‹ Œuvres de BalzacChapitre 7 sur 78 · ILLUSIONS PERDUES · texte numérisé non relu

ILLUSIONS PERDUES

VNK lUPRIMERIË DE PROVINCR.

A l'époque où commence cette histoire, la presse de Stanhope et les rouleaux à distribuer l'encre ne fonctionnaient pas encore dans les petites imprimeries de province. Malgré la spécialité qui la met en rapport avec la typographie parisienne, Angoulème se servait toujours des presses en bois auxquelles la langue est redevable de ce mot, maintenant sans application, faire gémir la presse. L'imprimerie arriérée y employait encore les balles en cuir frottées d'encre avec lesquelles l'un des pressiers tamponnait les caractères. Le plateau mobile où se place la forme pleine de lettres sur laqpielle s'applique la feuille de papier, était encore en pierre cl justifiait son nom de marbre. Les terribles presses mécaniques ont aujourd'hui si bien fait oublier ce mécanisme auquel nous devons, malgré ses imperfections, les beaux livres d'EIzevier, de Plantin, des Aide et des Didot, qu'il est nécessaire de mentionner les vieux outils auxquels Jérôme-Nicolas Séçhard portait une superstitieuse affection qui leur donne un rôle dans cette grande petite histoire.

Ce Sécliard était un ancien compagnon pressier, que dans leur argot typographique les ouvriers chargés d'assembler les lettres appellent un ours. Le mouvement de va-et-vient, qui ressemble assez à celui d'un ours en cage, par lequel les pres-

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