LIVRE DEUXIÈME
tours et des circuitSu Dé notre côté, ne le perdant jamais de vue, peut-être serons-nous assez heureux pour ne rien oublier de ce qui peut y conduire.
XVII. Mais qu'on se garde (et nous ne saurions trop le redire) ^ en nous voyant faire jouer aux formes réelles un si grand rôle, d'appliquer tout ce que nous en disons à ces autres formes auxquelles les esprits ne sont que trop accoutumés.
Car, 4 <> quant aux formes conjugées qui sont, comme nous Tavons dit, des combinaisons de natures simples alliées ensemble suivant le cours ordinaire de la nature, comme celle du lion, de Taigle, de la rose*, de l'or et autres semblables , ce n'est point des formes de ce genre qu'il est question pour le moment ; il sera temps d'en parler quand nous en serons aux progrès cachés et aux textures cachées, lorsqu'il s'agira de les découvrir dans les composés qu'on qualifie ordinairement de substances, c'est-à-dire dans les natures concrètes.
Et ce que nous disons des natures simples, qu'on n'aille pas non plus l'appliquer à des formes ou à des notions purement abstraites, c'est-àndire non déterminées ou mal déterminées dans la matière. Pour nous, quand nous parlons des formes, nous n'entendons autre chose que les lois et les déterminations de l'acte pur qui caractérisent et constituent telle ou telle nature simple, comme la chaleur, la lumière ou la pesanteur dans toute espèce de matière ou de sujet qui en est susceptible. En effet, dire la forme de la chaleur ou la forme de la lumière, et dire la loi de la chaleur ou la loi de la lumière, ce n'est pour nous qu'une seule et même chose ; car nous avons grand soin de ne pas nous éloigner des objets réels ni de la partie active. Ainsi quand nous disons , par exemple, dans la recherche sur la forme de la chaleur : Rejetez la ténuité, ou, La ténuité ne fait point partie de la forme de la chaleur, c'est comme si nous disions : L'homme peut introduire la chaleur dans un corps dense; ou au contraire : L'homme peut ôter la chaleur à un corps ténu.
Que si ces formes dont nous parlons ici semblaient à quelqu'un avoir aussi je ne sais quoi d'abstrait, en ce qu'elles réunissent et allient ensemble certaines choses hétérogènes ; car on regarde, en effet, comme très-hétérogènes là chaleur des corps célestes et celle du feu , le rouge fixe dans la rose ou autres corps semblables et celui qui parait dans l'iris ou dans les rayons que jette l'opale ou le diamant; la mort par submersion, par combustion, ou par le feu, ou par un coup d'épée, ou par une attaque d'apoplexie, ou par atrophie; et cependant ces choses se trouvent dans la nature du chaud , du rouge , de la mort ; que celui , dis-je , qui parie ainsi sache qu'il a un entendement préocccupé et asservi
par les préjugés , par l'habitude d'envisager les corps dans leurs composition et par les opinions reçues. Car il n'est pas douteux que ces choses qui lui paraissent si hétérogènes et si étrangères les unes aux autres ne laissent pas de se réunir et de coïncider dans la forme ou la loi qui constitue ou la chaleur, ou le rouge, ou la mort. Qu'il se persuade que la puissance humaine ne peut être affranchie et dégagée des entraves que lui donne le cours ordinaire de la nature, ou s'étendre et s'élever à des agents nouveaux et-à de nouvelles manières d'opérer, que par la révélation et l'invention des formes de ce genre. Cependant, après avoir ainsi envisagé la nature dans son unité, ce qui est le but principal, nous parlerons, dans un lieu convenable, des divisions et des ramifications de cette même nature, tant des plus communes et des plus apparentes que des plus intimes et des plus réelles.
XVIII. Il est temps désormais d'offrir un exemple de la réjection ou exclusion des natures que, d'après l'inspection de ces tables de cmnparution , on aura trouvées n'avoir rien de commun avec la forme de la chaleur ; mais auparavant il est bon d'avertir que nonseulement chacune de ces tables suffît pour rejeter telle ou telle de ces natures , mais que c'est même assez d'un seul des exemples qu'elles contiennent. En effet , c'est une conséquence évidente de tout ce que nous avons dit qu'un seul fait contradictoire suffît pour ruiner toute conjecture sur la forme. Néanmoins, pour plus de clarté et afin que l'utilité de ces tables soit mieui^ sentie, nous doublerons ou réitérerons souvent l'exclusive.
Exemple de la réjection ou eosclusion des natures qui n'ont rien de
commun avec la forme de la chaleur,
^^ Par les rayons du soleil est exclue la nature élémentaire.
2^ Par le feu ordinaire et surtout par les feux souterrains qui sont très-éloignés de la surface de notre globe, et dont la communication avec les rayons du soleil est presque totalement interceptée, est exclue la nature céleste.
3® Par la propriété qu'ont les corps de toute espèce (savoir . minéraux, végétaux, parties extérieures des animaux, huile, eau, air, etc.) de s'échauffer à la seule approche du feu ou de tout autre corps chaud, est exclue toute diversité, toute complication, toute délicatesse particulière dans la texture des corps*
4® Par le fer et les autres métaux chauffés au rouge, qui échauffent les autres corps et ne souffrent cepençiant aucun déchet quant à leur poids et à leur quantité de matière, est exclue l'introduction ou le mélange de la substance d'un autre corps chaud.