‹ Œuvres de Alphonse DaudetChapitre 45 sur 57 · KADOUR ET KATEL · texte numérisé non relu

KADOUR ET KATEL

ADOUR-BEN-CHÉRIFA, sergentmajor aux tirailleurs indigènes, À était mourant le soir qu’on Pap-

LES porta à la scierie Rippert sur la

Sauerbach; et pendant cinq longues semaines,

tout ébranlé de ses blessures, tremblant de

fièvre, il a vécu comme dans un rêve. Quelquefois il se croyait encore en pleine bataille, hurlant et bondissant à travers les champs de lin et les houblonnières de Wissembourg, ou bien là-bas, en Algérie, dans la maison de son père, le kaïd des Matmatas. Ensuite il ouvrit les yeux, et vaguement il entrevoyait une chambre à grands rideaux blancs, claire et calme, des branches vertes agitées aux fenêtres, un soleil traversé de nuages, et près de son lit une petite sœur de charité attentive, silen-

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