‹ Œuvres de BalzacChapitre 38 sur 78 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

— Celte dernière affaire est la plus malheureuse! s'écria \'ernyc(, car ils voiil être désormais sur nus

ANNETTE ET LE CRIMINEL

Iraccs, el , à moins d'une grande célérité , il sera difficile de leur échapper. Nous n'avons pas à balancer, il faut nous mettre en marclie, car nous avons une nuit de repos, nous ne sommes plus guère qu'à dix lieues, et à la nuit lious prendrons le chemin à vol d'oiseau.

Ce discours ranima l'espoir dans le cœur d'Annctte , qui heureusement ne réfléchissait pas encore, tant elle était absorbée par son amour et les dangers. Si une voix lui avait crié : u Mademoiselle Gérard, compagne des hommes les plus criminels que la terre ait portés, les veille dans leur sommeil!... ;> elle eût demandé la mort à grands cris. En ce momcîil elle en était fière, elle regardait Argow avec orgueil! Tous ses pressentiments n'ctaienl-ils pas accomplis?... Non, il y avait une horrible image de l'avenir qui n'était pas réalisée.

Enfin, ils se remirent en marche, et, après avoir passé deux nuits et un jour conane ils avaient passé les deux précédents , c'esl-à-dire en proie à des transes perpétuelles, à des peurs paniques et à des terreurs si cruelles qu'Argow commençait à trouver la mort plus douce qu'une telle vie, ils arrivèrent enfin au rendez-vous donné par Ycrnyct à sa troupe.

C'était dans l'endroit le plus épais d'une forêt. Des rochers et des cavernes faisaient de ce lieu une forteresse où cent hommes pouvaient tenir en échec plus de dix mille hommes de troupes réglées. Arrivé au chêne désigné, Yernyct dit à Annetie, à Jeanneton et à Argow, de s'asseoir cji toute tranquillité, et qu'il espérait que désormais ils parviendraient au bord de la mer sans difficulté. Alors, par trois fois, il jeta un cri rauque et bizarre, et à Tinslajit on entendit du bruit dans les arbres, dans les rochers, et il sembla que tous les hommes qui parurentfussentsortis de dessous terre ou tombésduciel.

— Combien êtcs-vous? demanda Vernyct sans les \oir encore.

— Vingt-neuf, répondit une voix.

— Nous sommes trahis, je crois, dit Vernjct à voix basse, car je ne connais pas cette voix-là!... Qui es-tu? demanda-t-il.

— Flatmers !...

— Bravo! s'écria Vernyct; amis, apportez des lumières, que l'on veille à six cents pas à la ronde, el que l'on apporte des Uls de uîousse; servez -nous un repas, cl nous réglerons nus comptes.

A ces mots, un hourra général s'éleva dans l'antique foret, et bientO)t on apporta des flambeaux : ces figures terribles, et toutes marquées au coin de l'énergie el du courage le plus féroce, elTrayèrcnl Annctle qui se pencha dans le sein d" Argow.

— Ce sonleuxqui l'ont déli\ ré !... lui dit\ crnyct. Celle phrase la fil regarder a>ec moins d'horreur

ces brigands qui souriaient en voyant, au sein de la nuit, au milieu des rochers et du silence de la forêt, deux têtes aussi célestes que celles d'Annette et de Jeanneton. Jamais deux femmes n'éprouvèrent plus de respect et de dévouement. Ces hommes grossiers, devant les femmes de leurs cheCs, devinrent soumis, souples et dévoués comme à des divinités. Elles n'avaient qu'à jeter un regard, il éiait interprété et satisfait.

On leur fit une tente avec des feuillages, et tous donnèrent leurs habits pour empêcher les effets de l'humidité. Argow et sa femme y entrèrent, cl l'on plaça des sentinelles à cent pas de cet abri champêtre.

Vernyct eut le sien, pais, le repas fini, le silence régna dans la forêt, comme s'il n'y eut eu aucun être vivant.

Yernyct leur distribua les sommes convenues; el quand toutes ses instructions furent reçues par tous ses hommes, celui qui avait eu le commandement en son absence lui procura une grande surprise.

— Capitaine, dit il, il n'y a plus rien à chercher, l'ancien et nous tous sommes sauvés!...

— Comment?... demanda Vernyct.

Alors le vieux Tribcl le mena dans une avenue du bois, el là lui montra un de ces grands chariols qui servent aux rouliers. Cette charrette était chargée de fausses caisses, ballots, etc., si bien imités, que Vernycf, regardant avec étonnemenl le corsaire, lui demanda ce que cela signifiait. Ce dernier fit un geste d'épaule, en répondant :

— Hé! mon lieutenant, êtes-vous fou de vouloir aller en poste gagner, avec vos relais, la côte el nos vaisseaux? Vous seriez pris mille fois pour une. Tenez !...

A ces mots, il leva la masse de ballots qui semblait être derrière la voilure, et il fit voir à A'crnyct que sous celle masse de tonneaux el de ballots, dont le poids semblait faire plier la voilure, ils avaient pratiqué très-ingénieusement une pelile salle dana laquelle on avait ariislement ménagé la place de deux personnes. Ils y avaient mis des vivres, el l'air venait par dessous la voilure.

— A'oycz-vous , mon lieutenant, l'un de nous mènera cela grand train, et à chaque relais on changera de chevaux ; cela vaudra mieux qu'une voiture que les gendarmes peuvent visiter; car on peut fra{)per là-dessus, je leur défie de s'imaginer qu'il y aildu monde là dedans. i'a«c/f,v etsa femme voyageront ainsi, tandis que vous et volrc .Icanneton, vous les rejoindrez comme vous pourrez.

— El qui de vous a fait cela?

-- C'est un de vos nègres qui est adroit comme un singe ; il a tout arrangé avec une Ulle dexlérilé, que nous étions tous à l'admiier!... Et tenez! voilà la lettre de \oilurè!...

ANNETTE ET LE CRIMINEL

De ce inoinetil N'eriiycl ne douta plus du succès de l'enlreprise, et il dormit avec une sécurité parfaite.

Le lendemain malin il ron\(jya Jeanneton à son auberge, car c'était chez elle qu'clait clahli le premier relais. Tout en promcllant d'aller la rejoindre aussitôt qu'Argow serait passé, il lui enjoignit la plus grande prudence, et l'ayant conduite jusque sur la grande roule, il la plaça à cheval, et lui donnant un baiser d'espoir, il la suivit des yeux...

Ouand il Teut perdue de vue, il revint vers Argow et Annctte, et leur montra, avec la plus vive allégresse, l'heureuse invention du nègre.

Annctte serra la main de ce serviteur zélé, loua et admira cette cabane impénétrable aux yeux des plus grands argus, elle y monta, en descendit, l'essaya mainte et mainte fois, et, dans sa joie, elle embrassa Argow devant tous les brigands qui s'étaient réunis; mais, honteuse et rouge, elle se cacha en se jetant dans les bras de son mari.

— Allons, ne perdons pas de temps! s'écria Vernyct; mettez-vous dans cette cachette, et voyagez pour arriver à bon port.

— \ ous êtes un ange tutt-laire ! lui dit Annctte. les larmes aux yeux.

— Non, c'est un démon qu'il faut dire!. .

A ces mots, il donna une poignée de main à Argow, qu'il embrassa contre soti ordinaire, eji lui disant :

— yïdieitl en voilà pour jusqu'au moment du départ... Je suis fâché de le quitter; mais n'importe ! je veillerai sur la charrette ; elle emporte mon plus grand trésor!...

— Pourvu qu'il n'arrive rien de fâcheux!... dit Annette.

Argow était passif au milieu de tous ces dangers; il embrassa Vernyct à son tour, et lui dit :

— La bonne réunion pour des amis, c'est dans le ciel ! lâche que nous y soyons ensemble !... Adieu!...

Jacques et Annètte furent incarcérés dans leur cabane prolectrice. On y attela quatre chevaux, et m\ brigand, vêtu en roulier et en costume analogue, conduisit les fugitifs vers la grande roule.

Vernyct, en les voyant sortir de la foret, dit à ses hommes :

— Je ne m'en défends pas, je pleure en le voyant [)artir!... voil.'i depuis longtemps le seul péril que nous ne courions pas ensemble !...

— Il se sauvera ! fut le cri général.

Le lieutenant distribua encore une fois et de l'argent et ses instructions, convint d'un rendez-vous, en cas de nouveaux malheurs ; puis, se déguisant en paysan et cachant ses armes dans une hotte couverte de fruits, il se dirigea, à travers les bois, vers l'auberge de Jeanneton.

l'our la première fois de sa >ie, Vernyct, soit parce que sa sensibilité avait été fortement excitée, soit par un pressentiment qu'on n'est pas maître de rtîjeter, était en proie à une terreur, une im|)aticnce, une mélancolie, que son chant ne pouvait pas dissiper. Il courait à foutes jambes pour arriver plus vite à l'auberge de Jeanneton, et s'arrêtait soudain à cause du bruit de ses armes qui sonnaient dans la hotte. Il aurait voulu avoir accompagné Jeanneton, ou du moins être sur la route.

Il dévorait la terre; il marchait comme le vent, et cependant, comme il avait pris jiar des chemins détournés, il était physiquement impossible qu'il arrivât avant la charrette.

Après avoir déployé tant de courage, tant de forces, et fait de si grands efforts pour sauver un ami, il eût été déplorable pour Vernyct de voir ses travaux rendus vains, et Argow enlevé au moment où le succès couronnait une œuvre dont la réussite avait causé tant de forfaits.

Acrnyct, secouant toutes ses terreurs, se mit à marcher d'un pas ferme et soutenu, en chantant la chanson des pirates, et bientôt il aperçut de loin l'auberge de Jeanneton. Il approcha, mais en arrivant il n'entendit aucun bruit dans la cour; tout paraissait morne et inhabité. A ce moment il ne fut pas maître d'un mouvement de terreur* En entrant dans la cour, il siffla l'air par lequel il avertissait Jeanneton de son arrivée, et ne vit personne accourir... il s'élança brusquement dans la salle, le même silence régnait au dedans... la cuisine de Jeanneton était vide : se dirigeant alors vers la salle des voyageurs, il parvint au-dessous de la trappe précédemment décrite, et trouva Jeanneton évanouie et comme morte!...

Pour cette fois, si la peur et ses vertiges sifflèrent aux oreilles de l'intrépide lieutenant", ils ne furent que les avant-coureurs de la plus horrible colère et du plus violent emportement qui fussent jamais!... Il tomba sur un banc devant le corps de Jeanneton, et resta muet comme sa gentille maîtresse, et chaque trailde son visage se contracta de telle manière, qu'il avait quelque ressemblance avec le tigre devant sa proie.

Tout immobile et muet qu'il était, il détourna ses yeux , et aperçut par la croisée la fatale charrette!... il ne sortit seulement pas!... tout lui disait que son ami et Aimctte avaient été découverts et enlevés !...

11 se leva, prit Jeainictoii, la mit sur ses épaules, qu'il avait débarrassées de la hotte, et, dans son désespoir, il s'en alla à pas lents, armé de son tromblon en bandoulière et de ses pistolets <à la ceinture, vêtu cependant en paysan ; mais en sortant par la porle de l'auberge qui donnait sur la grande rouN-,

AxNNETTE ET LE CRIMINEL.

il heurta le corps du fidèle roulier qu'il vit percé de balles!...

L'air fit rouvrir les yeux à Jeanneton , elle jeta un cri faible et plaintif ; ses mains, qui étaient pendantes, vinrent avec peine se retenir à la chevelure de Vernyct, et elle s'écria :

— Que dira-t-iV?...

Le lieutenant rentra, et, posant Jeanneton sur une chaise, il se mit devant elle à genoux, puis avec de l'eau, du vinaigre, il essaya de la faire revenir tout à fait : ses yeux errèrent quelque temps sans idées; enfin elle vit Vernyct, le reconnut, et, se cachant le visage, elle jeta un grand cri.

— Qu'est-ii arrivé?... dit-il ; Jeanneton, racontele-moi, pour savoir s'il y a encore moyen d'y porter remède.

Jeanneton remua la tête deux fois d'une manière négative, puis, relevant Vernyct, elle le fît asseoir, pencha sa têtesur son sein, et y pleura en abondance.

— Hélas! dit-elle en entremêlant son discours de larmes et de sanglots, quand je suis arrivée, j'ai trouvé mon auberge pleine de gendarmes déguisés en bourgeois : ils paraissaient être des voyageurs, et Jlun'e me dit que depuis mon absence la maison avait toujours bien été : elle ajouta qu'il y avait un poste de gendarmerie à vingt pas de notre maison. Ceci me donna du soupçon sur les voyageurs , et quand je fus habillée en costume d'aubergiste , je vins leur demander pourquoi ils restaient à boire, au lieu de continuer leur route. Ils me répondirent que cela ne me regardait pas : alors en les examinant, je m'aperçus que c'étaient des gendarmes ; cela nie fit trenibler, et je songeai que si la police avait su que ton premier relais était ici, elle avait du naturellement s'emparer de mon auberge et y tenir garnison... Alors je dis à George d'aller au devant de la voiture que je lui dépeignis, et d'avertir le conducteur de ne pas s'arrêter chez moi... Comme George sortit, un des gendarmes déguisés lui barra le passage en lui disant impérativement : Il On ne sort pas d'ici , vous êtes en surveillance! » et il lui montra un papier... La voiture arriva... Ils ne se doutèrent de rien; mais quand ils virent que rhonime dételait et allait mettre ses chevaux à l'écurie, ils l'accompagnèrent, lui firent mille questions, lui demandèrent ses papiers,cl riiomme leur répoiidlt iniporturijablement en leur montrant des papiers dont ils fnrent satisfaits. Alors, pour être plus sur de son affaire, le roulier crut devoir temporiser, cl il vint à table en faisant comme s'il avait coutume d'arrêter ici. Tout allait bien... mais au bout d'une heure, quand il voulut repartir, il prit les che\aux du relais... ils étaient diiférenls des siens; les gendarmes l'avaient remarqué; ils eurent des soupçons... ils ont fait

venir le poste voisin; ils ont entouré la voiture... ils l'ont prise ! . . . L'homme a défendu M. de Durantal si bravement, qu'il leur a tué cinq hommes, ils ont alors tous tiré sur lui!... il est là... fusillé!... Ils ont emmené Argow lié sur une charrette de paysan, et madame est sur un matelas que je lui ai donné... Tauvre petite femme, elle fait peur!... elle l'embrasse !... elle leconsole !.../Miest comme un saint... quoi ! cela a fait pitié aux gendarmes !... Cette pauvre Annette est là, comme si j'y étais avec toi; elle ne prend garde à rien, elle ne voit que son mari... elle lui donne les plus doux noms, et je suis sûre qu'elle traversera tout Valence sans seulement s'en apercevoir. On aura beau être aux fenêtres et la regarder , elle ne verra que lui.'... Est-ce du malheur!...

Vernyct immobile lâcha un horrible jurement, et s'écria :

— Vite, tous à cheval ! courons, nous les rattraperons sur la grande route, et nous l'enlèverons... Non, c'est impossible... je suis seul!... Oh! je le vengerai de manière à faire trembler tout le pays!... oui, je n'ai plus qu'à le venger!... et mourir!... O mon pauvre capitaine!... un si brave homme!... il vous sautait sur un vaisseau avec sa hache, avec la figure calme comme celle d'une fille quand elle s'avance pour ouvrir un bal... mourir... comme un voleur!...

Il termina cette oraison funèbre comme il l'avait commencée, par un effroyable juron, et il dit à Jeanneton :

— Picsle à ton auberge, j'y viendrai presque tous les jours à cinq heures du soir... tu me verras toujours... et je veux mourir à tes cotés!...

— Est-ce que nous pouvons mourir autrement? répondit Jeanneton.

Après l'avoir embrassée avec force, Vernyct reprit ses habillements véritables, s'arma et s'élança vers le chemin qui conduisait à la forêt , plein d'une rage qui le fit voler avec la rapidité d'un cerf.

En ce moment Argow et Annette arrivaient en face de leur château de Durantal : là, Annette, jetant les yeux sur leur misérable équipage, arrêta le chef de l'escorte, et lui dit :

— Monsieur, par pitié, ne nous laissez pas entrer à \'alence sur cette horrible voiture ! M. de Durantal n'a jamais eu la volonté de vous échapper, et je crois que sa délivrance est impossible... permeltez que l'on aille chercher une voilure au château...

L'officier était le même qui se trouvait dans la diligence lors du premier voyage d'Annette à Valence; il condescendit à celte prière, et Annette eut la faible satisfaction de voir son mari dans sa voilure. Ils arrivèrent |tr(im[)tenicnt àA alence.Chaque lonr de roue élail pour .Vnnolleunedouleur,et sans

ANNETTi: ET LE CRIMINEL.

le conlati de l'èlre auquel elle avait doriiié toute sa vie, elle serait morte cent fois; mais la patience, 1<! résignation, les discours touchants et pleins de religion que lui adressait Jacques , la maintenaient dans un état que Ton peut itiiaginer, mais qu'il est impossible de décrire, l^iie ne pensait pas; son amour seul la guidait, et cet amour était devenu plus que folie... Tout avait disparu devant le malheur d'un époux arloré .. et, où la société voyait un criminel, elle voyait le plus sublime des hommes. I^lle lui avait pardonné, M. de Monlivcrs l'avait absous, elle ordonnait par ses regards, à tout honnnc, de les imiter; et, si elle avait comparu devant la société entière, elle l'aurait persuadée !

Ils arrivèrent quelques heures avant la nuit à A alence : la ville était calmée, grâce aux soins de l'autorité; mais, quand on apprit qu'on ramenait M. dcDurantaI,une foule immense suivit et escorta la voiture jusqu'à raiicicnne prison. ^\. de Duranlal y fut incarcéré, et sur-le-champ l'autorité déploya la force la plus imposante autour de celle prison.

Ce fut là que se passa la scène la plus touchante et la ()lus alleniîrissanle dont les murs d'une pri-on aient jamais éîé témoins. On voulut séparer Annclle d'Argow, elle ne céda qu'à la force, et on renlrain • mourante chez madame Servigné!...

— Ouellc barl;arie! s'écria (Charles en voyant sa cousine, ils vous séparent d'un homme qu'ils mènent demain au supplice, car les délais de rai>p(^; sont expirés!...

— Grand Dieu! cria Annclle, mon cousin, faites que je le voie!... Hue je vive le reste de ma vie!...

Elle tomba sans connaissance sur le lit de madame Gérard que ces événements avaient presque déjà mise dans le tombeau!...

Charles s'en fut plaider cette cause de l'amour devant les autorités, et il obtint qu'Annettc resterait dans la prison de son mari jusqu'au malin.

Adélaïde, (Iharies, M. Gérard, la conduisirent à la prison, et lui apprirent que M. de Monlivers étai" arrivé à Valence. Elle leva les yeux au ciel et y jela un regard de douleur :

—- Mon Dieu! dit-elle, voici longtemps que je vous abandonne! mais quel calice amerî.c. Mes amis, prévenez M. de 3Iontivers qu'il sera agréable à Jacques d'être conduit par lui jusqu'au portique des cieux !... Oui ! mon époux de gloire ne fera que passer d'un vaste édiliee de !a création dans la cri-aiion cl/e-iiicuic ' ...

— Courage! lui dit M. Gérard.

— Oh! lépojidit-clle, j'en aurai tant qu/7 \ivra!...

La porte de la prison se referma.

— Ouel ange!,., se dirent-ils.

— Elle est l'emiiH'... ce (lu'elie a été (ilk'!... Uill M. Gérard en pleurant.

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