‹ Œuvres de BaconChapitre 44 sur 170 · LIVRE DEUXIÈME, l · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME, l

parait être celle de Tesprit-de-vin ; à moins qu'on n'imagine que le feu follet et les flammes qu'on a vues quelquefois autour de certains animaux en sueur ont encore moins de force. Viennent ensuite , à ce que nous pensons , les flammes des végétaux légers et poreux , tels que la paille, le jonc et les feuilles sèches, flammes dont ne diffèrent pas beaucoup celles des poils ou des plumes. Nous devons peut-être placer immédiatement après les flammes des différentes espèces de bois , surtout de ceux qui ne contiennent pas beaucoup de résine ou de poix, en observant toutefois que la flamme des bois fort menus, tels que ceux dont on fait des fagots, est plus légère que celle des troncs et des racines, comme on peut s'en assurer par la vue de celui qu'on emploie dans les forges de fer, oij le feu de fagots et de branches d'arbres ne serait pas d'une grande cessource. Nous pensons qu'il faut placer ensuite la flamme de Fhuile, du suif, de la cire et celles de toutes les substances onctueuses et grasses de ce genre, flammes qui n'ont pas beaucoup d'action et de force. Mais une chaleur vraiment forte , c'est celle de la poix et de la résine; et une chaleur plus forte encore, c'est celle du soufre, du camphre, de la naphte, de l'huile de pétrole ou des sels (après que la substance crue qu'ils contiennent s'en est dégagée par la décrépitation), ainsi que celle de la flamme des substances composées des précédentes, telles que la poudre à canon, le feu grégeois (connu sous le nom de feu sauvage), toutes substances dont la chaleur est si tenace qu'il est difficile de les éteindre avec l'eau seule.

23^ Nous pensons aussi que la flamme qui s'élance de certains métaux imparfaits est très-forte et très-active. Mais toutes ces différences auraient besoin d'être vérifiées par des observations plus exactes.

23^ Les flammes des foudres les plus redoutables par leurs puissants effets paraissent avoir Infiniment plus d'activité que toutes celles dont nous venons de parler ; et cette activité est telle qu'elles fondent le fer même et le réduisent en gouttes, effet dont toutes les précédentes seraient incapables.

24° Les corps chauffés jusqu'au rouge sont susceptibles de différents degrés qu'on n'a pas non plus observés avec assez de soin. Une chaleur que nous regardons comme une des plus faibles, c'est celle du linge brûlé qu'on emploie communément pour allumer du feu. Il en faut dire autant du bois spongieux ou des cordes desséchées dont on fait des mèches pour mettre le feu aux pièces d'artillerie. Vient ensuite le charbon de bois ou de terre , et même la brique chauffée jusqu'à rougir, et autres corps semblables. De tolites les chaleurs de ce genre , la plus forte nous parait être celle des

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