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Bientôt on commença , aux heures île l'appel , it remarquer <le« absences dans les rangs. Le rapport en fui fait an général Championnet , qui ne dama point un seul instant que les absents n'eussent été jetés à la mer.
Quelques jours avant celui où le miracle devait avoir lieu , on trouva trois soldats inanimés : un dans la rue Porta Capouana , le second dans la rue Saint-Joseph, le troisième sur la place du Marché- Neuf.
Un d'eux avait encore dans la poitrine le couteau qui l'avait tué , ej au manche du couteau était attachée celle inscription :
« Meurent ainsi lous ces lu reliques de Français , qui sont cause que saint Janvier ne fera pas son m/racle. »
Le général Cliampionncl vit alors qu'il était fort important pour son salut et pour le salul de l'armée que le miracle »e fil.
Il décida donc que d'une façon ou de l'autre le miracle se ferai t.
A mesure que le premier dimanche de niai approchait, les démonstrations devenaient plus hostiles cl les menaces plus ouvertes.
La veille du grand jour arriva : la procession eut lieu comme d'habitude ; seulement , au lieu de défiler entre deux lignes de soldats napolitains , •■Ile défila entre une haie de grenadiers français cl une baie de trouas indigènes.
Toute la nuit les patrouilles furent faites , moitié l>ar les soldats de la répuhlique parlhénopéennc , et moitié par les soldats de la république française. Il y avait pour les deux nations un même mol d'ordre frasco-iulien.
La nuit, quelques cloches isolées sonnèrent ; mais lieu de ce joyeux carillon qui leur est habituel , elles Rejetèrent dans l'air que de luguhre* volées. Ces tintements rappelèrent au général Championnet celai des Vêpres siciliennes, el il promit de ne pas te laisser surprendre comme l'avait fait Charles d'Anjou.
Le malin chacun s'avança vers l'église de Sainte- Claire morne et silencieux. C'était un trop grand contraste avec le caractère napolitain pour qu'il ne fût pas remarqué. Le général , à l'exception des hommes de senice, consigna les soldats dans les 1 cernes, en leur donnant l'ordre de se tenir prêts » marcher au premier appel.
iRICOLO. 110
La journée s'écoula sous un aspect sombre el menaçant. Cependant, comme le miracle ne s'accomplit d'ordinaire que de trois à six heures du soir, jusque-là il n'y eui encore trop rien à dire ; mais celte heure arrivée, les vociférations commencèrent ; seulement celle foi*, au lieu de s'adresser au saint, c'étaient les Français qu'elles attaquaient. Comme le général assistait à la cérémonie avec son étalmajor cl qu'il entendait parfaitement le patois napolitain, il ne perdii pas un mol de loulesles menaces qui lui étaient faites.
A six heures les vociférations se changèrent en hurlements, les bras cominencèreni à sortir des manteaux el les couteaux à sortir des poches. Bras el couteaux se dirigeaient vers le général el vers son étal-major , qui demeuraient aussi impassibles que s'ils n'entient rien compris ou que si la chose ne les eût point regardés.
A huit heures c'étaient des rugissements à ne I plus s'entendre , ceux de la rue répondaient à ceux de l'église ; les grenadiers regardaient le général pour savoir si eux aussi ne tireraient pas la baïonnette. Le général élaii impassible.
A huit heures el demie , comme le lumulie redoublait , le général se pencha vers un aide de j camp cl lui dit quelques mots à l'oreille. L'aide de camp descendit de l'échafaudage, traversa la double haie de soldats français cl napolitains qui conduisait au choeur, se mêla à la foule des fidèles qui se pressaient pour aller baiser la fiole, arriva jusqu'à la balustrade, se mit à genoux cl attendit son tour.
Au bout de cinq minutes , le chanoine prit sur l'autel la fiole renfermant, le sang parfaitement coagulé ; ce qui était, vu l'heure avancée, une grande preuve de la colère de saint Janvier contre les Français ; la leva en l'air, pour que personne ne doutai de l'étal dans lequel elle était ; puis commença à la faire baiser à la ronde.
Lorsqu'il arriva devant l'aide de camp, celui-ci , tout en baisani la fiole, lui pril la main. Le chanoine fit un mouvement.
— Un mot, mon père, dil le jeune officier.
— Que me voulez-vous ? demanda le prêtre.
— Je veux vous dire , de la pari du général en chef, reprit l'aide de camp, que si dans dix minutes le miracle n'est pas fait, dans un quart d'heure vous serez fusillé.
Le chanoine laissa tomber la>fiole, que le jeune
LE CORMCOLO.
aide de camp rattrapa heureusement avant qu'elle n'eût touché la terre , et qu'il lui rendit aussitôt avec les marques de la plus profonde dévotion ; puis il se leva, et revint prendre sa place près du général.
— Eh bien ! dit Champion net.
— Eh bien ! dit l'aide de camp, soyez tranquille, général, dans dix minutes le miracle sera Tait.
L'aide de camp avait dit la vérité : seulement il s'était trompé de cinq minutes. Au bout de cinq minutes, le chanoine leva la fiole en criant : // miracolo è fatlo. Le sang était en pleine liquéfaction.
Mais au lieu de cris de joie et de transports d'allégresse qui accueillaient ordinairement cette heure solennelle, toute celte foule, déçue dans son espoir, s'écoula dans un morne silence : la promesse faile au nom de saint Janvier n'avait pas élé tenue ; malgré la présence des Français, le miracle s'était accompli. Saint Janvier ne les regardait donc pas comme des ennemis; c'était à n'y plus rien comprendre ; cl comme ni le chanoine ni le général ne révélèrent pour le moment la pelile conversation qu'ils avaient eue ensemble par l'organe du jeune aide de camp, personne en effet n'y comprit rien.
Il en résulta que de mauvais soupçons planèrent sur saint Janvier : on l'accusa tout bas de l'être laissé séduire par de belles paroles, et de tourner tout doucement au républicanisme.
Ce bruit fut la première atteinte portée au pouvoir spirituel et temporel de saint Janvier.
Nous avons dit ailleurs comment les choses suivirent un autre cours que celui auquel on s'attendait. Les Français , battus dans l'Italie occidentale , rappelèrent les troupes qui occupaient Naples : le général Macdonahl , qui avait remplacé le général (ihampîonnel , évacua la capitale, laissant la république parlhénopécnne à elle-même. Trois mois après, la pauvre république n'existait plus.
Il y eut alors une réaction terrible contre tout ce qui avait subi l'influence du parti français. Nous avons raconte les supplices de Caracciolo, d'Hector Caraffa, de ( in lin cl d'Eléonorc Pimenlalc; pendant deux mois Naples fut uue vaste boucherie. Que ceux qui en ont le courage ouvrent Colella et fassent avec lui le lour de cet effroyable charnier.
Cependant , lorsque les lazzaroui eurent loul lue ou loul proscrit, force leur fui de s'arrêter. On regarda alors de tout côlé , pour voir si l'on n'avait oublié personne , avant de déraciner les potences,
de démonter les échafauds cl d'éteindre les bûchers; tout était muet et désert comme une tombe ; il n'y avait que des bourreaux sur les places, de* spectateurs aux fenèires, mais plus de victimes.
Quelqu'un pensa alors à saint Janvier, lequel avait fait son miracle d'une façon si anlinalionalc et surtout si inattendue.
Mais saint Janvier n'était pas une de ces puissances d'un jour, à laquelle on s'allaque sans s'inquiéter de ce qu'il en résultera : saint Janvier avait vu passer les Grecs, les Goihs, les Sarrasins , les Normands, les Souabcs, les Angevins, les Espagnols, les vicerois cl les rois, et saint Janvier était toujours debout; de sorte que ce fui tout bas et presque en tremblant que le premier qui accusa 8ainl Janvier formula son accusation.
Mais , justement à cause de celte longue popularité, saini Janvier avait au fond beaucoup plus d'ennemis qu'on ne lui en connaissait. Si bienveillant , si puissant, si allenlif qu'il fût, il lui avait été impossible, au milieu du concert de demandes qui monte éternellement jusqu'à lui , d'entendre et d'exaucer lout le monde ; il s'était donc , sans qu'il s'en doutât lui-même, fait une foule de mécontents, lesquels n'osaient rien dire tant qu'ils se croyaient isolés, mais se rallièrent immédiatement au premier accusateur qui éleva la voix ; il en résulta que celui-ci eut un succès auquel il ne s'élaii pas attendu.
Du moment qu'on n'avait pas mis l'accusateur en pièces, on l'élcva sur un pavois : aussitôt chacun fit chorus ; il n'y eut pas jusqu'au plus petit lazzaronc qui ne formulât sa petite accusation. Saint Janvier, d'abord soupçonné d'indifférence, fut bientôt taxé de trahison ; on l'appela libéral , on l'appela révolutionnaire, ou l'appela jacobin. On courut à la chapelle du Trésor, qu'on pilla préalablement; puis on prit la statue du saint , on lui attacha une corde au cou, on la traîna sur le Mole, on la jela à la mer.
Quelques voix s'élevèrent bien parmi les pécheurs contre celle exécution, qui sentait son 2 septembre d'une lieue; mais ces voix furent aussitôt couvertes par les vociférations de la populace, qui criait : A bas $ainl Janvier! saint Janvier à la mer!
Saint Janvier subit donc une seconde fois le martyre, cl fut jeté dans les flots; il est vrai que cette fois il était exécute en effigie.
Mais saint Janvier ne fui pas plutôt à la mer que la ville de Naples se trouva sans patron, et que.
LE f.ORI
habituée comme elle 1 était à une protection miraculeuse, elle sentit de la façon la plus déplorable l'isolement dans lequel elle se trouvait.
Son premier mouvement, son mouvement naturel, fat de recourir à l'un de ses soixante et quinze patrons secondaires, cl de lui transmettre la survivance de saint Janvier.
Malheureusement ce n'était pas chose facile à faire ; les saints supérieurs étaient occupés ailleurs : saint Pierre avait Rome , saint Paul avait Londres, saint François avait Assise , saint Charles Borromée Arona ; chacun avait enfin sa ville qu'il avait toujours protégée comme saint Janvier avait protégé Naplcs, ' et il n'y avait pas lieu d'espérer que, quelque espérance d'avancement que lui donnât celle nouvelle nomination, il abandonnât son peuple pour un peuple nonveau. D'un aulre côté, en partageant son patronage, il y avait à craindre que le saint n'eût plus de besogne qu'il n'en pouvait faire, et n'étreignil mal pour trop embrasser. Restaient, il csl vrai, les saintes, qui , grâce à l'établissement presque général de la loi salique, ont plus de temps à elles que les saints ; mais c'était un pauvre successeur à donnera saint Janvier qu'une femme, et les Napolitains étaient trop fiers pour laisKcr ainsi tomber le patronage de leur ville en quenouille.
Pendant ce temps toutes sortes de brigues s'our- j
disaient : chacun présentait son saint, exagérait ses I • • i» . I
mérites, doublait ses qualités, s'engageait pour lui
et en son nom , répondait de sa bonne volonté ; il
n'y eut pas jusqu'à saint Gaétan qui n'eût ses prô-
neurs. Mais on comprend que c'était un mauvais
antécédent pour le saint que de s'être laissé voler
lui-même , et de n'avoir pas su se retrouver. Aussi
tau Gaétan n'eut-il pas un instant de chance, et ne
fut-il nommé que pour mémoire.
On résolut de faire un conclave où les mérites des prétendants seraient examinés, et d'où sortirait le plus digne. Les noms des soixante cl quinze saints furent proclamés ; après chaque proclama- , lion, chacun cul la liberté de se lever cl de dire en : faveur du dernier nommé tout ce que bon lui semblerait; la liberté entière du vole fut accordée ; et, ' pour que ces votes fussent essentiellement libres, on décréta que le scrutin serait secret.
Au troisième tour de scrutin, sairilAnloinefutélu.
Ce qui avait surtout plaidé eu faveur de saint Antoine, c'est qu'il est patron du feu.
Or Naples étant incessammeni menacée, comme ,
ALEXAXDRR DCMAS. — TOJtK VU.
,k:olo. i2i
Sodome ctGomorrhc, de périr de combustion instantanée, voyait une certaine sécurité dans le choix d'un patron qui tenait particulièrement sous sa dépendance l'élément mortel et redouté.
Mais Naples n'avait pas songé à une chose , c'est qu'il y a feu et feu , comme il y a fagots el fagots. Saint Antoine était le patron du feu causé par accident, par inadvertance, par maladresse ; il était souverain contre tout incendie ayant pour principe une cause humaine ; mais saini Antoine ne pouvait rien contre le feu du riel ni contre le feu de la terre ; saint Antoine élaii impuissant contre la foudre cl contre la lave, contre les orages et contre les volcans. A part le soin avec lequel il s'était gardé jusque-là, saint Antoine n'était donc pas pour Naples un patron de beaucoup supérieur à saint Gaétan.
Saint Antoine n'en fut pas moins proclamé patron de Naples au milieu de l'allégresse générale. Il y eut des danses, des fêles , des joules sur l'eau , des distributions gratis, des spectacles en plein air el des feux d'artifice ; de sorte que saint Antoine se crut aussi solide à son poste que l'avaient élé successivement les vingt-trois empereurs romains successeurs de Charlemagne, ou les deux cent cinquantesept papes successeurs de saint Pierre.
Saint Antoine comptait sans le Vésuve.
Six mois s'écoulèrent sans qu'aucun événement vint porter atteinte à la popularité du nouveau patron ; deux ou trois incendies avaient même eu lien dans la ville, qui avaient élé miraculeusement réprimés par la seule présence de la châsse du saini : de sorte que non-seulement on commençait d'oublier saint Janvier, mais qu'il y avait même des courtisans du pouvoir qui proposaient de jeter bas la statue de l'ex-patron de Naplcs que, par oubli sans doute, on avait laissée debout à la tête du potUc délia Maddalena.
Heureusement l'exaspération était calmée , el celte proposition de vengeance rétroactive n'eut aucun résultai.
Toul 8cmblail donc marcher pour le mieux dans le meilleur des mondes possible , lorsqu'un beau matin on s'aperçut que la fumée du Vésuve s'épaississait sensiblement et montait au ciel avec une violence et une rapidité extraordinaires. En même temps des bruits souterrains commencèrent à se faire entendre ; les chiens hurlaient lamentablement, cl de nombreuses troupes d'oiseaux effrayés tournoyaient en l'air , s'abatlant pour un instant , puis
LE COKRÎCOLO.
reprenant leur vol aussitôt comme s'ils cusseni craint de se reposer sur une chose qui avait sa racine dans la terre. De son côté , la mer présentait des phénomènes particuliers tout aussi effrayants; du bleu d'azur qui lui est habituel sous le beau ciel de Naples, elle était passée à une couleur cendrée qui lui ôlait toute sa transparence; et quoique calme en apparence, quoiqu'aucun vent ne l'agitât, de grosses vagues isolées montaient, bouillonnant, et venaient crever la surface en répandant une forte odeur «le soufre. Parfois aussi , comme s'il y eût eu pour la mer méditerranéenne une marée pareille à celle qui agite le vieil Océan , le flot montait au-dessus de son rivage, puis tout à coup reculait, laissant la plage nue, pour revenir bientôt comme il s'était éloigné. Ces présages étaient trop connus pour qu'on doutât un seul instant de ce qu'ils annonçaient ; une éruption du Vésuve était imminente.
Dans tout autre moment , Naples s'en serait souciée comme de Colin-Tampon; mais au moment du danger Naples se souvint qu'elle n'avait plus saint Janvier, qui, pendant quatorze siècles, l'avait si bien gardée de son redoutable voisin que, le Vésuve avait eu beau jeter feu et flamme, l'insouciante fille de Parlhénope n'avait pas moins continue de se mirer dans son golfe, comme si la chose ne l'eût regardée aucunement. En effet , la Sicile avait été bouleversée , la Calabre avait été détruite ; Kesina et Torre del Grcco, rebâties, l'une sept fois el l'autre neuf, s'étaient autant de fois fondues dans un torrent de la lave sans que jamais une seule des maisons enfermées dans l'enceinte des murailles de Naples eût été seulement ébranlée. Aussi la confiance était-elle arrivée à ce point que les Napolitains ne regardaient plus le Vésuve que comme une espèce de phare â la lueur duquel ils voyaient le bouleversement du reste du monde sans qu'eux-mêmes eussent à craindre d'être bouleversés. Mais celle fois un vague instinct de malheur leur disait qu'il n'en était plus ainsi. Avec saint Janvier la sécurité avait disparu : le pacte était rompu enire la ville et la montagne.
Aussi , contre l'habitude , une certaine terreur , à la vue de ces signes menaçants, se répandit-elle dans la cité. Au lieu de se coucher aux grondements de la montagne, les nobles cl les bourgeois dans leurs lits , les pécheurs dans leurs barques , les lazzaroni sur les marches de leurs palais , chacun rcsla debout et examina avec inquiétude le travail
nocturne du volcan. C'était à la fois un magnifique et terrible spectacle , car à chaque instant les présages devenaient plus certains et le danger plus imminent. En effet , de minute en minute la fumée se déroulait plus épaisse, el de temps en tempe de longs serpents de flammes, pareils à des éclairs, jaillissaient de la bouche du volcan el se dessinaient sur la spirale sombre qui semblait soutenir le poids du ciel. Enfin , vers les deux heures du matin , une détonation terrible se fil entendre ; la terre oscilla , la mer bondit, et la cime du mont, se déchirant comme une grenade trop mûre , donna passage à un fleuve de lave ardente qui, un instant incertain de la direction qu'il devait prendre, s'arrèla écornant sur un plateau; puis, comme s'il eût été conduit par une main vengeresse, abandonna son coure accoutumé et s'avança directement vers Naples.
Il n'y avait pas de temps â perdre : une fois sa direction prise, la lave s'avance avec une lente mais impassible inflexibilité; rien ne la détourne, rien ne la fléchit , rien ne l'arrête ; elle tarit les fleuves , elle comble les vallées , elle surmonte les collines; elle enveloppe les maisons, les coupe par leur base, les emporte comme des Iles flottantes et les balance à sa surface jusqu'à ce qu'elles s'écroulent dans ses flots. A son approche l'herbe se dessèche, les feuilles meurent, jaunissent cl tombent ; la séve des arbres s'évapore ; l'écorcc éclate et se soulève ; le tronc fume el se plaint ; la lave est à vingt pas de lui encore, que déjà il se tord, s'embrase, s'enflamme, pareil à ces ifs qu'on prépare pour les fêtes publiques ; si bien que lorsqu'elle l'atteint, le géant foudroyé n'est déjà plus qu'une colonne de cendre qui tombe en poussière , et s'évanouit comme si elle n'avait jamais existé.
Ea lave s'avançait vers Naples.
On courut à la chapelle du Trésor; on en lira la 6latue de saint Antoine ; six chanoines la prirent sur leur dos, et, suivis d'une partie de la population , s'avancèrent vers l'endroit où menaçait le danger.
Mais ce n'était plus là un de ces incendies sans conséquence sur lesquels saint Antoine n'avait eu qu'à souffler pour les éteindre ; c'élail une mer de feo qui s'avançait, ruisselant de rocher en rocher , sur une largeur de trois quarts de lieue. Les chanoines portèrent le saint le plus près de la lave qu'il leur fut possible , cl là ils entonnèrent le Diet ira , die» Ma. Mais malgré la présence du saint, malgré | les chants des chanoines, la lave continua d'avancer.