‹ Œuvres de BaconChapitre 83 sur 170 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

lestes font subir à tous les corps tangibles qui se trouvent près de nous, non-seulement aucun de ces corps ne se trouve au plus haut degré de condensation, mais même tous sont combinés avec une certaine quantité d^esprit.

Nous avons désormais dénombré et défini les espèces et les éléments simples des mouvements, de tendances et de vertus actives qu'on peut regarder comme les plus universelles dans la nature, et cette esquisse que nous en donnons suppose une certaine connaissance de la nature; cependant nous n'avons garde de prétendre qu'à ces espèces indiquéesi on n'en puisse ajouter d'autres; qu'en suivant de plus près les veines et les ramifications des choses on ne puisse changer ces divisions et en donner de plus exactes ; enfin, qu'on ne puisse les réduire à un plus petit nombre : bien entendu qu'on ne se contentera pas de certaines divisions abstraites, et telles que seraient celles qu'on voudrait faire en disant que les corps appètent ou leur conservation, ou leur exaltation, ou leur propagation, ou la jouissance de leur nature ; ou même en disant que les mouvements des corps tendent à la conservation et au bien soit de l'univers entier , comme les mouvements d'arititypie et de liaison; ou des grandes communautés (des grandes masses), comme les mouvements d'agrégation majeurey de rotation et d'horreur du mouvement; ou enfin des formes spécifiques et particulières , comme les autres mouvements. Car quoique ces distinctions soient assez fondées, cependant, si elles ne sont pas déterminées par les propriétés de la matière , conformes à la texture réelle des composa, et tracées d'après les vraies lignes de démarcation, elles sont de peu d'utilité et de pure spéculation. Cependant elles peuvent suffire pour le moment et être d^un assez grand usage quand il ne s'agit que de vérifier les prédominances des forces ou vertus, et de chercher les eccemples de lutte; ce qui est notre objet actuel.

En effet, parmi les mouvements que nous venons d'indiquer, il en est d'absolument invincibles ; quelques-uns , plus forts que les autres, les lient, les brident, les maîtrisent, les gouvernent, les modifient. Ceux-ci sont de tous les mouvements ceux qui agissent à la plus grande distance, et qui ont la plus longue portée ; ceux-là agissent avant coup et préviennent tous les autres par leur célérité. Il en est enfin qui se favorisent, se conservent, se fortifient, s'étendent et s'accélèrent réciproquement.

Par exemple, le mouvement d'antitypie est tout à fait invincible et comme de diamant; mais le mouvement de liaison est-il également invincible? C'est sur quoi il nous reste quelques doutes; car nous n'oserions décider celte question, savoir : si le vide, soit ac-

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cilniiiié, soit disséminé, a réellement lieu. Stâis ce tiont hoiis hë 'doiitôns hultement, c'est que la raisoii qiii a déterhiiné Leucippe et bémocrite â introduire l'hypothèse du vide, savoir, que, sans lé vide, un même corps ne pourrait occuper et remplir tour à tôiir de gi^ands et petite espacés, est absolument fausse. Car ces changements de volume ne sont au fond qtie les effets dé cerisiins plis de là fnatïère, qui se plie et se replié, pour ainsi dire, dans l'espace, éiltre certaines limites et sans l'interposition du vidé. Et il n'est (}ââ vrai qu'il y ait datis l'air deux raille fois plus de vidé que dans rbr, comme ilâ le prélendenl. C'est ce doril nous sommes suiEfisamiiiéiit (Cdnvaincb par là connaissance que houfe avons dés piiissarité effets et de la forcé supérieure deâ substances {Pneumatiques qiii ^ âeloh eux, ttageraiehl dispersées dàiis lé vide comme des graine d'une fine pbusâière, et par beaucoup d'autres preuves. Quant aiik autres ndbuvetnetitô, ils soiit tantôt dominants, tantôt dominés , à ràisoh de leur forcé, de la quantité de matière qui en est douée, de leur vitesse, 'dé la distance â laquelle ilô agissent; enfin, à ràisdii des obstacles ou deà facilités qu'ils èprouvetit poUr exercer leur abtiôn.

Par exemple, tel ainiâiit dt-mé attire et tient suspendii iiti riiorcéâii dé fër éoixanle foie pluâ pesant* jusque-là fc'est le tÀoUverheûl ^agrégation mineure qui l'emporte sur celui ^agrégation md'^ Jeure. Mais si vous augmehtez lé poids du fer, c'est aîôr^ le âecbhd hioiivemënt qui prévaut. tJn levier de téilé force soulève un coi-JjS de tel poids, jusqu'ici c*ëst le mouvettient de liberté qiiî à î'àvatitagé sur le tnouvemeht d'agrégation fnajeure; niais lé poids à SbUlévei' esl-il {)liis grand, ce même mbuveriient aura le desisoùs. UH biiir tendu aveé line certaine force ne se rotnpt pas, et alors d'est le mouvement de côrïiihtiité qui surmbhté le ihouvement d'eactension; tnais, si vous étendez lé cuir avec encore plus de force, il se t*ompt, et le mouvement de continuité est surmonté. L'eau s'écdulo par une fente de telle grandeur^ et dàtis ce cas le mouvement d'a- (frégation majeure l'empoi-te siit le niouvement de tontînuitè. Si là rente est trop petite, alors le {iremiei* succombé et le tiiouvéméril Hé Continuité a le dessus. SI, n'àyéht mis dans un fUsil que du sbiifbe pulvérisé avec la bàllé, vous faites ifeu, la balle n*eét pa§ chassée. Ici c'est le mouvement d'agrégation majeure (Juî a l'avantage sur le mouvement de la ifnaUère; mais si vous chargez avec dé la pdudre, alors cb qui prévaut c'eèt le mouvement de là hiMière dîins le soufré, aidé par le mouvement de ta matière et celui dé fuite combinés dans le riitre, et ainsi des autres. Enfin ëes exèmplel dé lutte qui indiqiient lés prédominances déS vertijs oii foi-ces, et

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