‹ Œuvres de Balzac (volume 3)Chapitre 50 sur 157 · A POPINOT · texte numérisé non relu

A POPINOT

— Voilà l'un des lieutenants d'Alexandre, dit avec la gaieté du malheur Birotteau montrant le tableau.

Cette gaieté forcée, où se retrouvait naïvement l 'inextinguible sentiment de la supériorité que s'était crue Birotteau, causa comme un frisson à Bagon, malgré ses soixante-dix ans. César vit sa femme descendant à Popinot des lettres à signer, il ne put ni retenir ses larmes, ni empêcher son visage de pâlir.

— Bonjour, mon ami, lui dit-elle d'un air riant.

— Je ne te demanderai pas si tu es bien ici , dit César en regardant Popinot.

— Comme chez mon fils, répondit-elle avec un air attendri qui frappa l'cx-négociant.

Birotteau prit Popinot, l'embrassa en disant : — Je viens de perdre à jamais le droit de l'appeler mon fils.

— Espérons , dit Popinot. Votre huile marche , grâce à mes efforts dans les journaux , à ceux de Gaudissart qui a fait la France entière, qui l'a inondée d'affiches, de prospectus, et qui maintenant fait imprimer à Strasbourg des prospectus allemands, et va descendre comme une invasion sur l'Allemagne. Nous avons obtenu le placement de trois mille grosses.

— Trois mille grosses! dit César.

—Et j'ai acheté, dans le faubourg Saint-Marceau,

un terrain, pas cher, où l'on construit une fabrique. Je conserverai celle du faubourg du Temple.

— Ma femme, dit Birotteau à l'oreille de Constance, avec un peu d'aide, on s'en serait tiré.

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