LIVRE DEUXIÈME
que celqj-ci se trpuvp cgippris sous le genre du mouvemenf d'a^regatiqn mineure, cependant, s'il agit à de grandes distances et sur des corps d'une grande masse , il mérite une recherche à part . surtout si, ne commençant pas par le contact immédiat (conaitioi^ requise pour un grand nombre d'autres mouvements) et ne s'y terminant pas non plus (comme le font tous les mouvements agréga[tifs), il n'a d'autre effet que d'élever et ^'enfler, pour ainsi dire^j'les corps. S'il est vrai, par exemple, que la lune élève les eaux de la mer et enfle les substances humides: que le ciel étoile attire 1^, pl^nètjBS vers leurs apogées ; que le soleil entraîne tellenaent avec soi Vénus et Mercure qqe ces deux planètes ne puissent s'éloigner de cet astre que jusqu'à un certain point, tous ces mouvement^ paraissent ne se bien classer ni sous le nom d'agrégation majaufe,^ ni sous celui d'agrégation mineure, mais il aemble qu'ils dpiyenl être regardés comme des mouvements d'agrégation moyennçj et imparfait^ , et qu'à ce titre ils doivent former une espèce fi
Soit le dixième mouvement, celui de fuite, mouvement tout à fait contraire à celui d'agrégation mineure, et par lequel les corps, en vertu d'une certaine antipathie, fuient ou mettent en fuite les substances ennemies, s'en séparent et refusent de se mêler çiveç elles. Cîfr, quoique dans certains cas ce mouvement semble n'être qu'accidentel ou n'être qu'une simple conséquence du mouvement ^'qgjrégç^tion mineure , et que les substances homogènes ne se réunissent qulaprès avoir exclu et éloigné d'elles les substances hétérogènes, cependant on doit le regarder comme uq mouvement positif et en former une espèce distincte, vu que dans une infinité de sujets pette tendance à la répulsion paraît jouer un plus grand rôle que la tendance même à l'union.
Ce mouvement se manifeste d'une manière frappante dans les excrétions des animaux. Il n'est pas moins sensible d^ns la répugnance que plusieurs sens, surtout l'odorat et le goût, témoignent pour certains objets qui les affectent respectivement; car l'odorat rejette tellement une odeur très-fétide qu'il en résulte , par communication, un mouvement d'expulsion dans l'orifice de l'estpmac. Une sgveur amère et rebutante est tellement rejelée pa^r le palais et le gosier qu'elle occasionne, par une semblable corrélation, un ébranlement , un mouvement de trépidation dans toute la tête. Ce même mouvement dont nous parlons a beaucoup d'autres effets. Il se manifeste dans certaines antipéristases i par exemple dans lej région moyenne de l'air, dont le froid habituel paraît être une ré- Içction de la nature froide occasionnée par le voisinage de la région
céleste. Il paraît aussi que les grandes effervescences et les inflammations qui ont lieu dans le sein du globe terrestre sont des réjections de la nature chaude repoussée par Tintérieur de la terre. Car lorsque le chaud et le froid sont en petite quantité, ils se tuent, pour ainsi dire, réciproquement ; mais s'ils sont en grande masse, et forment, en quelque sorte, des armées complètes, alors ils se livrent coml3at, et le plus faible est débusqué par le plus fort. On dit que le cinname et les autres substances odoriférantes, étant placées près des latrines et des lieux fétides , retiennent plus obstinément leur odeur, parce qu'alors elles se refusent à leur émission et à leur mélange avec les matières fétides. Nul doute que le mercure, qui tend naturellement à se réunir en un seul corps , ne trouve à cet égard de grands obstacles dans la salive de l'homme , dans la graisse de porc, dans la térébenthine et autres substances de ce genre, qui empêchent ses parties de se réunir, vu le peu d'analogie et d'affinité qu'elles ont avec de telles substances, qu'elles fuient quand elles en sont environnées de tous côtés : en sorte que la tendance des parties de ce métal à fuir ces autres substances avec lesquelles elles sont mêlées, est plus forte que leur tendance à s'unir à celles de leur propre espèce ; et c'est ce qu'on appelle la mortification du mercure. De plus, si l'huile ne se mêle point avec l'eau, ce n'est pas simplement l'effet de la différence de leurs pesanteurs spécifiques, mais plutôt celui du peu d'affinité qu'elles ont l'une avec l'autre ; comme le prouve l'exemple (le l'esprit-de-vin , qui , bien que plus léger que l'huile, ne laisse pas de se mêler très-exactement avec l'eau. Mais les sujets où ce mouvement de fuite ou de répulsion se montre de la manière la plus sensible sont le nitre et autres substances crues de ce genre, qui toutes ont horreur de la flamme ; comme on l'observe dans la poudre à canon, dans le mercure et même dans Tor. Quant au mouvement par lequel le fer fuit l'un des pôles d'un aimant , Gilbert a observé qu'à proprement parler ce n'est point une fuite, mais l'effet d'une conformité, d'une tendance commune à prendre la situation respective la pljus. convenable.
Soit le onzième mouvement celui d'assimilation ou de muîti^ plication de soi-même, ou enfin de génération simple. Or, par génération simple, nous n'entendons pas celle des composés , des mixtes, tels que les plantes et les animaux, mais celle des corps similaires. Le mouvement dont nous parlons est celui par lequel les corps similaires transforment d'autres corps qui ont de l'affinité avec eux, ou qui du moins sont bien disposés, bien préparés pour cette opération, et les convertissent en leur propre substance du e&