‹ Œuvres de Balzac (volume 3)Chapitre 112 sur 157 · A SARAH · texte numérisé non relu

A SARAH

Madame.

Par un temps pur, aux rives de la Méditerraée où s'étendail jadis l'élégant empire de votre om, parfois la mer laisse voir sous la gaze de îs eaux une fleur marine , chef-d'œuvre de la naire : la dentelle de ses filets teints de pourpre , de islre, de rose, de violet ou d'or, la fraîcheur de ses ligranes vivants, le velours du tissu, tout se flétrit es que la curiosité l'attire et l'expose sur la grève, le même le soleil de la publicité pourrait offenser otre pieuse modestie. Aussi dois-je,en vous dédiant elle œuvre, taire un nom qui certes en serait l'orueil; mais à la faveur de ce demi-silence vos oagnifiques mains pourront la bénir , votre front

sublime pourra s'y pencher en rêvant , vos yeux , pleins d'amour maternel, pourront lui sourire, vous serez ici tout à la fois présente et voilée. Comme cette perle de la Flore marine, vous resterez sur le sable uni, fin, blanc et pur, où s'épanouit votre belle vie, cachée par une onde, diaphane seulement pour quelques yeux amis et discrets.

J'aurais voulu vous offrir une œuvre en harmonie avec vos perfections, mais si c'était chose impossible, je savais, comme consolation, répondre à l'un de vos instincts en vous donnant quelque chose à protéger.

Aux Jardies, décembre iS38.

UN

iRAND HOMME DE PROVINCE

A PARIS

PRÉFACE

Un grand homme de province a Paris est la suite ! Illusions perdues, l'introduction de cette scène,

plus longue peut-être de toutes celles qui com- .seront les ÉTUDES DE MOEURS. L'auteur irouve encore une fois le déplaisir d'annoncer que

tableau n'est pas fini. Il reste une troisième irlic de Illusions Perdues. Le départ du héros, n séjour à Paris sont en quelque sorte les deux crnières journées d'une trilogie que complétera

retour en province. Celte dernière partie aura >ur titre les Souffrances de l'inventeur, et paraîtra ; manière à ne pas laisser refroidir l'intérêt que s personnages de ce drame ont pu faire naître. îs principaux acteurs se retrouveront d'ailleurs i dénoûment avec la ponctualité classique en »age dans l'ancien théâtre, ayant tous perdu assez illusions pour que le titre commun aux trois pares de l'œuvre soit justifié.

L'auteur a-t-il rempli les promesses de Tavertisiment qui précède Illusions perdues? on en jugera. es journalistes ne pouvaient pas plus que les îtrcs professions échapper à la juridiction de la miédie. Pour eux, peut-être eùt-il fallu quelque auvel Aristophane et non la plume d'un écrivain

peu satirique ; mais ils inspirent à la littérature une si grande crainte , que ni le Théâtre, ni l'ïambe, ni le Roman, ni le Poëme comique n'ont osé les traîner au tribunal où le ridicule castigat ridendo mores. Une seule fois monsieur Scribe essaya cette lâche dans sa petite pièce du Charlatanisme, qui fut moins un tableau qu'un portrait. Le plaisir que causa cette spirituelle ébauche fit concevoir à l'auteur le mérite d'une peinture plus ample. Une autre fois, monsieur de Latouche aborda la question des mœurs littéraires, mais il attaquait moins le journalisme qu'une de ces coalitions formées au proût d'un système, et dont la durée est subordonnée à l'obscurité des talents enrégimentés : une fois célèbres, les coalisés ne peuvent plus s'entendre : disciplinés pendant le combat, les Pégases se battent au râtelier de la gloire. Cet homme d'esprit ne fit d'ailleurs qu'un article épigrammatique , et néanmoins suffisant , il a eu la gloire de doter la langue d'un mot qui restera, celui de Camaraderie, devenu depuis le titre d'une comédie en cinq actes. Ainsi donc, l'auteur a le mérite d'une action d'autant plus courageuse qu'elle a effrayé plus de monde. Comment, par un temps où chacun va

PREFACE

cherchant des sujets neufs, aucune plume n'oset-elle s'exercer sur les mœurs horriblement comiques de la presse, les seules originales de notre siècle? L'auteur manquerait cependant à la justice , s'il oubliait de mentionner la magnifique préface d'un livre magnifique, Mademoiselle de Maupin, où monsieur Théophile Gautier est entré, fouet en main, éperonné, botté comme Louis XIV à son fameux lit de justice, au plein cœur du journalisme. Cette œuvre de verve comique, disons mieux, cet acte de courage a prouvé le danger de l'entreprise. Le livre, une des plus artistes, des plus verdoyantes, des plus pimpantes, des plus vigoureuses compositions de notre époque, d'une allure si vive, d'une tournure si contraire au commun de nos livres, a-t-il eu tout sonsucccs?cn a-t-on suffisamment parlé? L'un des rares articles qui le fustigèrent fut plutôt dirigé contre la parcimonie du libraire qui refusait des exemplaires au journal, que contre le jeune et audacieux auteur. Le public ignore combien de maux accablent la littérature dans sa transformation commerciale. Depuis l'époque à laquelle est pris le sujet de celte scène, les malheurs que l'auteur a voulu peindre se sont aggravés. Autrefois, le journalisme imposait la librairie en nature : il lui demandait une certaine quantité d'exemplaires qui , d'après le nombre des feuilles périodiques, n'allait pas à moins d'une centaine, en outre du payement des articles après lesquels courait indéfiniment le libraire, sans pouvoir souvent les voir paraître, et qui, multiplié par le total des journaux, faisait une somme considérable. Aujourd'hui ce double impôt s'est augmenté du prix exorbitant des annonces , qui coûtent autant que la fabrication même du livre. Or, comme rien n'est changé aux habitudes financières de certaines critiques, il en est deux ou trois, pas davantage , qui peuvent être partiales ou haineuses, mais qui sont désintéressées, il s'ensuit que les journaux sont funestes à l'existence des écrivains modernes. Croyez-vous que de nobles esprits, que beaucoup d'âmes indignées aient applaudi à la préface de monsieur Théophile Gautier? Le monde a-t-il bonoré, célébré la comique poésie avec laquelle ce poêle a dépeint la profonde corruption, l'immoralité de ces sycophanles qui se plaignent de la corruption , de l'immoralité du pouvoir? Quelle épouvantable chose que la tiédeur des

honnêtes gens , ils s'occupent de leurs blessures et traitent en ennemis les médecins ! Le monde regarde celte délicieuse arabesque comme dangereuse, quand il ne craint pas d'exposer aux regards quelque Léda de Gérard, quelque Bacchante de Girodet, qui est cependant en peinture ce qu'est le livre en poésie.

Les mœurs du Journal constituent un de ces sujets immenses qui veulent plus d'un livre et plus d'une préface. Ici, l'auteur a peint les commencements de la maladie, arrivée aujourd'hui à tous ses développements. En 1821 , le Journal était dans sa robe d'innocence, comparé à ce qu'il est en 1839. Mais si l'auteur n'a pu embrasser la plaie dans toute son étendue, il l'a, du moins, abordée sans terreur. Il a usé des bénéfices de sa position. Il appartient au très-petit nombre de ceux qui n'ont point de remerctmenls à faire au journalisme : il ne lui a jamais rien demande , il a fait son chemin sans s'appuyer sur ce bâton pestiféré; l'un de ses avantages est d'avoir constamment méprisé celle hypocrite tyrannie, de n'avoir imploré d'aucune plume aucun article, de n'avoir jamais immolé dans d'inutiles réclames d'immorlcls écrivains pour en faire le piédestal d'un livre qui , par le temps actuel , n'a pas six semaines à vivre. Il a enfin le droit , chèrement acheté, de regarder en face ce cancer qui dévorera peul-être le pays. Probablement, à propos de ceci, plusieurs diront que l'auteur simule des blessures pour attirer sur lui quelque intérêt, et que pour lui tout est douceur. Eh bien, hier encore, à son sujet, la calomnie et la diffamation étaient telles que la police correctionnelle, saisie par un de ses libraires d'un article où l'on attaquait une opération utile à la littérature contemporaine, un effort de la librairie française qui regimbe contre la Belgique, déployait toute la rigueur des lois à rencontre d'un petit journal. Les magistrats ont appris quelle est l'impuissance de la presse. Le libraire a prouve l'existence de quatre éditions, imprimées toutes en caractères et dans des imprimeries différentes, du Médecin de campagne, livre qui ne compte pas une seule approbation dans quelque journal que ce soit, tandis que l'auteur attend encore une seconde édition d' Eugénie Grandet, celle de ses œuvres avec laquelle les critiques essayent d'étouffer les autres par des louanges exagérées. Le journal a tout dit

FRÉFACE.

îr l'auteur. L'auteur a supporté, dans un procès >sez connu, tout ce que pouvaient les auteurs con- •e un des leurs ; ainsi, quelle blessure nouvelle lui :rait-on après avoir attaqué sans succès sa per- )nne, son caractère, sa bonne comme sa mauvaise >rtune, ses mœurs et ses prétendus ridicules? •u'on ne croie pas cependant que la passion, un ésir de vengeance ou quelque sentiment mauvais ait inspiré dans l'exécution de l'œuvre présente. I avait le droit de faire des portraits, il s'est tenu ans les généralités. Le journalisme joue d'ailleurs n si grand rôle dans l'histoire des mœurs contemoraines, qu'il aurait peut-être été taxé plus tard e pusillanimité, s'il avait omis cette scène du rand drame qui se joue en France. A beaucoup de scieurs, ce tableau pourra paraître chargé; mais u'on le sache, tout est d'une réalité désespérante, t tout néanmoins a été adouci dans ce livre dont i portée est d'ailleurs restreinte par la nature du ujet. Il ne s'agit ici que de l'influence dépravante u journal sur des âmes jeunes et poétiques , des iffîcultés qui attendent les débutants et qui gisent lus dans l'ordre moral que dans l'ordre matériel, on-seulement le journal tue beaucoup de jeunesse t de talents, mais il sait enterrer ses morts dans le lus profond secret, il ne jette jamais de fleurs sur îurs tombes, il ne verse de larmes que sur ses déjnts abonnés. Répétons-le ! le sujet a l'étendue de époque elle-même. Le Turcaret de Lesage , le hilinte et le Tartufe de Molière , le Figaro de ieaumarchais et le Scapin du vieux théâtre , tous es types s'y trouveraient agrandis de la grandeur e notre siècle où le souverain est partout, excepté ur le trône, où chacun traite en son nom, veut se lire centre sur un point de la circonférence, ou roi ans un coin obscur. Quelle belle peinture serait elle de ces hommes médiocres, engraissés de tra-

hisons, nourris de cervelles bues, ingrats envers leurs invalides , répondant aux souffrances qu'ils ont faites par d'affreuses railleries, à l'abri de toute attaque derrière leurs remparts de boue, et toujours prêts à jeter une part d'os à quelque mâtin dont la gueule parait armée de canines suffisantes, et dont la voix aboie en mesure ! L'auteur a dû négliger bien des détails, renoncer à plusieurs personnages : l'œuvre eût dépassé les bornes, et d'ailleurs, sa position lui ordonnait d'éviter les personnalités. Mais ce livre empêchât-il seulement un jeune poëte, une belle âme, vivant au fond de la province, au milieu d'une famille aimée, de venir augmenter le nombre des damnés de l'enfer parisien qui se battent à coups d'encrier, se jettent à la tête leurs œuvres avortées, et s'arrachent la fourche pour faner à l'envi l'un de l'autre les fleurs les plus délicates, ce livre aurait fait une bonne action. N'est-ce pas beaucoup pour un livre, aujourd'hui que les livres naissent, vivent et meurent comme ces insectes de l'Hypanis, dont les mœurs ont fourni peut-être le premier de tous les articles de journaux à je ne sais quel Grec. Cette œuvre conservera-t-elle quelques illusions à des gens heureux? l'auteur en doute : la jeunesse a contre elle la jeunesse; le talent de province a contre lui la vie de province dont la monotonie fait aspirer tout homme d'imagination aux dangers de la vie parisienne. Il en est de Paris pour eux comme de la bataille pour les soldats, tous se flattent le matin d'être en vie le soir, les morts ne se comptent que le lendemain. Les Lucien sont comme les fumeurs qui , dans une mine à mofettes , allument leur pipe , malgré les défenses. Les abîmes ont leur magnétisme. Au moins apprendra-t-on ici que la constance et la rectitude sont encore plus nécessaires peut-être que le talent pour conquérir une noble et pure renommée.

Paris , avril 1839.

]>fc li*L7.AC. T. VI.

UN

GRAND HOMME DE PROVINCE

A PARIS

k MADAME SÉCHARD FILS , PLACE DU MLRIER , A ANGOCLÊME.

Paris, septembre 1821.

Ma chère Eve, les sœurs ont le triste privilège ■pouser plus de chagrins que de joies en partaint l'existence de frères voués à l'art, etjecom- :nce à craindre de te devenir bien à charge, u-je pas abusé déjà de vous tous, qui vous êtes xiliés pour moi ? Ce souvenir de mon passé, si npli par les joies de la famille, m'a soutenu litre la solitude de mon présent. Avec quelle ra- 1 î té d'aigle revenant à son nid, n'ai-jc pas trarsé la distance qui nous sépare pour me retrout dans une sphère d'affections vraies, après avoir rouvé les premières misères et les premières dénions du monde parisien ! Vos lumières ont-elles lillé? Les tisons de votre foyer ont-ils roulé? ez-vous entendu des bruissements dans vos îilles? Ma mère a-t-elle dit : « Lucien pense à us? » David a-t-il répondu : « Il se débat avec

hommes et les choses? »

Mon Eve, je n'écris cette lettre qu'à toi seule. A

seule , j'oserai confier le bien et le mal qui m'andront, en rougissant de l'un et de l'autre, car

ici le bien est aussi rare que devrait l'être le mal. Tu vas apprendre beaucoup de choses en peu de mots : madame de Bargeton a eu honte de moi, m'a renié, congédié , répudié le neuvième jour de mon arrivée. En me voyant, elle a détourné la tête, et moi, pour la suivre dans le monde où elle voulait me lancer, j'avais dépensé dix sept cent soixante francs, sur les deux mille emportés d'Angoulême et si péniblement trouvés. A quoi? diras-tu. Ma pauvre sœur, Paris est un étrange gouffre : on y trouve à dîner pour dix-huit sous , et le plus simple dîner d'un restaurât élégant coûte cinquante francs ; il y a des gilets et des pantalons à quatre francs et quarante sous, les tailleurs à la mode ne vous les font pas à moins de cent francs. On donne un sou pour passer les ruisseaux des rues quand il pleut. Enfin la moindre course en voiture vaut trente-deux sous.

Après avoir habité le beau quartier, je suis aujourd'hui hôtel de Cluny, rue de Cluny, dans l'une des plus pauvres et des plus sombres petites rues de Paris, serrée entre trois églises et les vieux bâtiments de la Sorbonne. J'occupe une chambre garnie au quatrième étage de cet hôtel, et, quoique bien sale et dénuée, je la paye encore quinze francs par mois. Je déjeune d'un petit pain de deux sous et d'un sou de lait, mais je dîne très-bien pour vingt deux sous au restmirat d'un nommé Flico-

mi

UN GRAND HOMME DE PROVINCE

teaux , lequel est situé sur la place même de la Sorbonne. Jusqu'à l'hiver ma dépense n'excédera pas soixante francs par mois , tout compris , du moins je l'espère. Ainsi mes deux cent quarante francs suffiront aux quatre premiers mois. D'ici-là, j'aurai sans doute vendu V Archer de Charles IX, et les Marguerites. N'ayez donc aucune inquiétude à mon sujet. Si le présent est froid , nu , mesquin, l'avenir est bleu, riche et splendide.

La plupart des grands hommes ont éprouvé les vicissitudes qui m'affectent sans m'accabler. Piaule, un grand poëte comique, a été garçon de moulin. Machiavel écrivait le Prince le soir, après avoir été confondu parmi les ouvriers pendant la journée. Enfin le grand Cervantes, qui avait perdu le bras à la bataille de l.épante en contribuant au gain de celte fameuse journée, appelé vieux et ignoble manchot par les écrivailleurs de son temps, mit, faute de libraire, dix ans d'inlervalle entre la première et la seconde partie de son sublime Don Quichotte. Nous n'en sommes pas là , aujourd'hui. Les chagrins cl la misère ne peuvent atteindre que les talents inconnus, mais quand ils se sont fait jour, les écrivains deviennent riches, et je serai riche. Je vis, d'ailleurs, par la pensée, je passe la moitié de la journée à la bibliothèque Sainte-Geneviève, où j'acquiers l'inslruction qui me manque, et sans laquelle je n'irais pas loin. Aujourd'hui , je me trouvedonc presqueheureux. En quelques jours, je me suis conformé joyeusement à ma position. Je me livre, dès le jour, à un travail que j'aime ; la vie matérielle est assurée, je médite beaucoup, j'étudie, je ne vois pas où je puis êlre maintenant blessé, après avoir renoncé au monde, où ma vanité pouvait souffrir à tout moment. Les hommes illustres d'une époque sont tenus de vivre à l'écart. Ne sontils pas les oiseaux de la foret? ils chantent, ils charment la nature et nul ne doit les apercevoir. Ainsi ferai-je, si lant est que je puisse réaliser les plans ambitieux de mon esprit.

Je ne regrette pas madame de Bargeton. Une femme qui se conduit ainsi ne mérite pas un souvenir. Je ne regrette pas non plus d'avoir quitté Angoulèmc. Cette femme avait raison de me jeter dans Paris , en m'y abandonnant à mes propres forces. Ce pays est celui des écrivains , des penseurs, des poètes. Là seulement se cultive la gloire, et je connais les belles récoltes qu'elle produit aujourd'hui. Là seulement les écrivains peuvent trouver, dans les musées et dans les collections , les vivantes œuvres des génies du temps passé qui réchauffent les imaginations et les stimulent. Là seulement d'immenses bibliothèques sans cesse ouvertes offrent à leur esprit des renseignements cl une pâture. Enfin, à Paris il y a dans l'air

et dans les moindres détails un esprit qui se respire et s'empreint dans les créations littéraires. On apprend plus de choses en conversant au café, au théâtre pendant une demi-heure , qu'en province en dix ans. Ici , vraiment, tout est spectacle, comparaison et instruction. Unexcessifbon marché, une cherté excessive , voilà Paris , où toute abeille rencontre son alvéole, où tout esprit s'assimile ce qui lui est propre. Si donc je souffre en ce moment, je ne me repensde rien. Au contraire, un bel avenir se déploie et réjouit mon âme un moment endolorie. Adieu , ma chère sœur, ne t'attends pas à recevoir régulièrement mes lettres : une des particularités de Paris, est qu'on ne sait réellement pas comment le temps passe. La vie y est d'une effrayante rapidité. J'embrasse ma mère, David, et toi plus tendrement que jamais. Adieu donc, ton frère qui t'aime.

Lucien.

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