‹ Œuvres de BaconChapitre 50 sur 170 · LIVRE DEUJUÈMË · texte numérisé non relu

LIVRE DEUJUÈMË

devant lui les parties les plus grossières et par les convertir en liquide; et si la chaleur même devient encore plus forte, il dissout une grande partie de ses molécules et les convertit en une substance volatile.

Cette différence est encore visible dans le fer ou dans les pierres-, espèces de corps qui, à la vérité, ne se fondent et ne se liquéfient point, mais qui ne laissent pas de s'amollir à un degré très-sensible. Il en faut dire autant des verges de bois qui , étant un peu chauffées dans les cendres chaudes, deviennent flexibles.

Mais il n'est point de corps où ce mouvement expansif soit plus sensible que dans l'air, qui par le plus faible degré de chaleur se dilate visiblement et d'un mouvement continu (c>omme on le voit dans l'exemple 38, table III].

Enfin cette même différence est marquée par la nature contraire du froid , car le froid contracte tous les corps et diminue leur volume ; quelquefois même il le fait à tel point que , par un froid très-âpre, on voit les clous tomber des murs, l'airain se déjeter, le verre même , chauffé d'abord et posé ensuite sur un corps froid, se déjeter aussi et se briser. De même l'air, par l'effet du plus léger refroidissement, se contracte et diminue de volume, comme on le voit dans l'exemple 38, table III; mais ce sujet sera traité plus amplement dans la recherche sur le froid.

Or il n'est pas étonnant que le chaud et le froid aient tant d'effets analogues (voyez l'exemple 32, table II) ; car nous trouvons que deux des différences suivantes (de celles, dis-je, dont je vais parler) conviennent également à l'une et à l'autre nature, quoique, dans la différence dont nous parlons ici , les deux modes de leur action soient diamétralement opposés : car le mouvement propre à la chaleur est celui d'expansion et de dilatation, et le mouvement propre au froid est celui de contraction et de rapprochement des parties.

La seconde différence est une modification de la première, à savoir, que la chaleur est un mouvement expansif ou en forme de cercle, avec cela de particulier que le corps chaud tend à s'élever. Il n'y a pas de doute, en effet, qu'il n'existe beaucoup de mouvements mixtes. Par exemple : une flèche ou un javelot tourne en volant et vole en tournant tout à la fois ; de même le mouvement de la chaleur est tout à la fois un mouvement d'expansion et d'ascension.

Cette différence est très-sensible dans une tenaille ou une verge de fer mise au feu : car si, la tenant dans une situation verticale, on applique sa main à la partie supérieure , on se brûle aussitôt ; mais si l'on place la main latéralement ou plus bas que le feu , on n'éprouve cette sensation qu'un peu plus tard.

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