QUARANTE-QUATRIEME
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Prononcé lors de la présentation des lettrespatentes qui élevoîent M. le comte d'Harcourt à la dignité de duc et pair de France.
ESSIEURS,
La cérémonie de cette journée, en laquelle tous les grands de l'Etat se trouvent assemblés dans le lieu le plus auguste da royaume , pour admirer le jugement du Roi , rendre son bienfait glorieux, et honorer, par leur présence et leurs suffrages, le mérite de celui qui reçoit, dans le titre illustre de duc et pair, le plus haut période de rhonneur, nous remet en mémoire ce que nous avons autrefois observé dans l'histoire de l'empereur Valérien. Ayant reçu de grands et signalés services d'Aurélien , général de ses armées dans les provinces étrangères , et voulant reconnoître par quelque gratification convenable le succès glorieux de ses armes ; après lui avoir témoigné en présence de tous ses capitaines sa satisfaction de toutes les belles actions par le moyen desquelles l'honneur de l'Empire avoit été conservé , la protection des alliés maintenue et la félicité du peuple romain continuée , il lui
DiscorRS. »^7^
accorda toutes les couronnes qui se donnent à ceux qui savent conduire , avec jugement et courage , les troupes de leur prince , soit dans les batailles rangées , soit dans les sic-ges des places fortes et dans les attaques ou la défense des retranchements. Mais outre ces qualités militaires, ces couronnes murales , civiques et navales , et ces ornements de feuilles et de fruits que la jalousie et le temps effacent insensibleuient , il le désigna pour consul , l'honorant ainsi d'une dignité principale et glorieuse en sa personne autant qu'illustre dans sa postérité, et lui faisant entendre , qu'indépendamment de cette grâce, il falloit l'approbation du sénat auquel il appartenoit d'en accorder la séance , le caractère et l'autorité.
Aurélien, qui étoit moins éloqnent que soldat, lui repartit : l'ambition d'une fortune plus grande, ni le dessein d'acquérir de grands biens et d'a«igmenter ma maison, ne m'ont pas obligé de m'exposer tant de fois dans des occasions dangereuses : je n'ai souhaité autre satisfaction que celle de ma conscience et la bonne grâce du public. J'en recrois aujourd'hui plus que je n'en ai désiré , et il ne me reste, après la bonne volonté de mon maître, autre chose à espérer que le jugement du sénat (i).
(i) I(ieo tôt viilnera patienter accepi ut milii firalias aj^erel rcs|Hil)Hca ( t coiiscleiitia mea • at tu |.>liis lecisli : il i faciaiit ut seuaLus sic de rue jutllcet.