‹ Œuvres de Balzac (volume 3)Chapitre 14 sur 157 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

COMMENT EERTHE DEMOtRA PLCCELLE EX ESTAT DE MARIAGE.

Enuiron le temps de la prime fuyte de monseigneur le Daulphin , de laquelle conceupt moult d'anuy noslre bon sire Charles le Victorieulx, advint ung mcschief en une mayson noble de Tourayne , deppuys eslaincle de tout poinct ; et, pour ce, peut en cslre mize en lumière la Irez desplourable histoyre. En l'ayde de l'aulheur, soient pour ce travail, les Saincls Confesseurs, Martyrs, et aultres Dominations célestes qui, par les commandemens du seigneur Dieu, feurent les promotheurs du bien en cesie advenlure.

Par un deffaut de son characlere, le sire Imbert de Baslarnay, un des plus grands seigneurs terriens de noslre pays de Tourayne , ne avoyt nulle fiance en l'esperit de la femelle de l'homme, laquelle il cuidoil eslre trop mouvante , par suille de ses circurnbilivaginalions; et, possible esloyt qu'il eust rayson. Doncques en ce maulvais penser vind en grant eage sans compaigne , ce qui n'estoyt nullement à son advanîaige. Toujours seul, ce dict homme ne scavoyl aulcunemenl se fayre gentil pour aullrui, n'ayant oncques esté qu'en voyages de guerre, et remuemesnaige de garsons avecque lesquels il ne se gehennoyl poinct. Par ainsy, demouroilorden ses chausses, suant en son harnoys, avoyt les mains noires , la face cingesque, et, pour eslre

Page 1