‹ Œuvres de BaconChapitre 89 sur 170 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

çpi^plélemejDt et se manifestent : or les opérations du temp^ sont befiuçoup plus subtiles et plus délicates que celles^ di^ feu. Far ex^ipple , pn ne parviendrait jaipais par le i&pye^ du feii ^ clari-. fier aussi parfaitement Ip vin qu'à l'aide gii t^pips seul î iW p^irties dçB substances pulvérisées p^r le feu ne sojit j^m^is aussi 6a^ 9(, aiis^i déliées que pelles des sut)stançeQ qui ^ sont réspiitea et coaspm^es 4 force de siècles. P( xaèiç^e les ^iQljJBaisoQS ou i^eeirpfih: rations qui sont Teffet sou^iain et précipita (^u feu sont tiec^ucaup mç^v§ parfaites que celles qui sont le pr^d^it. ^\\ teqips ^eu), Uai% tûi^tes I^ (extpres diverses, toutes les dififérent^ qo^atimiipnâ ç^ tâchant de prea(}re 1^ cprp^ Içmg-teinps abancif^imés k ^ux-mêosiss, et ()pnt ils font pour ainsi dire succespivemen^ l'ess^ii, tialles. Qua peuvent être les dififé^'entes espèces de putréfç^çûtipn, sont dét|:uit0i& par le feu et par les chaleurs fortes. Une autre observât!^ qni n'çst point dq tqut étrangère ^ notr^ sujet, ç'es| qi|Q les mauVBmen(3 des corps, exactement clos ont quelque oI\qs^ d'vm p^ vkir. lent^ car cette clôture si exçicte empêche o^ gêne \^ laouY^q^ent^ spontanés d'un çprps. Telle est \^ raison pour Isiqnelle les effets dft la seulp durée, d^ns un vaisseau tout à fait auvert, co^tribueni spécialepi^t 9,u^ séparations; dans un vaisse9^ tpiit. à fftit dmx aux mixtions exactes, aux parfaites combinaisons; enfin, dansua yaissej^u en partie clos et où l'air entrp quelque ppn , dm putré-r. factions. Quoi qu'il en soit, il faut rassembler de tous cdiés des. exemples relatifs anx produits et aux effets de la se^ule dnrée.

Mais le régime du mouvement, qui est le cinquième genre de. moyens, n'est pas le moins puissant. Lorsqu'un corps qui n'a pg^. d'action par luirinème, sp trouvant à la rencontre d'un antre corps.^ empêche, repousse, circonscrit, favorise ou dirige ^pn monyemeôl^ c'est là ce que npus appelons le régime du oiouvement , lequel dé-z pend le plus souvent de la forme et de la structure des vaisseaux. Par exemple , un yaisseau de figure conique, et placé dans une situation droite, favorise la condensation des vapeurs, comme on le voit par l'effet de celle des alambiœ. Msiis lorsque le sopmet c|u cône est en bas, il favorise les défécations; par exemple celle du sucre , dont les formes ont cette figure et cc^te situation. Quelque^ fois il est besoin que les vaisseaux aient des sinuosités, et que I^uf figure aille en s'élargissent et se rétrécissant alternativement, ouaipat d'autres figures semblables. Toutes les différentes espèces dp filtre tions se rapportent aussi à cette classe; et, dans cette opération, le corps qui se trouve à la rencontre de l'autre livre passage à certaines parties de ce dernier corps, et le ferme aux autres. Or la filtratioa ne s'opère pas toujours pxtérieurei^ent; quelquefois ^uss^ un çp«ps

22S NOUVEL OilGANUM.

s'infiUre dans l'intérieur d*un aulre corps : et c'est ce qui arrive lorsqu'on met de petites pierres dans l'eau pour y ramasser le li~ mon, ou lorsqu'on clarifie des sirops à l'aide du blanc d'œuf , siib~ stance visqueuse à laquelle s'attachent les parties grossières, qui deviennent ainsi plus faciles à séparer des autres et à enlever. C'est encore à ce régime de mouvement que Telesio, qui avait bien peu approfondi ce sujet, a attribué les figures des animaux, frappé apparemment de ces sinus, de ces espèces de poches qu'on trouve dans la matrice. Mais il aurait dû aussi nous montrer une sein>blable conformation dans les coques d'œuf, lesquelles pourtant n'ont ni rides ni inégalités. On peut regarder aussi comme un vrai régime de mouvement toute opération qui consiste à modeler les corps et à les jeter en moule pour leur donner telle figure déterminée.

Quant aux effets opérés par les affinités ou les oppositions, ils sont ensevelis dans une profonde obscurité : car ces propriétés occultes et spécifiques, ces sympathies et ces antipathies dont on parle tant, ne sont en grande partie que des productions d'une philosophie dépravée ; et l'on ne doit point se flatter de pouvoir découvrir toutes ces secrètes corrélations avant la découverte des formes et des textures simples, une affinité n'étant autre chose que l'analogie réciproque et la convenance des formes et .des textures.

Or, les plus grandes et les plus universelles de ces corrélations ne sont pas entièrement inconnues ; ainsi c'est par celles-là qu'il faut commencer. La première et la principale de ces différences consiste en ce que certains corps qui ont beaucoup de rapport entre eux par leur texture diffèrent prodigieusement par la quantité de leur matière; tandis que d'autres, au contraire, très-analogues par leur quantité de matière , diffèrent beaucoup par leur texture. Et les chimistes ont observé avec raison que dans ce ternaire de principes qu'ils supposent , le mercure et le soufre qui en font partie pénètrent dans toutes les régions de ce vaste univers et sont répandus partout (car leur théorie sur le sel est tout à fait inepte, et ils ne l'ont imaginée qu'afin de pouvoir classer sous ce nom toutes les substances terreuses, fixes et sèches). Mais dans les deux autres se manifeste sensiblement une des affinités ou corrélations les plus universelles de la nature ; car il y a beaucoup d'affinité entre le soufre, Thuile, la vapeur grasse, et peut-être la substance, le corps même d'une étoile. D'un autre côté, le mercure , Teau et les vapeurs aqueuses, Tair, peut-être encore l'éther pur et répandu entre les étoiles, ont aussi entre eux beaucoup d'affi-

LIVKË DEUXIÈME.

nité. Cependant ces deux quaternaires, ou ces deux grandes familles de corps ( en les considérant chacune dans leurs classes et leurs limites respectives ) , diffèrent prodigieusement par la densité ou quantité de matière; mais, quant à leur texture, ils ont beaucoup d'analogie et d'affinité , comme on en voit la preuve dans un grand nombre de sujets. Au contraire, les divers métaux ont beaucoup de rapport entre eux par la quantité de matière, surtout en comparaison des végétaux , mais ils diffèrent à une infinité d'égards quant à leur texture; il en faut dire autant des différentes espèces d'animaux et de végétaux, dont les textures sont prodigieusement diversifiées. Mais si on les envisage par rapport à leurs densité ou quantité de matière, toules leurs différences à cet égard se trouvent renfermées dans les limites d'un petit nombre de degrés.

Vient ensuite la plus universelle de toutes les corrélations après celle dont nous venons de parler : je veux dire celle qui se trouvt entre les corps principaux ( les substances composantes ou les éléments des composés, leurs principes] et les substances qui les fomentent ou les nourrissent, en un mot entre les menstrues et leurs aliments. Ainsi il faut chercher sous quel climat, dans quelle espèce de sol et à quelle profondeur s'engendrent les différentes espèces de métaux. Il faut faire les mêmes recherches par rapport aux pierres précieuses, soit qu'on les tire des rochers ou qu'on les trouve dans des mines; chercher aussi dans quelle espèce de sol chaque espèce d'arbre, d'arbrisseau ou de plante herbacée vient le mieux et semble se plaire 'le plus ; comme aussi quelles sortes d'engrais, soit fumiers de toute espèce, soit craie, soit sable marin, cendres, etc., ils préfèrent, et lesquels de ces engrais conviennent le mieux à chaque espèce de sol. Il en faut dire autant de la greffe des arbres et des plantes, ainsi que des règles à suivre pour qu'elle réussisse, c'est-à-dire de celles qui montrent sur quelles espèces de plantes telles autres espèces se greffent avec le plus de succès : toutes choses qui dépendent aussi des affinités et des convenances réciproques. Il est en ce genre une expérience dont le résultat n'est pas sans agrément, et qu'on a, dit-on, tentée dans ces derniers temps. Je veux parler de la greffe de sauvageon sur sauvageon (car jusque-là on n'avait pratiqué la greffe que sur les arbres de jardin ) , et à l'aide de laquelle on obtient de pius grandes feuilles et de plus gros glands. Ainsi l'on se procure par ce moyen des arbres qui donnent plus d'ombre. De même il faut déterminer comparativement les aliments qui conviennent aux différentes espèces d'animaux , et aux préceptes positifs en ce genr« H.

joipdre les nég^life. Par ei^^emple, les apimaux cvoivore^pe vir vent pas volontiers de plantes herbacées. Aussi, quoique rhomme pit, par sa seqle volonté , ))eaucQup plus d^ pouvoir et d'eippire sur son corps que tQU3 le^ autres animaux , néanmoins Tordre des Feuillants ^, dit-on, a été bientôt réduit à rien, la nature humairfe étant incapable de soutenir Ipng^temps un régime tel que celui qu'ils avaient choisi» Par la même raison il faut observer avec sQin les matières (Ùv^rges des putréfactions d'où s'engendrent pertajns ^nlmanx.

Disons donc qu@ )es analogies ou affinité des corps élémçntairi3S pvec ce^\ qni leur sont subordonnés (car on peut regarder pomme (els ceux que nous avgns spécifiés], que ces corrélations, dis-je, SQnt asses sensibles, et qu'il en est de môme de celles des sens avec leurs objets respectifs ; genre de corrélations faciles à ape^cçyojr. qui, étant observées avec soin et bien pnalvsées, peuvent répondre un grand jour sur celles qui demeurent plus cachées,

Uais les alunites et les oppositions intimes, ou, si l'on veut, les an)itiés et les inimitiés secrètes ( car nous sommes las de ces mots de sYpopathiç et d'antipathie, à causo des idées superstitieuses et puériles qu'on y a attachées) sont ou mal appliquées, ou entremêlées de fables, ou en fort petit nombre, pour avoir été trop peu observées. Par exemple, si quelqu'un, ayant observé que la vigne et le nbou plantés l'un près de l'autre ne viennent pçis bien, supposait, pour expliquer cette apparente opposition, une certaine jintipatbie entre ces deux espèces de végétaux , il ferait une supposition fort inutile ; puisqu'il suffît, pour rendre raison de ce phé^npn^ène, de dire que ces deux plantes, ayant beaucoup de sucs et en étant fort avides, se dérobent l'une à l'autre les sucs de la (erre pt s'affament réciproquement : de même, en observant que les blup^s et les coquelicots se multiplient dans presque tous les champs à blé fit rarement ailleurs ; au lieu de dire qu'il y a une certaine aPinit^ ou an9logie entre le blé et ces deux autres plantes, il fau?- (îrait 4ire au contraire qu'il y a entre eux une sorte d'opposition : |p bluet et le coquelicot ne se formant et ne se nourrissant que de cette partie des sups de la terre que le blé rejette et abandonne ; pn ^rtp que toute la préparation nécessaire pour rendre une terre prqpri^ ^ produire ces deux espèces de plantes, c'est d'y semer du bié- i\ est un grand nombre de fausses applications de cette espèce qui Qat besoin d'être ainsi rectifiées. Quant aux sympathies fabu- Ipuse^^ notre seatiment est qu'il faut les rejeter tout à fait, Reste '^nc pi$ pç^t nQfnhre d'affinités dont I9 réalité est prouvée par des

Page 1