‹ Œuvres d'Omer et de Denis Talon \Chapitre 5 sur 45 · XX AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XX AVERTISSEMENT

« et coutumier , ils trouveroient le moyen d'établir une « loi uniforme pour l'avenir, clans une infinité de choses « où le seul caprice a introduit de la diversité.

« Mais comme cet ouvrage ne peut pas être terminé en « peu de temps , il semble que , par une espèce de préli- « minaire , ou pourroit décider certaines questions qui se (( jugent diversement au Palais , surtout celles dont la juif risprudence n'est pas uniforme dans toutes les cham- « bres, el d'autres où le Grand-Conseil ne suit pas les « mêmes maximes que le Parlement ; car il arrive de là « qu'un procès se perd ou se gagne selon que Tune des « parties trouve moyen, par adresse ou par crédit, de le « faire tomber dans un tribunal qui lui est favorable. L'on u doit dire la même chose des anciennes ordonnances « qui ne sont pas vérifiées dans tous les parlements du « royaume; et outre que cette bigarrure a quelque chose « d'indécent , quand les affaires de cette nature sont ren- « voyées d'un parlement à un autre, ou quand elles y (( sont portées en vertu d'évocations générales ou de pri- (( viléges de commitlimiis , quoique ce soit toujours avec « la condition expresse ou tacite de juger suivant l'usage « des lieux , souvent les juges , nourris dans d'autres (( principes . s'en dispensent , ce qui donne matière à des <( instances de cassation d'arrêts au Conseil. En un mot, « si ces ordonnances sont utiles , pourquoi ne les pas ob- « server dans tout le royaume? Si au contraire on trouve <( quelque inconvénient dans leur exécution, pourquoi « ne pas les réformer ? »

Enfui, après avoir représenté l'utilité de retoucher la

DE l'Éditeur. xxj

plupart des ordonnances faites depuis 1667, Denis Talon terminoit ainsi ce mémoire :

<( Encore que toutes les provinces du royaume jouis- *< sent d'une pleine paix, que l'autorité du Roi empêche « qu'd ne s'y commette des violences, et que les grands « crimes y soient moins fréquents que par le passé , il se- « roit pourtant très -expédient d'envoyer de temps en « temps des grands-jours : tout le monde sait combien « ceux d'Auvergne, tenus en 1660, ont été utiles; et ils « l'auroient été infiniment davantage, si l'on avolt, deux « ou trois mois auparavant, envoyé des commissaires « dans l'étendue de leur ressort , pour préparer les ma- « tières; mais quand on enverra des grands -jours, ce « doit être surtout pour réprimer les malversations des « juges , et les obliger d'observer les ordonnances. »

Denis Talon remplissoit depuis plus de quarante ans les fonctions de premier avocat-général, lorsque Sa Majesté, afin de lui témoigner la satisfaction qu'elle avoit éprouvé de ses services, lui donna, en 1693 , l'une des deux charges de président à mortier qui venoient d'être créées au Parlement de Paris. Il eût été difficile de faire un choix plus honorable; peut-être même suffit-il ici, pour son éloge , de répéter que les conseillers lui reprochaient, dit-on, déporter dans sa manière d'opiner ce halancement des opinions et cette discussion approfondie de toutes les raisons des parties^ dont il avoit pris riiahitude dans les fonctions du ministère public (1).

(1) royez les Siècles Littéraires de la France , par Desessarts , lom. 6,pag. 179.

Denis Talon. IL Â

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