XXI) AVERTISSEMENT
Il termina sa laborieuse carrière le 2 mars 1698, e^ le Mercure Galant du même mois publia l'article sui^ vaut :
« Messire Denis Talon , seigneur du Boulay, Esclu- « selles et autres lieux , président à mortier au Parlement « de Paris , vient de mourir.,
<( C'étoit un des plus savants Hommes de son temps ? <( des plus habiles , des plus pénétrants et des plus af- « fables. La beauté de son (;énie, jointe à l'application «( continuelle qu'il a toujours eue pour toutes les scien- <( ces , lui avoit produit une facilité merveilleuse pour « l'expédition des affaires.
« M. le président Talon est mort âgé de 70 ans , après <( avoir reçu tous ses sacrements avec une piété des plus <( édifiantes et une véritable résignation aux volontés de Kk Dieu. Comme il étoit attaqué de la pierre, il a souffert « des douleurs cuisantes , sans qu'il lui soit échappé la « moindre plainte. Il fit un discours des plus touchants « pendant une demi-heure le jour qu'il mourut, et de- « manda pardon à tous ses amis du mauvais exemple qu'il <( pouvoit leur avoir donné. »
De son mariage avec Elisabeth -Angélique Favier du Boulay, naquit Omer Talon , troisième du nom, marquis du Buulay, du Tremblay le vicomte , etc. , et colonel du r('giment d'Orléanois. Il épousa Marie-Louise Mole , fille de Louis Mole , seigneur de Champlâtreux , président à mortier au Parlement de Paris, et mourut encore jeune, laissant, 1° Louis Denis qui suit: 2° Marie Françoise ^
DE l'Éditeur. xxîij
mariée au marquis de La Bourdoimaye , maître des requêtes , puis inteudant de Rouen et couseiller d'Etat ; O'^ et Angélique-Louise, mariée à M. de Montcalm, marquis de Saint-Véran, maréchal de camp , et commandant les troupes du Roi en Canada.
Louis Denis Talon suivit la carrière de ses aïeux. H fut tour à tour conseiller , avocat-général et président à mortier au Parlement de Paris. Il existe de lui dans nos recueils judiciaires (i) plusieurs plaidoyers qui donnent une idée très - avantageuse de son savoir et de son talent oratoire.
Mort en 1744 , il ne laissa de son mariage avec la fille de M. deChauvclin, avocat général au Parlement et commandeur grand-trésorier des ordres du Roi , qu'une fille qui fut mariée à Etienne - François d'Aligre , d'abord président à mortier , et ensuite premier président au Parlement de Paris.
Alors donc , comme l'observe Moreri , ce nom cher à la magistrature et aimé du public , eût été perdu par V extinction de la branche ainée , si M. le chancelier d'Aguesseau , M. le procureur-général Joly de Fleury et M. d'Ormcsson n'avoient pas attiré dans la première Cour du royaume où il devint conseiller, Jean -Baptiste Talon , dernier descendant d'un frère cadet de ce Jean Talon, conseiller d'Etat en i565.
Jean - Baptiste Talon eut trois enfants : i° Antoine
(i) îiotammenl dans les to:ues lo et ii des Causes Célèbres,
xxlv AVERTISSEMENT DE l'ÉDITEUR.
Orner, lieutenant-civil au Châtelet lors de la révolution f 5° Marie- Geneviève , mariée au marquis de Villaines ; 5° et Ma rie- Victoire , mariée à M. d'Escorches , marquis de Sainte-Croix.
M. le comte Talon, fils d'Antoine Orner, est aujourd'hui colonel des lanciers de la Garde Royale, et gentilhomme de la Chambre du Roi.
Ainsi , après trois siècles d'ime existence glorieusement consacrée au service de la monarchie, le dernier rejeton mâle de cette famille, d'abord étrangère, mais toute française actuellement, se trouve avoir, dans nos armées, le grade que le premier de son nom qui vint s'établir en France, avoit dans celles de Charles IX (i) : rapprochement remarquable au milieu de si tristes con« trastes et de tant de changements.
(i) "Voyez tom. i , pag. Ix.