LITRE DEUXIÈME
paraisse n'ôtre rien moins que tel. Par exemple, demande-t-on pourquoi le ciel tourne plutôt d'orient en occident que d'occident en orient, ou pourquoi il tourne autour de deux pôles dont Tun est situé près des deux Ourses plutôt qu'autour d'Orion ou de tout autre point du ciel : une telle question semble avoir pour principe je ne sais quel étonnement stupide, ces choses-là , pense-t-on, devant se tirer immédiatement de l'expérience , être admises pu* rement et simplement comme positives. Il n'est pas douteux qu'il n'y ait dans la nature bien des choses qu'on doit regarder comme les dernières de toutes et comme inexplicables; mais celle dont nous parlons paraît n'être pas de ce nombre, et notre sentiment est qu'elle a pour cause une certaine corrélation ou harmonie entre les parties de l'univers, corrélation qui n'a pu encore être saisie et déterminée par l'observation. Que si l'on admet l'hypothèse du mouvement de la terre d'occident en orient , les mêmes questions ont également lieu; car d'abord pourquoi la terre tourne-t-elle sur des pôles quelconques? en second lieu^ pourquoi ces pôles doivent-ils être placés où ils sont plutôt qu'ailleurs? Voilà deux questions auxquelles il faut répondre dans tous les cas. La polarité de Taimant, je veux dire sa direction et sa déclinaison, se rapporte aussi au mouvement dont nous traitons. De plus, il est, comme on n'en peut douter, dans les corps tant naturels qu'artificiels , surtout dans ceux qui ont de la consistance et non dans les fluides, une position respective, un arrangement,^ une distribution de parties déterminée et constante, une sorte de tissu, des espèces de fibres assemblées de telle manière , toutes choses qu'il importe de connaître et qu'il faut lâcher de découvrir. Sans la connaissance de cette texture intime, on ne peut maîtriser ces corps et les modifier à volonté. Quant aux cercles et aux ondulations qu'on observe dans les liquides, et à la faveur desquels, lorsqu'ils sont comprimés, leurs parties, avant de pouvoir se délivrer de cette compression, se soulèvent réciproquement, afin de partager entre elles l'action à laquelle elles sont soumises et de la supporter toutes également ; ce phénomène, nous l'avons avec plus de fondement attribué au oçiouvement de liberté.
Soit le quinzième mouvement celui de transmission par les flores, lequel consiste en ce que les vertus ou actions des corps éprouvent plus ou moins d'obstacles ou de facilité à leur transmission de la part des milieux qui leur servent de véhicules , différences dépendant de la nature de ces corps, des vertus qui opèrent, et du milieu où ils exercent leur action ; car tel milieu convient à la lumière, tel autre au son, tel autre encore au chaud et au froid,
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tel Mite ëhflh âiix Vertus magtiéliques. li en miit dire âutaitt tlë§ ôUtrës actions envisagées respectivement et §ous fcë point dé vtië.
Soit lé seiziëitie dés moiivënients à dénombrer le mbfJki)efhént ¥oyal (car teiië est là dénomination que noua employons pour \h t^ractêriâer) oii le mbuvetherit politique, par leqtiël les partieâ ^Ui; dans un corps, prédoniinent et commandent, mettent pour àiriâi tlirë un frëih eut atitrëë. lés domptent; lés subjnguêtit; lés godtef^ heUt et M fbrcétit à se réunir, â âë âétiârër, à ^âri^êt^r, 6 se iflOU^ ^Hfr* â Se placer; noil paâ eti obéissant gimplëment dus tëndâribéfe (ttii lëiir soht profirës ; tiiaig de là mâhière \û miebi ât)tirdpHéë et tehdant le plus directetuent au bien-être de cëtië t^slrtië ({tii comsmbhde, en sdrtë (Ju'il y à là tiiie sorte dé goui^erfi^eHt et dé pbtîcb ^uë la përtle i-êgtiahtë ëxëbcë Strr les fJartiës S^ëttës. Ce riibilt^ ttiëilt i-éSidë au degré lé plus émitient dariâ lëS ëSpritS deS âhitnaui^. TSint quMl ëSt dans Sa forcé; il règle tous léS modvetnents dëS âdtrës parties et lëS tempéré les uns pâi^ les autres, il Se trbuvë auâ^ dàhs les autres cbrps, ttiais â tin degré inférieur; ëbiitmë ndiiS VA^ Vohs observe en |iarlàtit dd Sang et dëS ilMneS, qUi né se diSSdltëtit jioinl avaht que l'eSt^rit qdi tbêlàit leurs différentes parties et léS maintenait ensemble d&nS Tétât de CdiribihËiisbU nit été ériiiS dU suffoqué. Or, quoique dàtis la t^lu^art deS bdrps léS esprits dotnihèUt^ rb la rapidité de leurS ntdUveitleritâ et leur force (ïênétrërltë, eepëU^ ddnt le mduvémënt dont UduS {iaridns ne lëdr ëSt pas tout à fUifc particulier; mais datis les eorps tnémeS qui; étant trës^ëOndëttsé^y ne sdnt pas intithemeUt pénétrés d'un ëSprit ^lëin dé vie ^ de fbrbë et d'activité (tel que Celui du niercure et du titHdl)^ fcë qui dbihiiië ce Sont les parties grossières : en sorte que. Si l'dn ne troute quél^ que moyen pbUr sëtbuer fce jdUg; pbtir rdtaprë ce f>èirij dn iie ddît point se flatter dé pouvoir dpé^er tJUelqUë nouvelle trànsitorrriatirih dans les corps de cette espèce. Or comme lé but j^topte dé cette série ^ de bette distribution de mdUvëmëntS n'est UUtrë que de rendre lëUrs prédominances plUS fticilës à défcoUvrir par le moyen des exemples de lutte; en ndUs vdyant ainsi fUire méhtibn de cetlè prédominance parmi les mduvëments, on sera porté â croire qUe nous perdons de vue notre objet actUel : mais ce serait s^abUSer que de le penser^ car, dans cette dernière appllcatidn du nibùvement royal , ce n'est j^ias de la prédominance des mdutéments et des forces que nbuS pàrlbns, mais seulement de la prédoiuinânbë dés parties dëhs les borpS; ce qui est tout à fait différent; vu que c'est cette dernière sorte de prédominance qui constitué Tespèce particulière de mouvement dont nduS parlons ici.
Soit le dix-set)tième des mouvements à dénombrer le'^diit)^-
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ment SjJKmtané de rotation, par lequel les corps qui aiment à se mouvoir^ et qiii se trouvent bieri placés; jouissent dé lëbr hature ^ n^olJéisseni qu'à leur propre impulsion, ne tendent qu'à eUx-mémlès^ et semblent ne rechercher que leurs propres embrassementsi Bli effet, les cdt-pâ paraissent susceptibles de troid différents états : ils peuvent ou se mouvoir sans tendre à aucun terme , ou se teàib totti à ftiil etiH&t)bs; ou ëe pbrtérters un terme { et quand ils y Sont arrivéâ) seioB que leur nature les détermine; ils tournent sur ^utihêmes ,0» Ib reposent. Quand ceus qui se trouvent bien placée aimeht le mouvement; ils se meuvent circulairemeht; b'eât-à-dire d'tin misUvement éternel et sans fin ; mais ceux qui; étant foieh ^\ndèài Ont hobreur du mouvement, demébreht dans un parfait repOB. Ceux qui ne sont pas bien placés se meuvent en ligne droite (comme s'ils choisissaient lé plus coiirt chetiiih) vers la thàssë de lebhs ^ngénères: Or, ce mouvement de rotation est suteeptibie de neuf différences; La premiét*e e^t ibelle du centre autour duquel Içs borps âe ttieuvënt. La seconde est relative aux pdles, sur lesquels ils fbnt leurs révolutions; La troisième se rapporte à la grandeur de là Cirdonfécencë qu'ils décrivent dans leur révolutiohj grandeur prbpoHionriée à la dislance où ils sont du centré de cette révolution: La quatrième dépehd de l'espacé qu'ils parcourent dans un teîhpâ déteHniné', selon que la rotation est plus ietlte ou plds rapide. La cinquième est relative à la direction, au sens dans lequel ils se mbuveilt:par exemple d'oriisnt en occident^ ob d'occident en ôHent; Eii sixième lieu, ils peuvent, dans leur révolution, s'éloigner db cétclé parfait par des spires plus ou mpiiis distante^ de leur centré (du centre de cette révolution); 6et)t!èmement; ou par des ^ires plus ou nibins distantes de leurs pôles; huitièmement, ou par des dpifes plus ou moins écartées les unes des autt-es: La Neuvième et dernière différence natt de la variation de leurs pôles, si ces pôles sont mobiles ; différence qui n'appartient pas propremeht à la rbtàtion, à moins que cette variation ne soit l'effet d'un mouvenieht circulaire: Ce mouvement; suivant une opinion commbne et invétérée; est i-egardé cbiiime propre aux corps célestes; mais c'est un point qui a donné heu à une grande et longue dispute ehtfe les ésti*ot^omei!< tant anciens que modernes, dont quelques^ Un^ ont attribué à la terre même le mouvement de rotation : dispute qui n'est pas encorie terminée. Cependant, une question qui méritait tout autrement d'être discutée (si toutefois cet autre point n'est pas hors de dispute] ; c'est de savoir si le mouvement dont il s'agit (en supposant que la terre soit immobile) se termine aux limites de la région céleste*, ou si plutôt on ne ddit pas pensëf que.
descendant pour ainsi dire de là, il se communique à l'air et aux eaux de l'océan. Quant à cet autre mouvement de rotation qui a lieu dans les armes et les corps lancés, comme dards, flèches, balles d'armes à feu, et autres corps semblables, nous le ren-^ voyons à Taphorisme où nous avons traité du mouvement de liberté.
Soit le dix«-buitième mouvement celui de trépidation, qui, dans le sens des astronomes^ nous paraît assez douteux. Quant à nous, lorsque nous promenons nos regards sur la nature entière pour dér couvrir toutes les tendances des corps, ce mouvement-là se présente à notre esprit, et nous parait devoir être constitué en espèce. Or, celui-ci nous semble être un mouvement d'éternelle captivité : je veux dire que les corps qui, eu égard à leur nature, ne se trouvent ni tout à fait bien ni tout à fait mal placés sont dans un perpétuel mouvement de trépidation ; qu'ils sont alors dans une sorte d'inquiétude, ne sachant pas se contenter de leur état actuel et n'osant se porter plus avant. C'est un mouvement de cette nature qu'on obsierve dans le cœur et le pouls des animaux ; il est nécessairement dans tous les corps qui étant dans un état d'ince;*titude et de suspension entre les avantages et les inconvénients, et faisant effort pour se délivrer des derniers, se portent pendant quelque temps vers les premiers, et sont de nouveau repoussés vers le point d'où ils étaient partis.
Vient enfin le dix-neuvième et dernier mouvement, qui semble mériter à peine ce nom et qui est pourtant un mouvement très-réel. Qu'il nous soit permis de l'appeler mouvement tendant à Vinertie, ou d'horreur pour le mouvement. C'est par celui-ci que la terre, en vertu de sa seule masse, demeure immobile, ses extrémités se portant vers son milieu. C'est aussi en vertu de cette tendance que tous les corps extrêmement condensés ont horreur du mouvement, et que, pour toute détermination, ils ont celle de ne se point mouvoir. On a beau les exciter, les agacer d'une infinité de manières pour les engager à se remuer, néanmoins ils conservent leur nature autant qu'il leur est possible. Que si enfin on parvient à les mettre en mouvement, ils ne cessent de travailler pour recouvrer leur repos, qui est leur état naturel , c'est-à-dire qu'ils tendent de toute leur force à ne se plus mouvoir; et quant à ce dernier point, pour l'obtenir ils ne manquent pas d'activité : ils tendent à ce but avec assez de légèreté et de rapidité, comme ennuyés et impatients de tout délai à cet égard. Or, ce mouvement, nous ne pouvons en voir tout au plus qu'une partie et qu'une faible image; car, en vertu de cette espèce de concoction et de digestion que les corps ce-