LIVRE DËUXtÈMk. i3i
féUs bien cbhstatés, iétlëâ qbë rèlleë de Tâithànt et du f^r, de t^Oh ël dii mercure, et ëalres ëemblëbles. Pait'itil le gfahd lîotnbfé d'observations et d'expériences que les chimistes ont faites sut- les métaux, oti trouve aussi quelques attires cot-rétations qui hiéritetlt de fixëf l'attention. Mais où l'on tfoUVe le plUs gtaild dobibi^e dé ^ei afflriités dii co^rêlations, c'est ôhni ceHëihs femèdes t{Ui, èfi vertU de ce qu'on appelle leurs qualités occultes o\ï leufs pi-opriétés èpêcifiqlies, sont cotnthe affectés a tels niembres ou organes, à telle espèce d'humeur, à tel genre de thaladie-, quelquefois même à telle constitution individuelle. H lie faut pës non plus négliger tëâ corrélations existantes eritre les îtiôuveihents oU les affectionâ de la luue et les affections (ou modes passif^] des corpâ inférieurs; les corrélations, dis-je, telles que peuvent les indiqUef les ëxpêriencéi et lés observations tirées de l'agriculture, de la Uavigatidn, dé ïâ médecine, où autres semblables, en ne les adoptant qU^après Uil sévère examen , et en mettant dans ce choix autant dé sincérité que de jugement. Mais cette rahetè des faits relatifs aux secrètes corrélations n'est qu'une raisoti de plUs poUr ïeé fécUéillif aVéë solh, d'après des traditions et des felations dignes de foi : pôurVu qu'dtl lé fasse en se dépouillant de tout laisser -aller et de toute crédiilité ; éh un mot, qu'on ii'adopté de tels faits qu'avec la plùâ grande circonspection et avec uhe sorte de foi chancelante, ttë^te un geni*e dé corrélations qui , considéré par Rapport à la maniêi-ô dont on place les corps poUr les faire adt* lés uns sut^ les autres, setnble tbutâ fait destitué d'art et de méthode, hiais qUi, eiivisagé par rapport à l'utilité, est Un vrai polychreste ; je veux dire la combinaison et l'union, facile ou difficile, des corps, par voie de simple apposition ou juxtaposition. Car il est des corps qui se hiélent et s'incorporent aisément ensemble, et d'autres qui ne se coinbinerit qu'avec peine. Par exemple, les terres pulvérisées s'incorporent préférablément avec l'eau, les chaux et les cehdres aveé l'huile , et ainsi des autres. Il faut rassembler des exëUiples de là propension et de V aversion des corps , noh-seulemertt pour la cohibinaison et l'incorporation, mais de plus pour telle distribution, tel arrangement de parties , après qu'ils ont été mêlés ensemble ; enfin des exeniples de prédominance qui ont lieu dans les composés , lorsque la niixtion des substances composantes s'est opérée complètement.
Resté enfin le septième et dernier genre de hlbyehs, savoir, la métliode, qui consiste à ettiployér successivement et ëltérnativement les moyens des six premières Classes ; genre de rtiélhode dont , avant d'ëVoir approfondi chacUn des six autres , il ne serait pas
encore temps d'offrir des exemples. Or la suite et l'enchalneraest d'une alternation de ce genre, ainsi que la manière de l'approprier aux différents effets qu'on a en vue, est ce qu'il y a de plus difficile à déterminer; mais cette méthode, une fois bien saisie, est d'un continuel usage dans la pratique. Le plusgrand obstacle en ceci, c'est l'impatience même des^hommes et le peu de goût qu'ils ont ordinairement pour toute spéculation ou exécution de ce genre. C'est néanmoins comme le 61 du labyrinthe : c'est le seul qui puisse nous bien guider et nous mettre en état d'exécuter de grandes choses. Mais en voilà assez pour de simples exemples polychrestes.
LI. Nous mettrons au vingt-septième rang, parmi les préroga-^ tives des faits, les exemples magiques. Nous désignons sous ce nom tous ceux où soit la matière , soit la cause efficiente , est en trèspetite quantité , eu égard à la grandeur des produits ou des effets qui s'ensuivent; proportion telle que ces effets, quoiqu'assez communs , semblent quelquefois tenir du miracle , les uns à la première vue , d'autres même après l'examen le plus attentif. Les exemples de cette espèce sont assez rares , et la nature , par elle-même , ne les dispense qu'avec épargne. Mais nous ignorons ce qu'en ce genre elle pourrait faire si elle était mieux approfondie , si l'on découvrait les formes essentielles , les graduations cachées et les textures secrètes des différents corps; et c'est une connaissance réservée aux siècles suivants. Or, ces effets magiques, autant du moins que nps connaissances actuelles nous permettent de le conjecturer, s'opèrent de trois manières : ou par la faculté qu'a telle ou telle substance de se multiplier elle-même, comme on en voit des exemples dans l'action du feu, dans celle des poisons réputés spécifiques, ainsi que dans lés mouvements communiqués et renforcés par des roues; ou par la propriété qu'ont d'autres substances d'exciter, d'inviter, pour ainsi dire , un corps au mouvement : tel est l'aimant, qui excite ainsi une infmité d'aiguilles, sans rien perdre de sa vertu ni souffrir le moindre déchet à cet égard; tel est aussi le levain, et il en faut dire autant'de toutes les substances de ce genre ; ou enfm par l'antéversion (la précession) du mouvement, comme nous l'avons supposé pour expliquer les effets de la poudre à canon , de l'artillerie et des mines ; trois espèces de moyens dont les deux premiers exigent la recherche des affinités et autres corrélations, et le troisième la mesure des mouvements. Mais est-il, en effet, quelque moyen de transformer les corps en opérant sur leurs plus petites parties , et de changer les textures les plus déliées de la matière; genre d'opération qui pourrait conduire à toutes les espèces de transformations possibles , et qui aurait de si