DE IÏA17.AC. T. VI
brief, paroissoit le plus villain masle de la chreslienlé, en ce qui esloyt de sa personne; veu que, pour ce qui estoyt du cueur , de la teste et aultres chouses absconses, il avoyt des proprielez qui le faysoient moult prisable. Ung messaiger de Dieu eust, cuidez cecy, cheminé loing sans renconslrer ung balaillard plus ferme en son posle, ung seigneur guarny de pluz d'honneur sanstache.de parolle pluz briefve, et de plus parfaicle leaulté. Aulcuns dizenl, pour l'avoir enlendeu , qu'il estoyt saigeen ses devis, et moult proufficlable à conseiller. Esloyl-ce poinct ung faicl exprest de Dieu qui se gausse de nous, d'avoir miz tant de perfections chez ung homme si mal houzé? Ce seigneur, s'estant faicl sexagénaire de tout poinct, encore que il n'eust que cinquante ans d'eage, se rezolust à s'enchargier d'une femme, à ceste fin d'en avoir lignée. Lors, en s'enqucslant de l'endroict où se pouvoyt Ireuver ung moule à sa convenance, eniendit vanter les granls merilles et perfections d'une fille de l'inclyle famille de Rohan, qui, lors lennoyt des fiefs en cesle prouince ; laquelle demoyselle esioyt dicle Berlhe en son petit nom. Imbert estant venu la voir au chasleau deMonlbazon feul par la ioliesse et la verlu Irez innocenle de cesle dicle Berlhe de Rohan , coeffé d'ung tel dezir d'en iouir que il se deslibera de la prendre pour espouze, cuidant que jamais fille de si hault lignaige ne fauldroyt à son debvoir. Ce maria ige se fit losl, pour ce que le sire de Rolian avoyt sept filles et ne scavoyl comment les pourvoir toutes, par ung temps où ung chascun
CONTES DROSLATICOUES.
se refaisoyt des guerres , et raccommodoyl ses affaires guaslées. De faict le bon homme Baslarnay Ireuva, pour prime heur, Berlhe reallcment puccclle, ce qui tesmoignoyl de sa bonne nourrileure et d'ung parfaicl casioyemenl maternel. Aussy, dez la nuiclce où il luy feut loysiule de l'accoller , l'enchargea-l-il d'ung enfant si ruddement que il en eust preuve suffisante à l'escheance du deuxiesme moys des nopecs , ce dont feut Irez ioyeulx le sire Imbcrl. A cesle fin d'en finer sur ce prime poincl de l'adventure, disons cy que de cesle grayne legitlime nacquit le sire de Baslarnay , qui feul duc par la grâce du roy Loys le unziesme , son chambcrlan, de pluz son ambassadeur ez pays d'Europe et bien aymé de ce Irez redoublé seigneur, auquel il ne faillit oneques. Ccste leaulié lui feust ung hcriltaige de son père , lequel de Irez mallin s'esloyl affectionné de monseigneur le Daulphin , duquel il suyvit toutes les fortunes, voire mesme les rebellions, veu que il en csloyt amy à remettre le Christ en croix s'il en avoyt esté par luy requiz; fleur d'amitiez trez rare à l'enlour des princes et granls. En prime abord se comporta si Icaument la gentille dame de Baslarnay , que sa compaignic fisl csvanouir les vapeurs espesseset nuecs noires qui conchioyent en l'esperit du bon homme les clairetez de la gloire femelle. Ores, suyvant Tus des mescreanls, il passa de défiance en fiance si esrauement que il quiîla le gouvernement de sa mayson à ladicte Bcrihe, la fict maylrcsse de ses faicls et gestes, souueraine de toutes choses, royne de son honneur, guardienne de ses cheveux blancs, et auroyl desconfict sans coniesîc ung qui seroyt advenu luy dire ung maulvais mot sur ce mirouere de vertu , en lequel nul souffle n'avoyt esté aulire que le souffle issu de ses lèvres conjugales el maritales, encores que elles feussent fresches el flairies. Tour eslre vray de louL poincl, besoing est de dire qu'à cesle saigesse ayda moull le petit gars duquel s'occupa nuiel et iour durant six années la iolye merc, laquelle en prime soing, le nourrit de son laict et en fict pour elle le lieutenant d'ung amant, lui quittant ses mignons leilins auxquels il mordoyt ferme, aullant que il vouloyl. el i! y esloyt louiours comme ung amant. Cesle bonne mère ne cogneul aultres lesbineries que celles de ses lèvres rozes, n'eut aulircs caresses que celles de ses petites menues mains qui couroyent sur elle comme pâlies de souris ioyeulses, ne lui aultre liure que ses mignons yeulx clairs où se miroyt le ciel bleu, n'enlendil aulire musicque que celle de ses cris qui luycntroyenl en l'aurcille comme parollcs d'ange. Comptez que elle le dodelinoyt louiours, avoyt dez le mal tin envie de le bayser, le baysoyt le soir, el, ce dicl-on , se levoyt la nuict pour le mangicr de
bonnes caresses, se faisoyt petite comme il estoyt petist, l'csducquoit en parfaiclc relligion de matlernilé; finablement, se comporloyt comme la meilleure el plus heureuze mère qui feut au monde sans fayre tort à Noslre Dame la Vierge, laquelle deut avoir peu d'esleuf à bien élever noslre Sauveur, veu qu'il estoyt Dieu. Cesie nourrileure et le peu de goust de Berlhe aux choses du mariaige resjouissoyent fort le bon homme, veu que il n'auroyl sceu comment fournir à ung grant estât de lict, et s'adonnoyl à l'esconomie pour avoir l'estoffe d'ung deuxiesme enfant. Ces six années escheues, force feut à la mère de lascher son filz aux mains des escuyers,el aulircs gens auxquels messire de Baslarnay commit le soing de le fassonner rudement à cesle fin que son héritier eust l'héritage des vertus, qualiiez, noblesses, couraige de la mayson avecque les domaines et le nom. Lors moull ploura Berlhe auquel feul emblé son heur. De faict, pour ce grant cueur de merc, ce ne csloyt rien avoir que de avoir ce filz bien aymé apresl les aullres , el durant aulcunesmeschanics petites fuyardes heures. Aussy chut elle en grant mélancolie. Oyant ses pleurs, le bon homme se bendoyt à luy en fayre ung aultre, et n'en pouvoyt mais; ce qui faschoit la paouvre dame pour ce que, dict elle , la fasson d'ung enfant l'anuyoit fort et luy cousloyl chier. Et cecy est vray ou nulle doctrine ne est vraye et besoing est de brusler les évangiles comme faulselez si vous n'adjouxlez foy à ce dire naïf. Ce néanmoins, comme pour plusieurs femmes, ie ne dis pas les hommes, veu qu'ils ont de la science, cecy lourneroyl en fasson de menleries, l'escriplurier a eu cure de déduire les raysons muciles de cesle bigearrie, ie entons le desgoust de Berlhe pour cequcayment les dames pardessus lout, sans que ce deffaul de liesse luy vicillist la figure, el luy tormenlasl M cueur. Renconslrercz vous ung scribe aullant complaisant et aymanl les dames que ie-suis? Non, est ce pas? Aussy lesaimay je bien fort el pas aullaul que ie voudrois, veu que ai je pluz soubvent ez mains, lebecqde ma plume d'oye, que ien'ay les barbes avecque lesquelles on leur chaslouille les lèvres pour les rendre rieuzes , et iocqueler en toute innocence, j'enlens avecque elles. Doncques vecy comme. Le bon homme Baslarnay ne esioyl poinct ung fils gorgiazé, de natiurc pulc, se cognoissanl aux mièvreries delà chose. Il se soulcioyl peu de la fasson d'occir ung souldard pourveu qu'il feutocciz, et l'eut-il bien occiz delous cousiez sans lui dire ung mot, en la meslee s'entend. Cesie parfaite incurie en faict de morl concordoil à son nonchaloir en faict de vie, naissance et manière de cuire urigenfant en ce gentil four que vous scavez. Le bon sire ne cognoissoit aulcunemenl les mille exploits processifs, dilaloi-
CONTES DIIOSLATICQUES.
rcs, interlocutoires , prepparatoires , gentillesses, petits fagots mis au four pour l'eschaufficr, bran» chaiges flairant comme beaulme et amassez brin à brin ez foresls de l'amour, fagoleries, bimbeloteries , doreloleries , mignardizes , devis , conficleures mangiees à deulx , pouriescherics de la coupeainsi que font les chats, cl aultres menus suffraiges et traficqs de l'amour que scavenl lesrufllans, que confisent les amoureux , el que aymenl les dames par dessus leur salut, pourecque elles sont plus chattes que femmes. Cecy esclatte en toute évidence dedans leurs mœurs femelles. Si vous prestez aulcuue attention à les voir, examinez-les curieulzement alors que elles mangent! Nulle d'elles , ie dis les femmes nobles el bien educquees, ne boulera son couliel en la frippe el l'engoulcra soudain ainsy que font brutalement lesmasles; ainsfouillolera son mangicr, triera comme pois gris sur un vollet les brins qui luy agréent , sugeera les saulees et lairrera les grosses bouschees, jouera de sa cuiller et du couliel comme si elle ne mangioit que par auclhoriléde justice, lanlelleshailenlaller dedroict fil , et d'abundant usent de deslours, finesses, mignonneries en loule chose. Ce qui est le propre de ces crealeures, el laraysonpourquoy les fils d'Adam en raffolent, veu que elles font les choses anlirement qu'eulx el font bien. Dites ouy ? bien ! ie vous ayme. Ores doneques, Imbertde Baslarnay, vieulx souldard ignare en balanogaudisseries, entra dedans le ioly iardin dit de Venuz, comme en ung cndroicl prins d'assaull , sans avoir nul csguard aux clameursdespaouvreshabilans en larmes, elplanlla l'enfanl comme il eut faicl d'une harhalesîc dedans Je noir. Encores que la gentille Berihe n'eusl accostumé d'eslre ainsy Iraiciee, l'enfant! elle avoyt quinze ans sonnez , elle creut en sa vierge foy que l'heur d'eslre mère vouloyteeste terrible, affreuze, conquassanle et maulvaisebesoigne. Aussy pendant ce dur iraficq , pria-l-elle bien fort Dieu de l'assister, recilla des ave à Nostre Darne en la treuvanlbicn pariagiee de n'avoir eu que sa palumbe à endurer. Par ainsy, n'ayant perceu quedeplaizir au mariaige, ne requist iamays son mary de se marier à elle. Or, veu que le bon homme n'esloyl gueres baslant comme ha esté dict, elle vesquit en parfaicle solitude , comme moynesse. Elle hailoyl la compaiguie de l'homme, el ne soubpssonnoyt poinci que l'au- Iheur du monde cul boulé tant de ioyc à soyer en cesie chose de laquelle n'avoyt repceuquemaul.v infinis. Ains en aymoil davanlaige son pciisl qui lui avait tant couslé paravant de naisire. Ne vous eslomirez doneques poinct que elle refroignast à ce ioly lournoy où c'esl la haquenee qui ha rayson du chevaulcheur, el le mené el le lasse el luy chanle pouilie s'il bronche. Cccy est l'hisloirc vraye de aulcuns
paouvres hymenees, au dire des vieulx et vieilles , et la rayson certaine des foliies d'aulcunes femmes, lesquelles sur le lard voycnl ie ne scais comment que elles onl esté truphecs , el se bendent à mellre dedans ungiour pluz de lemsque il n'en peut lennir, pour avoir leur compte de la vie. Voilà qui est filosophicque, mes amys? Aussy csludiezceslepaige, à cesle fin de saigement veiller au gouuerncmentde vos femmes, de vos myes, el louies femelles généralement quelconques qui , par caz forluict , vous seroyenl baillées en guarde, dont Dieu vous guarde. Ainsy puccelle de faicl, quoique mère, Berihe feut en la vint el uniesme année de son eage, une fleur de chastel , la gloyre de son bon homme, el l'honneur de la prouince. Le dict Baslarnay prenoyt plaizirà voircesie enfant venir, aller, frisquecomme gaule de saule, agile comme ung poisson, naifve comme son peiist, ce néanmoins de grant sens, de parfaicl entendement , et tant , que iamays il ne faysoil aulcune emprinse sans requérir ung advis d'elle, veu que si l'esperil de ces anges n'a poinct eslédestourbédeses clairetez, il donne ungsonfranc en loule rencontre, si on l'en requiert. En ce temps la dicte Berihe vivoyl presl la ville de Losches , dedans le chastel de son seigneur, et y demouroyt sans nul souley de cognoislre aullre affaire que les choses de son mesnaige à la metlhode aniiequedes preudes femmes dont feureni desvoyees les dames de France alors que vind la Boyne Catherine et les Itaîians, granls donneurs de fesloyemens. Acepresterent les mains le Roy Françoys premier du nom , et ses successeurs dont les baudouineries perdirent l'Estat de France, aullanl que les maulvaiseliez de ceulx de la relligion. Cecy n'est poinct mon faict. Devers ce lems le sire el la dame de Baslarnay feureni conviez par le Roy de venir en sa ville de Losches où , pour le prezent, il csioyl avecque la Court en laquelle esclaloyl le bruict de la beaullé de la damedeBastarnay. Doneques Berthe vind à Losches, y repceul force laudalifves gentillesses du Roy, feut le centre des hommaiges de tout ieune sire qui se repaissoyt par les yeux de cesle pomme d'amour, et des vieulx qui se reschauffoicnl à cesoleil. Ains, comptez que tous, vieulx el ieuncs, eussent souffert mille morts pour uzer de ces beaux outils à fayre la ioye qui esblouissoycnt la veue et brouilloyent la cervelle. Il esioyl parlé de Berihe en Loschois, pluz au long que de Dieu en l'Evangile, ce dont enraigerent ung numbre infini de dames qui ne se Ireuvcrenl pas si habundamment fournies de choses plaisantes, et, pour dix nuictecs à donner au plus laid seigneur, eussent voulu renvoyer en son chastel cesle belle cueilleuze de soubrires. Une ieune dame, ayant trez aperlemcnt veu que ung sien amy s'affoloyt de Berihe, en conceupt tel
CONTES DRGSLAT1CQTJES.
dcspil que de ce, vinrent les meschiefs de la dam'1 de Baslarnay; maisaussy, de là vind son heur el ladescouverle des pays caressans de l'amour donlelle esioyl ignorante. Ceste maulvaisc dame avoyl ung parent, lequel de prime abord luy confia , à laveue de Berlhe, que pour iouir d'elle, il fcroyl l'accord de mourir apresl un mois passé h s'en gaudir. Notiez que ce couzin esioyl beau comme une fille est belle, n'avoit nul poil au menton , eut gagné son pardon d'ung ennemy à luy crier mercy, tant mellodicuse esloyt sa voix ieune, et avoyt d'eage vingt ans à poinc.
— Biau couzin, lui dicl-clle, quittez la salle et allez en voslrc Iioslel , ic m'efforcerai de vous donner ccslc ioye. Mais ayez cure de ne vous poinct monstrer à elle , ni à ce babouin greffé par erreur de nailure sur une (ige clircsticnnc , et auquel appartient celle phee de bcaullé.
Le beau couzin musse , vint la dame froster son Iraislre muzeau à rencontre de Berlhe , el l'appela mon amie, mon threzor, esloille de beaultez, se benda de mille Cassons à lui agréer, pour mieulx acertener sa vengeance sur ceste paouvreile qui, sans en rienscavoir, luy avoyt rendu son amant infidelledecueur, ce qui, pour lesfemmesambilieuzesen amour, est la pire dcsinfidcllilez.'Aprest aulcunsdeviz, la dicte dame festonne soubpssonna que la paouvre Berlhe esloyt puccelle d'amour, en luy voyant ez yeulx habundauce d'eau e limpide, nul ply ez tempes, nul pelil poinct noir sur le genlil cap de son nez blanc comme neige ou d'ordinaire se signent lestressemoussemens du deduicl, nulle ride en son front, brief nulle accoutumance de ioye apparente en son vizaige net comme vizaige de puccelle ignarde. Puys , ceste traislresse luy fit aulcunes inierrogualions de femme, et repceul la parfaicle assurance par les responses de Berlhe que si elle avoyt eu le prouffict des mères, le plaizir des amours luy avoyl bien reallement failly. De ce , feut moult contente pour son couzin, la bonne femmequeelleesioyt. Lors elle luy dicl que en la ville de Loschcs demouroyt une ieune demoysclle noble de la famille de Bohan , à laquelle besoing esloytde l'assislanced'unefemme de bien , pour eslre repeeue à mercy de messire Loys de Rohan; que si elle avoyt aullant de boulez que Dieu luy avoyl desparti de beaultez, elle debvoyt la reliircr en son chaslel , vérifier la sainclelé de sa vie, et fayrecest accord avecque le sire de Bohan qui refroignoyt à la prendre en son manoir. A quoi consentit Berlhe , sans aulcune hezilalion, veu que les infortunes de ceste fille esioyenl cogneues d'elle, mais non la paouvre demoysclle qui avoyt nom Sylvie et que elle cuydoyt eslre en pays estrangier. Cy besoing est de desclairer pourquoi le seigneur roy avoyt faict cesle fcslc audiçl sire de
Baslarnay. Le siresoubpssonnoyt la prime fuylc du daulphin ez Estais de Bourgoygne, et luy vouloyt loi lir ung si bon conseiller que esloyt ledict Baslarnay. Ains le vieillard fidelle à monseigneur Loys , avoyt ià sans mot dire accordé ses flustes. Doncques, il ramena Berlhe en sonchasieau , laquelle lui dict avoir prins une compaigne el la luy monslra. Ce esioyl le dicl seigneur desguizé en fille par le soin de sa couzine ialouse de Berlhe et qui la vouloyt empulanner en raige de sa vertu. Imbert refroigna ung brin, saichant ce que esioyl Syluic de Rohan , mais aussy Irez esmeu de la bonlé de Berlhe, il la mercia de s'entremettre a ramener au bercail une brebielleesguarce. Il fesioyabien sa bonne femme en cesle darrenierc nuiclec, lairra des gens d'armes au chastel ; puys se despartit avecque le daulphin pour la Bourgogne, ayant ung cruel ennemy en son giron, sans en avoir nul soubpsson.La face du dict mignon luy esloyt incongneue, pour ce que ce esloyt ung ieune paige venu pour voir la court du Roy, et que nourrissoyl rnonseigneurde Dunoischez lequel il servoyt comme baschellier. Le vieulx seigneur, en fiance que ce esloyt une fille, la treuva moult pieuze et crainlifve , veu que le gars, redoublant le languaige de sesyeulx, les tint louiours baissez ; puys, se sentant baysé en la bousche par Berlhe, il Irembloyt que sa iuppe ne feut pas discrelle et s'esloingnoy l aux croisées, tant il avoyt paour d'eslre recongneu pour homme par Baslarnay, el dcsconficlparavant d'avoir iouy de sa mye. Aussy, feut il ioyeulx comme tout amant l'eust été en sa plassc , quand la herse baissec, le vieulx seigneur chevaulcha dans la campaigne. Il avoyt telles affres que il fil vueu de baslir ung pillier à ses deppens en la cathédrale de Tours , pour ce qu'il avoyl eschappé au dangier de sa folle emprinse. De faict , donna cinquante marcs d'argent pour payer sa ioye à Dieu. Mais par advenleure, il la paya de rechef au dyable, ce qui appert desfaicls ensuyvans, si le conte vous duict tant, que vous ayez phanlaisie d'en suyvre le narré, lequel sera succinct comme doibt eslre tout bon discours.