LIVRE DEUXIÈME
tioD de ces deux derniers exemples dans Taphorisme sur les eocem" pies clandestins (Aphor. XXV).
Quant aux effets qui peuvent avoir lieu quand le mouvement d'agrégation mineure est lié par le frein du corps dominant, ils sont très-sensibles dans la décomposition du sang et des urines par le froid : car, tant que ces fluides sont pénétrés d'un espritjplein de vie et d'activité qui gouverne et maintient ensemble leurs parties de différentes espèces en qualité de maître et de seigneur du tout, les parties homogènes ne se réunissent point, vu ce frein qui les en empêche; mais sitôt que cet esprit s'est exhalé ou est suffoqué par le froid , les parties dégagées du frein , obéissant à leur tendance naturelle, se rapprochent et s'unissent. Aussi voit-on que tous les corps qui contiennent un esprit acre et pénétrant, comme les sels, et autres substances analogues, se conservent et ne se décomposent pas, ce qu'on doit attribuer vau frein permanent et durable de cet esprit dominant et impérieux qui les maintient ensemble.
Actuellement cherchons-nous un exemple de la manière dont le mouvement d'agrégation mineure est lié par le mouvement exté* rieur, nous le trouvons surtout dans les corps que leur agitation garantit de la putréfaction. Or toute putréfaction a pour cause la réunion des parties homogènes, d'où résultent (pour nous servir d'une expression commune) la corruption ou dissolution de la première forme et la génération d'une nouvelle ; car la putréfaction qui fraie le chemin à la génération de la nouvelle forme est précédée par la dissolution de l'ancienne, qui n'est que la réunion même des parties homogènes. Cette réunion, si rien ne l'empêche, il n'en résulte qu'une simple dissolution ou décomposition ; mais si elle rencontre différents obstacles, alors s'ensuivent des putréfactions qui sont des rudiments ou des ébauches d'une génération nouvelle. Que si )e corps (et c'est précisément ce dont il est question dans cet article) est fréquemment agité à l'aide d'un mouvement extérieur, alors ce mouvement de liaison, qui est faible, facile à vaincre, et qui exige que les corps en question soient en repos de la part des corps extérieurs, ce mouvement, dis-je, est troublé et cesse d'avoir lieu, explication appuyée d'une infinité d'exemples. C'est ainsi que le mouvement d'une eau courante ou continuellement agitée la garantit de la putréfaction ; que les vents, en débarrassant l'air de ses parties pestilentielles, le purifient; que le grain retourné, remué dans les greniers, se conserve mieux ; qu'enfin tous les corps agités à l'extérieur ne se putréfient pas qisément à l'intérieur.
Reste à parler d'un genre de réunion dont les parties d'un composé sont susceptibles, et que nous ne devons pas oublier, savoir :
foi NObVÊL ORGANUM.
de celui d'où résultent lé durcissement el la dessiccation ; tiai*, dé\ik un corps un peu poreux, tel que le bois, les os, les membranes et autres de cette nature , après que l'humeur , convertie en esprit , s'est exhalée, les parties grossières se contractent avec plus d'effort et s'unissent plus étroitement, d'où s'ensuivent le durcissement et la dessiccation : efîel qui, selon nous, a moins pour cause le mouvement tendant à prévenir le vide que le mouvement d'union et d'affinité dont nous parlons.
Quant à ce qiii regarde l'attraction à distance , elle est rare , et cependant elle est encore moins observée que fréquenté. Si hotis *eh cherchons des exemples, nous voyons qu'une bulle rompt tine autre bulle ; que les médicaments tirent les humeurs en veMu de l'analogie et de l'àiTmité de la substance; que, de deux cordés hlontées à l'unissoil, l'une étant pincée met l'autre en mouvemerit, iquoiqu'elles soient sur deux instruments différents. Ce mouvement paraît môme avoir lieii dans les esprits animaux, quoiqu'on ne l'y ait pas encore aperçu ; mais il réside au degré le plus éminent dans l'àimatit et lé fer aimanté. Ce que nous disons ici des mouvements de l'aimant nous fournit l'occasion d'en bien marquei* les différences. îl est dans l'aimant quatre vertus, ou genres d'actions, 'qu'il ne faut t)as confondre, mais cohsidérer une à une et distinctehient, quoique la stupide admiration des hommes les ait empêchée jusqu'ici de faire ces distinctions. La première est l'attraction d'aihiant à aiinant, de fer à aimant, bu de fer aimanté à Un autre fer, aimanté ou non. La seconde est la pi'opriété de se tourner vers le hord et le sud; à quoi il faut joindre la déclinaison. La troisième est la Dàculté qu'à l'aimant ou le fer aimanté d'agir à travers l'or, le verre, la pierre, etc. La quatrième enfin est la communication de la vertu de Taimant au fer, du fer aimanté à d'autre fer, et cela kans communication de substance. Mais nous ne parlons ici que de la preriiière de ces quatre propriétés, savoir : de la vertu attraclivé. Un autre exemple frappant d'attraction , c'est belle que l'or et Ib tiiei-fcuhe exercent l'un sur l'autre, et qui est si forte que l'or attirb le thet*cure , riiême lorsque ce dernier métal est mêlé avec un onguent et disséminé entre ses parties ; et les ouvriers qui se trouvent continuellement exposés aux vapeurs du mercure ont ordinairement la précaution de tenir dans leur bouche un morceau d'or, pour ramasser ces émanations : safas quoi il leur affecterait violertiment le crâne et les os. Aussi voit-on qu'au bout d'un certain tenips cet or blanchit. Voilà ce que nous avions à dire sur le mouvement d'agrégation mineure.
Soit le neuvième mouvement le mouvement magnétique, i^mi-