‹ Œuvres de BaconChapitre 87 sur 170 · LIVRE DÈUXîÊlttÈ. m · texte numérisé non relu

LIVRE DÈUXîÊlttÈ. m

M9is les opiâtâ et Tés autres siib^tatices ahàlogbes rëpouâSënt Ië6 esprits par leurs qualités malignes et entieitiies. Aussi, dès t(u'oti les applique à une partie » les esprits s'en échappent aussitôt et Wf couleut plus aisément. Lorsqu'du prend ces substances intérieures menti leurs vapeui^ montent à la tête, chassent seloii toutes les directions les esprits contenus dans lés ventricules du cervëad ; et comme ces esprits, ainsi resserrés i né troUyent plus d'issues pdut 8'échâpper j ils sont en conséquence fbrt;és de së l*éuuir et de sé condenser : efi\ât qui va quelquefois jusqu'à les êttiindrë et les Suffb^ quer. Ces mêmes opieitSi pris à dose médiocre, uni; un effet toti^ traire. Par leur action médiate et secondaire (je veux dire par cette condensation qtii résulte de la réunion des esprits), ils les foi-tifiënl^ ienr dbnnent plus de consistance, répriment leurs ttiôUvetheritS vagues et incendiaire^; C'est par ce même effet liiu'ils soht d'hiië gi*andb utilité pour la cure des maladies et pour la prolohgatioh de la vie;

Les t)répàrations qui rendisnt les corps plus aisés ft bfrdidir hh sont pas non plus à négliger. Par exemple on s'est assuré; pat* l'expérience; que l'eau un peu tiède se glace plus aisément que l'eaù tout à fait froidoi et ainsi des autres préparations;

De pluS) comme la nature ne dispense le froid qu'avec épargné» pour y suppléer il faut imiter les pharmaciens $ qui^ au défaut du reUiède positif et spécifique qu'on leur demande, j substituent ce qui en approche le plus et font ce qu'on appelle un quiprdiiiUd ; substituant, par exemple, au baume le bois d'aloës et la casse âU dnname. il faut donc, à l'aide d'observations multipliées et variées, voir s'il n'y aurait pas quelque chose qui pût remplacer le froid; je veux dire voir si l'on ne pourrait pUs opérer, par exemple dans les corps , des condensations par tout autre moyen que le froid ; dont elles sont pour ainsi dire l'œuvre, l'effet propre et spécial. Lés différentes espèces de condensations $ autant du mbins qu'on à pu s'en assurer jusqu'ici , se réduisent à quatre. Là première péràlt s'opérer pdr voie de simple impulsion des parties les unes vers les autres , par leur rapprochement purement mécanique , ce qui ne peut guère produire une densité constante, car les corps ainsi comprimés se rétablissent ensuite, mais peut du moins tenir lieu d'un moyen auxiliaire. La seconde s'opère par la contraction des parties grossières après l'émission ou la sortie des parties les plus ténues; effets qu'on observe dans les corps durcis par le feu , dans la trempe réitérée des métaux et autres semblables exehiples. La troisième a pour cause la réunion des parties homogènes et les plus solides d'un corps, lesquelles auparavant étaient séparées les

unes des autres et mêlées avec des parties moins solides ; cet effet a Heu lorsqu'on ramène le mercure sublimé à l'état de mercure coulant, métal qui , sous la forme de poudre , a beaucoup plus de volume que sous cette dernière forme. Il en faut dire autant de toutes les opérations par lesquelles on purifie les métaux en les débarrassant de leurs scories. La quatrième espèce de condensation s'opère par le moyen des affinités et autres secrètes corrélations, c'est-àdire en approchant des corps qu'on veut condenser des substances qui condensent en vertu d'une certaine force occulte : corrélations qui jusqu'ici n'ont été que très-rarement observées; ce qui n'est rien moins qu'étonnant, car, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à la découverte des formes , on ne doit pas se flatter de parvenir à la découverte de ces corrélations. Quant aux corps animés, il n'est pas douteux qu'il n'y ait bien des médicaments qui , pris soit intérieurement, soit extérieurement, condensent en vertu des affinités dont nous venons de parler; mais ces effets sont fort rares dans les corps inanimés. Il est vrai qu'on parle beaucoup, soit dans les conversations , soit dans les livres, d'un arbre qui se trouve dans une île des Açores ou des Canaries, car je ne me rappelle pas bien où, et duquel distille continuellement une quantité d'eau suffisante pour fournir aux besoins des habitants. Si nous en croyons Paracelse, l'herbe appelée rosée du soleil se couvre de rosée vers le midi, et dans le temps de la plus grande chaleur du jour, tandis que toutes les autres herbes sont dans un état de dessèchement; mais pour nous, nous regardons ces deux relations comme fabuleuses. Quoi qu'il en soit ; si les faits de cette espèce étaient vrais , ils seraient très-précieux et mériteraient bien d'être observés de près. De plus, nous ne pensons point que les rosées mielleuses et semblables à de la manne que l'on trouve au mois de mai sur la feuille du chêne soient produites et ainsi condensées par une certaine affinité ou par quelque propriété particulière aux feuilles de cette espèce d'arbre. Mais , comme elles tombent également sur les feuilles des autres arbres, elles s'arrêtent et se fixent sur les feuilles du chêne seulement, parce que ces dernières sont plus compactes et non spongieuses comme la plupart de celles des autres espèces.

Quant à ce qui regarde la chaleur : ce qui manque aux hommes à cet égard, ce ne sont pas les moyens et les facultés ; mais seulement l'attention nécessaire pour observer exactement et bien connaître tels de ses effets, surtout les plus nécessaires de tous, quelles que soient, à ce sujet, les vanteries des spagiriques ^. En effet, l'on

1. Lassalle dit que c'étaient une classe de charlatans, de chimistes ou de médecins qui se vantaient de pouvoir dégager le pur d'avec l'impur. ED.

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