‹ Œuvres de BalzacChapitre 40 sur 78 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Oualre heures après l'exécution, Annette vivait encore; mais l'on a vu dans quel horrible étal elle se trouvait. La chambre où gisait sa mère présen-

tait un spectacle affreux i Tout à coup, au milieu de son délire, Annette eut comme une pensée lucide, elle s'arrêta, ne cria plus, s'assit devant le lit de sa mère, et tout le monde, rangé en cercle autour d'elle, attendit avec impatience les paroles qui allaient sortir de cette bouche, dont les lèvres, jadis fraîches et pures, étaient comme flétries.

— //m'a dit de l'ensevelir!

Cette phrase, prononcée par cette femme au milieu de ce cercle de parents attentifs, avait un tel caractère, qu'une terreur froide comme la mort se coula dans les veines des assistants.

— Charles! dit-elle avec un horrible sang-froid en le montrant du doigt, c'est vous qui l'avez conduit là, sur la place 1 II vous a pardonné, cette nuit, en m'crabrassant, il me la dit d'une voix touchante!... Il est mort, la terre est satisfaite; on peut avouer que c'était un ange !... Eh bien ! moi, Charles, je l'inflige, pour peine, d'aller redemander son corps... je dois lui obéir... il faut que nous l'ensevelissions... à Durantal, dans l'ilc des peupliers !... va, Charles, je serai tranquille...

Charles obéit en silence. Annette resta au chevet du lit de sa mère. Madame Gérard tourna lentement ses yeux , déjà dénués de toute leur expression, et, regardant sa fille, elle lui dit d'une voix sépulcrale :

— Qu'est devenue mon Annette, cette brillante vierge qui, les yeux pleins de vie, le visage rayonnant, travaillait à de la dentelle et vivait pure!.... 0 ma fille !... il faut l'œil d'une mère pour le reconnaître !...

— Ma mère!... 6 mère chérie, bénissez-moi et ne m'accablez pas!... mon fardeau est plus lourd que le vôtre... vous n'avez encore rien perdu!...

— Et l'honneur!... s'écria la mourante en se mettant sur son séant.

Annette baissa la tête, et dil à voix basse :

— Je me trouve honorée de lui avoir consacré ma vie!... c'était une âme née pour être grande et généreuse, elle le fut trop lard!...

Madame Gérard se maintint sur son séant, prit les mains d'Annette, les porta sur son cœur, et dil, avec celte voix cl ce sentiment qui rendent ces sortes de scènes pleines de majesté :

— Ma fille, tu ne m'as jamais apporté que bien et que consolation. Dieu nous frappe, il a ses raisons, sois à jamais bénie, car lu fus une fille tendre et une épouse grande et noble!...

Elle retomba sur son oreiller, en serrant la main d'Annette. M. Gérard vint la regarder, et, devinant son intention, madame Gérard lui dit :

— Je \;iis très-bien, mon Gérard!...

Mais un faible sourire erra sur ses lèvres décolorées...

AîSNl-TTE I:T LI- CUniIXEL.

Au bout (le <leu\ lieuirs passées dans l'angoisse cl le silence, Charles parut et dit à Aiinelle :

— Le corps de mon cousin est en roule pour Durantal; quand vous voudrez, Annctto, nous nous y rendrons.

— Sur-le-champ ! dil-eilo.

Elle fut à son père, l'embrassa avec une espèce de folie, et déposa un !)aiscr sur le front de sa mère. Madame Scrvigné resta seule auprès de madame (iérard.

M.C.érard, Annelle, Charles, M. et madame Bouvier, montèrent en voiture et partiront, à la chute du jour, pour Durantal.

— Hier, à cette heure, il vivait!... dit Annettc.

Pendant tout le chemin, les trois cousins remarquèrent une sorte de décomposition dans les traits de l'aimable femme qui succombait sous le poids de ses malheurs. En effet, Annctte n'était plus soutenue par la présence de l'être qu'elle chéris-ait; il semblait que son énergie se lïit enfuie. Alors toutes les douleurs et les fatigues de cette semaine de désolation, qui se trouvaient comme suspendues, fondirent sur elle, et elle ressentit tous les maux phy-' siques et intellectuels qu'elle devait éprouver : on rcntcndit se plaindre, comm.e si elle était seule; elle déplorait surtout î,'«e douleur qui lui sciait le cou; ses jambes... elle ne les sentait pas ; elle étouffait , voulut soulever la glace de la voiture , et elle la laissa, parce qu'elle ne le pouvait pas.'...

Charles senlit des larmes amères couler dans ses yeux, en contemplant ce noble visage jadis si pur, si frais, si gracieux : loL!t''S les veines du visage étaientmarquées; les cheveux d'Annette étaient devenus, durant cette journée, blancs conmie de la neige; elle ne s'en apercevait pas; son souille s'échappait avec peine d'entre ses lèvres blanches ; ses yeux, toujours pleins d'expression , étaient levés vers les étciile:. , et ils étaient comme secs et brûlants... Charles lui prit la main; elle avait le froid de la mort. Charles serra la main de 31. Gérard, et le vieillard lui répondit par un regard affirmatif qui le remplit de terreur. 11 y a des êtres qui ont, malgré leur peu d'esprit, le don d"ètre sublimes par un geste, ou peut-être les circonstances seules donnentelles le ton aux individus...

A moitié chemin, Annctte se mit à chanter d'une voix pure et recueillie, comme si elle eût été parfaitement tranquille et heureuse. Ils se turent et l'écoutèrent en silence : son chant élait grave, mais d"une mélodie extraordinaire : elle ne chantait rien qui fut connu, sa musique paraissait venir d'une improvisation. L'attendrissement les gagna tous, et ils admirèrent, au milieu du calme de la luiit et des champs, celte vierge, ce cygne, qui semblait dire aflieu à la terre; elle avait les yeux ronstammenl

fixés sur une étoile, et la lumière des cieux , donnant sur son visage, y jelait d'avance l'auréole des saints...

En mcllaiil piud à terre, et revoyant Durantal M qui ::c dessinait dans les cieux comme un imnjcns'c géant, Annctte pleura... Elle prit le bras de (iharles et marcha a\ec assez de peine dans l'avcime; elle ne se plaignait pas de la faiblesse de sesjand>es, n)ais de la dureté du sol. Charles s'aperçut alors que sa cousine n'avait pas longtemps à vivre. Elle arriva dans son parc, sur lequel elle jeta un dernier coup (l'œil. Elle regarda de sang-froid l'île des peupliers, où elle vit briller de la lumière; mais, avant , de s'y rendre, elle voulut monter dans son appar- j temenl, cl là elle embrassa , avec un plaisir amer, j tout ce que son mari avait coutume de toucher. Elle ! revit la chambre nu[)tiale, et déposa un baiser sur la couche. La chambre élait restée exactement dans l'étal où elle la laissa le jour de l'arrestation de son mari. Elle distribua de l'argent à tous ceux qui avaient servi à Durantal, et lorsque le secrétaire fut vide, elle y découvrit, sur ses papiers, quelques cheveux d'Argow qu'elle donna à son cousin en y joignant une boucle des siens : elle fit tout cela naturellement. Puis, ayant parcouru les galeries, elle redescendit avec précipitation et sans retourner la tête; elle s'élança dans le parc, suivie de tous les domestiques, de Charles, de M. Gérard cl d'Adélaïde.

L'on se mit en marche vers l'ile des peupliers : les deux nègres portaient le corps de leur maître, et Annette se repaissait, avec une effroyable avidité, des formes qu'un linge éblouissant laissait apercevoir. Elle tendait les mains commo pour palper encore le seul être qu'elle aima d'amour; ses yeux même avaient la voracité du besoin; elle embrassait par sa vue le corps tout entier...

— Oh ! elle est morte!... se dit Charles...

Ce convoi silencieux passa à travers les riantes allées et les prairies de Durantal , la lune environnait le cortège de sa lumière pure, et l'on n'entendait que le bruit des pas et celui des feuilles.

Arrivés à Pile des peupliers, l'on déposa le corps de M. de Durantal par terre; Annette s'agenouilla et récita les prières de l'Eglise. Quand cela fut fini, elle se retourna et dit :

— Tous ceux qui font connu, mon ami, sont là!... Je me trompe, ton plus fidèle frère n'y est pas!

— Il y est!... cria une voix sourde (et l'on vit une grande ombre s'avancer lentement et mystérieusement). Mais pendant que vous le pleurez, il songe à venger l'annlié!...

— ^ernyct, dit-elle en l'amenant vers le corps gisant de son ami , la mort de tout ce qui a vie ne

ANxNETTE ET LE CRIMINEL.

lui ùtera pas cette fatale ligne rouge. Renonce, sur sa tombe, à faire le mal, et deviens vertueux !

— Non!... (Et le féroce lieutenant, levant ses mains ensanglantées vers le ciel, ajouta) : J'ai ma religion à moi... // sera vengé!...

A ce moment, les deux nègres, ayant descendu leur maître dans la fosse, avaient jeté une pelletée de terre; le bruit fit retourner Annette qui voulait prier, de sa douce voix, Tami de Jacques... En ne voyant plus de vestiges de cet être qu'elle avait chéri... elle jeta un cri, et tomba si précipitamment dans la fosse, que les deux nègres lui jetèrent deux pelletées de terre ; on se précipita pour la relever, mais elle était morte !... ses cheveux s'étaient écartés autour de sa tête, et leur blancheur, rendue brillante par le reflet de la lune, lui donnait l'aspect d'une sainte que l'on retirait de sa tombe... il n'y avait aucun espoir.

L'on n'osa pas la séparer de celui qu'elle. tenait embrassé par un dernier effort de l'instinct de l'amour!...

Vernyct s'avança et dit :

— On m'a tué deux amis ! je veux deux victimes ! Et des larmes interrompirent le reste de son discours.

Il fut à Charles, tira un portefeuille de son sein, el lui dit :

— Voilà le reste de toute la fortune de Durantal ; je n'en ai que faire, car j'ai pris tout ce qu'il fallait pour Jéanneton et pour récompenser mes amis!... je n'ai plus besoin de rien... Votre repentir est vrai, soyez donc le dépositaire de ces quatre millions, et faites-en ce que bon vous semblera... Adieu!... vous entendrez parler de moi, car je vais semer l'horreur dans tout le pays; mais quelque temps après on ne parlera plus du tout de Vernyct !...

Il s'élança dans le taillis ; mais on le vit promptement revenir, et, prenant Charles par la main, il la lui secoua fortement, en lui disant d'une voix émue :

— Je te recommande Jéanneton! ne crois pas, parce qu'elle s'est donnée à moi , qu'elle soit une créature indigne d'être aimée... Pour un honnête homme, c'est une autre Annette, s'il est permis de donner ce nom à une créature vivante... Adieu!...

On ne le revit plus.

Ainsi qu'au théâtre, lorsqu'une fois le nœud d'un drame est tranché, il devient tellement impossible • le réussir à intéresser, qu'on a fait une loi de cesser à l'instant; mais la curiosité des lecteurs ne serait pas satisfaite si je n'achevais de donner le détail des actions du lieuteti.anl, qui, toutes criminelles et horribles qu'elles soient, ont un genre d'intérêt pour certains lecteurs. Alors il sera loisible

1)E BAIZAC. I.

à celui qui ne s'intéresse qu'à Annette et au Criminel d'en rester là. Ceux qui voudront tout connaître n'auront qu'à poursuivre.

Malgré toutes les précautions que Ton prit pour annoncer à madame Gérard la mort d'Annette, elle ne survécut pas longtemps à cette fille chérie ; elle languit encore quelque temps, et finit par expirer dans les bras de son cher Gérard.

Cenesont pas les mourants qu'il faut plaindre!... Cette parole touchante est vraie, et M. Gérard le prouva. Par toute la douleur que ce pauvre être éprouva pour se séparer de son bureau des droits réunis, qu'il avait dirigé pendant trente ans, l'on peut juger de celle qui l'envahit tout entier à la mort de sa femme. 11 quittait un être avec lequel il avait cheminé presque toute sa vie. Jamais l'idée d'une infidélité ne lui était venue en tête, et il avait toujours pensé tout haut avec elle. Il pouvait revoir son bureau, mais revoit-on un être perdu pour toujours?... Il allait dans Valence sans but, sans idées (il n'en eut jamais beaucoup) ; mais, pour le pauvre homme, être sans guide et sans point de mire, ne plus retrouver au logis le même visage qui lui adressait toujours le même sourire... Il faisait pitié même à ceux qui ne le connaissaient pas, car il semblait qu'à chaque acte d'existence il lui manquât quelque chose qu'il ne pouvait définir, et qui rendit sa vie incomplète. Cette douleur passive, qui reste longtemps , et qui, ne se dévoilant en rien dans les actions , reste au fond du cœur et répand sur la vie une teinte d'indécision, est tout aussi touchante que celle qui brise comme l'orage.

Il se retira à Durantal, et y fit du bien sans éclat : il allait chaque jour arroser les fleurs qu'il planta lui-même sur leur tombe, car il ne les nomma jamais... Le nom d'Annette le faisait même pâlir... Enfin , s'il ne resta pas trois heures sur sa tombe pendant les premiers jours, il y alla perpétuellement par la pluie, le vent, le soleil , Ihiver, l'été, et cette triste histoire devait être toujours pour lui comme arrivée de la veille. Les malheureux virent en lui une réunion de quatre êtres qui semblaient vivre en lui et l'accompagner toujours.

Le lecteur peut se retracer le sous-chef peint dans le premier chapitre de cet ouvrage, et il le verra de même, à la douleur près ; car sa petite et habituelle grimace de bienveillance fut remplacée par le masque éternel de la plainte et de la mélancolie. Il ne vécut pas, il végéta dans un cercle de bienfaisance et de douleur. Madame Servigné, sa belle-sœur, remplaça sa femme auprès de lui.

Adélaïde et son mari prospérèrent. Charles passa en \mérique, et l'on n'a plus eu de ses nouvelles.

ANNETTE ET LE CRIMINEL

Cepeiiilanl un jour la gazelle de Cûloinbic annonça la niorl d'un jeune Français qui s'élail dévoué pour une mission dangereuse. Adélaïde, en apprenant celle parlicularilé, ne douta pas que ce Français ne fùlson frère. Mainlenanl il ne nous reste plus que Vernycl et Jeanneton.

Un grand mois s'était écoulé depuis rexécution de M. de Durantal, et l'on avait cessé de parler de eel événement. Si parfois quelqu'un, dans les cercles de la société, venait à y penser, c'était pour dire :

— Eli bien, cet honmie qui a paru sur l'écliafaud pour aiuioncer de si grands malheurs, qu'est-il devenu?

— L'on n'en sait rien, répondait-on; il paraît même que, malgré tous ses soins, la police en a perdu la trace.

— Il est loin..., disait un autre; quand on a hérilé de la fortune de M. de Durantal, on a bien plus envie d'en jouir que de venir brûler les bicoques de Valence.

— Ma foi, à la place de M. de Ruysan, je demanderais mon changement... Cet homme a annonce par ses actes un grand caractère... il est peut-être comme le chat qui attend avec patience le moment de s'élancer sur sa proie.

Cependant, au bout d'un mois, le feu de la curiosité s'était amorti : le procès sur l'évasion de M. de Durantal n'avait pas eu lieu , parce que l'on n'avait pas réussi à retrouver les vrais coupables, et rien n'indiquait à la police de Valence que Vcrnycteùt des intentions hostiles. On finit même à cette époque par se relâcher de la sévérité des mesures adopicos pour protéger ceux que l'ami du criminel avait en quelque sorte désignés, et Ton s'endormit sur celle haine sourde.

Le nouveau préfet de Valence donnait un bal, el tout ce qu'il y avait de distingué dans la ville y assistait : M. de Ruysan et M. de Rabon y étaient, el s'en allèrent vers les onze heures... A nnnuit, au milieu d'une contredanse, l'on entendit des cris affreux, des hurlements, et l'horrible bruit d'une multitude de trompettes qui par leurs sons semblaient convoquer toute la ville... L'on se porta en fotde aux fenêtres, et l'on aperçut une vive lumière qui venait de la place sur laquelle avait eu lieu l'exécution d'Argow.

Sur-le-champ tout le monde s'y transporta dans la plus vive inquiétude, et en sortant l'on vit la niullilude accourir dans le désordre de gens qui s'éveillent. Quel affreux spectacle se montra aux regards des spectateurs indignés!...

Quarante à cinquante cavaliers armés, manques, cl couverts de grands manteaux noirs, parcou-

raient la place, en suivant M. de Rabon et 51. de Ruysan que deux hommes traînaient impitoyablement. Chaque cavalier avait une torche, el, tenant les guides de leurs chevaux entre leurs dents, leur sabre d'une niain cl leur torche de l'autre, ils cavalcadaient dans la place, avec des hurlements effroyables, et en décrivant un cercle. Ce que l'on raconte des cannibales dansant autour de leurs victimes, ou plus encore l'horrible joie des égorgeurs de la Saint-lîarlhélemy, ou des féroces septembriseurs, rien ne pourrait donner l'idée de cet épouvantable concert donné par la vengeance. Si tout le peuple accouru voulait faire un mouvement pour arracher les deux victimes, soudain les cavaliers se portaient vers l'endroit ou les spectateurs faisaient mine de se révolter, et ils montraient sur-le-champ une forêt de carabines tendues. Ce que l'on se figure du boa et de sa proie était réalise : la foule, comme charmée, restait immobile.

Aux armes! aux armes!... criait-on de toutes parts!... Les uns couraient aux casernes, les autres aux postes voisins ; el pour la seconde fois Valence était, au milieu de la nuit, en proie à la même épouvante et à la même terreur qui ragilèrent la nuit de l'évasion de Jacques.

Dans le lointain l'on entendit le bruit des chevaux de la gendarmerie qui accourait au grand galop, et celui des tambours de la troupe de ligne qui venait au pas redoublé...

Alors le grand fantôme noir qui traînait M. de Ruysan s'arrêta, descendit de cheval, et le nègre qui tenait M. de Rabon en fil autant. Il y eut un cri d'horreur parmi la foule; mais les cavaliers ne firent qu'un mouvement, et cet horrible mouvement arrêla le zèle des habitants !...

On voyait avec surprise des femmes en robes de bal et toute l'assemblée du préfet mêlées aux habitants. Toutes les fenêtres étaient ouvertes, et chacun , une lumière à la main, regardait immobile cette affreuse scène.

— Accordez-moi un moment, dit M. de Ruysan à son farouche bourreau, je veux faire ma prière...

— Bah ! pour un orevms de plus ou de moins, l'on ne vous damnera pas.

— Si vous voulez qu'on vous accorde du répit à l'heure de la mort, accordez m'en! demanda jM. de Rabon.

— .le ne veux pas de délai quand je mourrai!... répondit le nègre.

Les deux têtes tombèrent ensemble!...

— A la même place ! cria le lieutenant.

A ce moment, la foule se précipita, la gendarmerie et les troupes arrivîTrent; mais le lieutenant cl MUo él.iient remontés à cheval; les cavaliers fondirent sur la gr'ndarmerie, tirèrent, presque à boni

ANNETTE ET LE CRIMINEL

portant, leurs carabines, dissipèrent l'escadron, et disparurent avec une telle vclocilé, qu'il fut impossible de les poursuivre

Valence resta plongée dans la consternation la plus profonde, et l'autorité résolut de détruire ces horribles brigands à quelque prix que ce fût.

Telle fut la vengeance de rhomme qui ne promettait jamais rien qu'il n'essayât de le tenir...

Page 1