‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 20 sur 79 · A M. VICTOR COUSIN. ITS · texte numérisé non relu

A M. VICTOR COUSIN. ITS

Heureux qui lit Platon mieux qu'un Grec de Péra, Danse aux joyeux salons où le monde rinyite, Professe un cours public que le public éyite. Et «e macère à l'Opéra.

Ah ! que tes devanciers de Rome ou de TAttique Avaient bien mal compris la pensée éclectique, Grand Victor 1 ils jeûnaient de misère à leurs cours : Sur les fonds de TËtat ils n'avaient point de rentes ; Des disciples suivaient leurs doctrines errantes, Et payaient bien mal leurs discours.

Pour apaiser leur faim, digne des temps d'Homère, On leur donnait parfois une laitue amère ; On glissait, dans la nuit, sous leurs modestes toits. L'huile dont les écrits sentent toujours l'empreinte, Le miel du montHybla, les figues de Corinthe, Et l'amphore de vin crétois.

Et joyeux de ces dons, aux frais de Tauditoire, Os adoptaient pour chaire un roc du promontoire ; Tous leurs biens se bornaient à ces humbles profits ; L'ftge seul éteignait leurs éloquentes flammes Et ces chastes rhéteurs mouraient vierges de femmes. Et ne laissaient rien à leurs fils.

Quand l'archonte venait dresser leur inventaire, n trouvait pour tout bien la robe héréditaire. Une tasse hydraulique et le noueux bâton ; 0 Cousin ! avec l'or que ton ame dévore On eût nourri cent ans Socrate et Pythagore, Et ton divin maître Platon.

Voilà les vrais progrès de la psychologie I

itk NÉ&flÈSIS.

0 qae ta nages bien dans ta sphère élargie 1 Déjà ton œil rosé lorgne un septième emploi ; Poursuis, rhéteur doré; dans nos jours de souffrance, n faudrait seulement, pour affamer la France, Dix philosophes comme toi I

Ainsi pendant quinze ans de jeunesse flétrie, Nou^ ayons labouré le champ de la patrie ; Nous avons insurgé tout un peuple soldat, Pour te couvrir de croix, pour payer tes mystères, Tes nébuleux sermons, tes courses sédentaires. Pour t*asseoir au conseil d'État.

Et nos grands citoyens qu'un peuple déifie. Sont mangés au festin de la philosophie. Eux qui montrent des bras noircis par le canon 1 Oh 1 devant ces tableaux qui brûlent la paupière. Crions, en aiguisant le poignard sur la pierre : 0 vertu, tu n'es plus qu'un nom I

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