mijjestësqne 1 intention de la compagnie n avoit point été de contrevenir à leur volonté et au respect qui leur est dû.