‹ Œuvres de BaconChapitre 85 sur 170 · LIVRE deuxième:. ii · texte numérisé non relu

LIVRE deuxième:. ii

cénë^rvâtiôn dé là c(liaiitité totale sans décHet. Oti s'iniàgine que les ésj)rïts destorps et l'aik*, àlténués par une forte chaleur, né peuvent être rélifermés, retenus dans aucun vaisseau clos; qu'ilè s'ouvrent toujours quelque passage par les pores les plus subtils dé ces corps et s'échappent par ces issueâ. La véritable source de ce préjugé tt'est autre que Teipérience triviale d'un pot renversé sur l'eau d'une cuvette et où l'on a mis une chandelle bu un papier alluin^, car, à l'aide de cette disposition, l'eau es^ attirée ddnâ le pot et &'y élève jusqu'à une certaine hauteur; à quoi il faut joindre celle des ventouses, qili, ayant été mises sur la fiamrhe pehdant quelque temps et échauffées par ce moyen ; attirent ensuite leé chairs : icar on s'imagine que, dans ces deux expériences, l'ait* étant dilaté et chassé aii dehors par la chaleur; sa quantité est diminuée d'autant, et que le vidé qu'il laisse en s'échappant est ensuite rempli par l'eau ou les chairs qui vieniiént occuper sa place en vertu du mouvement de liaison ; ce qui est absolument faux. Et il ne faut pas croire qu'ibi be soit là quantité d'air qui est diiiiinuée; ce qui l'est réellement, c'est seulement son volume : il se cohtractë, et voilà tout. Le mouvehierit par lequel l'eau le remplace n'a libu, ne commence jamais avant que la flànàme soit éteinte et l'air reft-didi. Aussi les taédecins, pdiir (iiîe le& ventoUses attlbent avec plus dfe forbe , biit-ils soih de mettre dessus des éponges imbibées d'eau froide. Ainsi on ne doit point du tout craindre que l'air ni les espHts s'échappent si aisément. Il n'est pas doutent que toui les icorps, même leà plus isolides et les plus compactes; li'aifent lebrs pores ; mais l'air ni les esprits ne se laissent pas ai aisément réduire â cSb degré extrême de subtilité qui serait nécessaire pour qu'ils y trouvassent un passage , et l'eau elle-même né s'éboule poiiit par ohe fente fort étroite.

Quant au second des deux genres de moyens dénombrés : la principale observation à ftiife sur ce sujet, c'est que les cohlpressiobs et autres moyens viblents dé cette ilatiirè sont certainement les plus éffibaces pbur opérer un môuvérnetit local et autres semblables; ce dont on voit assez d'bkemples dans les machihes, les arhies de trait, les corps lancés, etc. Ce sont aussi les plus puiséarits pour détruire un corps organique aussi biëil que toutes les vertus qui ne soilt, â proprement parler, que des modeâ ou des effets du mouvement; pai* exemple, les bomprefesidhs détruisent toute espèce de vie et même de flamme ou d'ignition. Ce genre d'abtion dérangé , ruine tbut mécanisme ; elle détruit même toutes les Vertus qui dépendent d'un certain arràngemeht db parties et dé différences un peu grbssii^rfes dans les parlies ihtégrattles d'îih corifl-

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posé : par exemple, les couleurs. En effet, ia couleur n'est pas la même dans une fleur entière et dans la même fleur écrasée; ni la même dans le succin entier et dans le succin pulvérisé.

Il en faut dire autant des saveurs : autre est la saveur d'une poire qui n'est pas mûre, autre celle de la même poire comprimée et foulée ; dans ce dernier cas, la saveur de ce fruit devient sensiblement plus douce. Mais s'agit-il d'opérer dans les corps similaires des altérations jet des transformations plus profondes et plus intimes , alors ces moyens violents ne peuvent presque rien , attendu que les corps n'acquièrent pas, par les moyens de cette nature, un degré de densité qui soit susceptible de quelque durée, mais tout au plus une densité passagère, forcée, et de telle manière qu'ensuite ils font de continuels efforts pour se tirer de cet état violent et revenir à leur premier état. Cependant il ne serait pas inutile de faire à ce sujet quelques observations ou expériences plus précises, afin de savoir si la condensation ou la raréfaction d'un corps vraiment similaire , tel que l'eau , l'air , l'huile ou autres substances semblables, ainsi opérée par des moyens violents, ne pourrait pas devenir fixe et constante au point que ces corps changeassent pour ainsi dire de nature ; et c'est ce dont il faudrait s'assurer d'abord par le simple mouvement, puis par des moyens auxiliaires et à l'aide d'affinités ou d'autres corrélations. Or, c'est un point que nous aurions pu décider nous-même , si de telles idées se fussent présentées à notre esprit , lorsque nous condensâmes l'eau à coups de marteau ou à l'aide d'une presse, expérience dont nous avons parlé ailleurs , et si nous eussions pensé à examiner l'état de ce liquide en deçà du degré de condensation où il commençait à s'échapper par les pores du métal. Cette sphère que nous avions ainsi aplanie, nous aurions dû la laisser dans cet état pendant quelques jours et alors seulement en tirer de l'eau , afin de voir si elle recouvrerait aussitôt le volume qu'elle avait avant sa condensation. Si elle ne l'eût pas recouvré sur-le-champ ou du moins peu de temps après, il semble qu'on aurait pu en inférer que cette condensation était devenue constante ; mais si le résultat eût été tout opposé , il eût été clair qu'elle s'était rétablie en recouvrant son premier volume, et que la condensation n'avait été que passagère. C'est ce qu'il aurait fallu faire aussi par rapport à l'extension de l'air dans les œufs de verre. Nous aurions dû, après une forte succion, boucher les œufs sur-le-champ et solidement, puis les laisser en cet état pendant quelques jours ; et alors enfin Ton aurait vu si, après qu'on les aurait débouchés, l'air eût été attiré avec un sifHement, ou si, après qu'on aurait plongé ces œufs dans l'eau , ce liquide eût été

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