‹ Œuvres d'Omer et de Denis Talon \ (volume 2)Chapitre 69 sur 86 · QUARANTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

QUARANTE-DEUXIÈME

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Prononcé à la grandVharribre du Parlement, le lo juin 1632, sur la situation des affaires du royaume.

Le Parlement reçut , le 7 juin 16^2 , une lettre par laquelle la reine de Suède offroit son entremise et sa médiation pour apaiser les troubles de l'htat. Déjà le Roi avoit demandé une conférence dans cet objet. L'on n'avoit pris encore aucune détermination , lorsque , trois jours après, ^L le duc d'Orléans s'étant ouvert sur la proposition du Roi , et ayant témoigné que toutes sortes de conférences étoient inutiles, jusqu'à ce que le cardinal Mazarin fût sorti , je dis :

J^IESSIEURS,

Il y a quatre ans passés que le Parlement se trouvoit dans un mouvement qui ne lui étoitpas naturel, et dans une agitation extraordinaire, à laquelle il sVtoit laissé emporter par une espèce de nécessité, pour résister aux maux que produisoit l'administration d'un mauvais ministre , et la disposition publique des finances. Les remèdes que tous les gens de bien avoient souhaités, ont été traversés par des intérêts particuliers de grandeur, d'élévation ou de subsistance, qui

DISCOURS. 3f)3

ponvoient pourtant être guéris facilement, après Tabsenco du cardinal Mazarin et la majorilc du Roi, s'il y eut eu (juelque temps pour respirer et liûre (juelque établissement dans les affaires ; mais le retour du cardinal a été le retour de tous nos maux. Nous nous y sommes oppos('s autant que nous avons pu, et ce n'étoit pas chose difficile ni de conséquence, pendant qu'il étoit hors le royaume, et au[)aravant son arrivée à Poitiers, parce que c'étoit un parliculier dans l'aversion publique des peuples, et un étranger sans mérite et sans suite. Mais lorsqu'il a été reru à la cour, et (jue le I\oi lui a eu donné sa prolertion, nous avons été plus retenus , non pas pour la personne du cardinal, contre lequel nous nous sommes élevés plus fortement, puisqu'il se rendoit plus capable de mal faire à TEtat et d'empêcher la tranquillité du royaume , mais pour éviter un pas difficile, et, témoignant l'affection que nous devons au pul)lic, ne pas manquer à l'autorité royale, du respect dont il ne faut jamais se départir ; de sorte que , dans les occasions auxquelles nous avons été obligés de parler, comme nous n'avons point épargné la personne du cardinal, nous avons cru devoir songer au salut de l'Etat, à Thonneur du Pioi , à celui de la royauté, et à maintenir le point et l'unité de la monarchie.

Nous nous sommes donc élevés contre Tenlrée des troupes étrangères, et la levée des nouvelles

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